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En bref
Une résolution européenne propose d’inscrire cette milice soudanaise, accusée de crimes de guerre massifs, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne.
Qui est concerné ?
Les gouvernements européens et les organisations internationales de défense des droits humains et d’aide humanitaire sont directement concernés par ces mesures.
À retenir
FSR directement issues des milices Janjawid responsables du génocide du Darfour (2003-2005)
Conflit au Soudan depuis avril 2023 : plus de 10 millions de personnes déplacées
FSR accusées de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et nettoyage ethnique documentés
Entre 10 000 et 15 000 morts attribués aux FSR en 2023 à El Geneina
Proposition : inscription des FSR pour gel de leurs avoirs et coopération judiciaire renforcée
Sanctions individuelles actuelles jugées insuffisantes face à leurs réseaux transnationaux
Objectif
Faire classer les Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises sur la liste européenne des organisations terroristes afin de renforcer les sanctions financières, judiciaires et leur isolement diplomatique.
Résultat concret
L’inscription entraînerait le gel des avoirs des FSR et de leurs entités liées à l’étranger, le renforcement des enquêtes judiciaires et de la coopération policière entre États membres, ainsi qu’un signal politique fort contre leurs soutiens financiers et militaires.
Résumé
Cette proposition de résolution européenne propose d’inscrire les Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises sur la liste européenne des organisations terroristes. Ces milices, accusées de crimes de guerre et crimes contre l’humanité depuis 2023, leur ciblage civil systématique et leur financement international opaque, seraient alors soumises à des mesures restrictives plus strictes. La résolution vise à démanteler leurs réseaux financiers et d’approvisionnement en armes à l’échelle transnationale. Elle souligne également l’urgence d’une réponse juridique et politique coordonnée pour protéger les civils et mettre fin à l’impunité.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Exposé des motifs
M esdames , M essieurs , Le conflit qui déchire le Soudan depuis le 15 avril 2023 constitue l’une des catastrophes humanitaires les plus graves que le monde connaisse aujourd’hui. Il oppose les Forces armées soudanaises (FAS), expression de l’autorité de l’État soudanais dirigée par le général Abdel Fattah al ‑ Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR), milice paramilitaire conduite par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ». Ce conflit a provoqué le plus grand déplacement de populations au monde, avec plus de dix millions de personnes déracinées, et a engendré une crise alimentaire d’une ampleur sans précédent depuis la guerre du Darfour du début des années 2000. Il convient de ne pas mettre sur le même plan les deux parties à ce conflit. Si les FAS sont l’expression d’un État reconnu par la communauté internationale, les FSR sont une milice à caractère hybride, dont la nature, les agissements et les financements la rapprochent d’une organisation criminelle et terroriste, davantage que d’une force armée régulière au sens du droit international. Les Forces de soutien rapide sont directement issues des milices Janjawids, responsables des crimes effroyables commis lors du premier génocide du Darfour entre 2003 et 2005. Créées en 2013 sous la présidence d’Omar el ‑ Béchir pour servir d’instrument de répression, les FSR ont été institutionnalisées en 2017 tout en conservant leur autonomie de commandement, leurs réseaux de financement opaques et leurs méthodes brutales. Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023, les FSR sont accusées de multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le Groupe d’experts sur le Soudan des Nations Unies a consigné, dans un rapport transmis au Président du Conseil de sécurité le 15 janvier 2024, des meurtres à caractère ethnique et des viols à grande échelle. À El Geneina, capitale du Darfour occidental, entre 10 000 et 15 000 personnes ont été tuées par les FSR et leurs milices alliées. Des femmes et des filles âgées d’à peine 14 ans ont été victimes de viols collectifs dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial des Nations unies alors sous contrôle des FSR. La Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), a conclu, dans son rapport publié le 10 septembre 2024, à l’existence de motifs raisonnables de croire que les FSR et leurs alliés ont commis des crimes de guerre, notamment des meurtres, de la torture, de l’esclavage sexuel, des attaques intentionnelles contre les civils ou encore du recrutement d’enfants soldats. La même mission a établi que les attaques menées par les FSR contre les communautés