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En bref
La proposition demande un plan national avec rénovation thermique, climatisation et renforcement des équipes pour protéger patients et soignants pendant les canicules.
Qui est concerné ?
Les établissements hospitaliers, leurs usagers et les professionnels de santé sont directement visés.
À retenir
Hôpitaux confrontés à des températures intérieures jusqu'à 45°C lors des canicules
Passages aux urgences en hausse de 10% à 20%, appels en hausse de 30% à 40%
1000 morts supplémentaires en 3 jours identifiés par Santé Publique France
60% des hôpitaux vétustes en 2023 (9 points de plus qu'en 2015)
50 000 