non arabes du Darfour occidental présentaient les caractéristiques d’un nettoyage ethnique et soulevaient la question d’un possible génocide en cours. En février 2026, à la suite de la prise d’El Fasher par les FSR, la Mission a confirmé que les exactions commises présentaient les « signes distinctifs d’un génocide ». Par ailleurs, les FSR ont délibérément ciblé les infrastructures civiles : hôpitaux, systèmes d’eau et d’assainissement, écoles, etc. Elles ont utilisé la famine comme arme de guerre et ont exercé un contrôle brutal sur les populations civiles dans les zones sous leur emprise. La communauté internationale a progressivement pris la mesure de la gravité des crimes commis par les FSR. En novembre 2024, le Comité des sanctions concernant le Soudan du Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté des sanctions (gels d’avoirs et interdictions de voyager) à l’encontre de deux officiers supérieurs des FSR. En février 2026, quatre généraux supplémentaires ont été sanctionnés par le Conseil de sécurité, à la suite d’une initiative coparrainée par la France. Si ces mesures ciblées représentent un progrès, elles demeurent très en deçà de ce que la gravité des faits exige. Le 7 janvier 2025, le gouvernement des États ‑ Unis a officiellement qualifié les actes commis par les FSR de génocide et imposé des sanctions à leur chef Hemedti, incluant le gel de ses avoirs et une interdiction de voyager pour sa famille et lui, ainsi que des sanctions contre sept sociétés appartenant aux FSR et situées aux Émirats arabes unis et un individu pour son rôle dans l’approvisionnement en armes des FSR. Le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, de son côté, a sanctionné le numéro deux des FSR en novembre 2025 et condamné le ciblage délibéré de civils, les massacres ethniques, les violences sexuelles et le déni d’accès humanitaire. Ces mesures ponctuelles restent toutefois insuffisantes pour constituer une réponse systémique à une organisation dont la structure transnationale et les réseaux de financement complexes appellent une désignation de nature différente. La liste européenne des organisations terroristes, régie par la position commune 2001/931/PESC du Conseil de l’Union européenne adoptée le 27 décembre 2001, vise des personnes, groupes et entités impliqués dans des actes terroristes et permet, à leur encontre, le gel des avoirs, le renforcement de la coopération judiciaire et policière entre États membres, et la mise en œuvre de mesures restrictives. La définition de l’acte terroriste retenue par cette position commune inclut les actes qui, « par leur nature ou leur contexte, [peuvent] gravement nuire à un pays ou à une organisation internationale » lorsqu’ils sont commis, entre autres, dans le but d’ « intimider gravement une population » ou de « déstabiliser gravement ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ». Les actions des FSR au Soudan répondent pleinement à ces critères. L’inscription sur cette liste produirait des effets concrets et complémentaires aux sanctions individuelles déjà adoptées : gel des avoirs de l’organisation et de ses entités liées, notamment celles domiciliées dans des pays tiers comme les Émirats arabes unis ; renforcement de la coopération policière et judiciaire pour démanteler les réseaux de financement et d’approvisionnement en armes des FSR ; signal politique fort envoyé à ceux qui, sur le continent africain et au Moyen ‑ Orient, continuent de soutenir ou de financer cette milice. Une telle désignation serait également cohérente avec la position de la France, qui se félicite des sanctions onusiennes prises contre les généraux des FSR et refuse toute équivalence entre cette milice et les Forces armées soudanaises. Elle enverrait enfin un message aux populations civiles soudanaises qui paient chaque jour le prix des exactions des FSR. En outre, le précédent de l’inscription du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, décidée par le Conseil de l’Union européenne le 19 février 2026, montre que cette liste peut s’appliquer à des organisations para ‑ étatiques, y compris étrangères. Cette proposition de résolution européenne invite donc les institutions de l’Union à engager, dans les meilleurs délais, une procédure d’inscription des Forces de Soutien Rapide sur la liste européenne des organisations terroristes. Elle invite la France, qui dispose au sein du Conseil de l’Union européenne d’une voix particulière sur le conflit soudanais, à promouvoir cette initiative. Elle appelle aussi les représentants de l’Union européenne et de la République française à faire de la protection des populations civiles soudanaises et de la lutte contre l’impunité des atrocités commises au Soudan une priorité de leur action diplomatique.
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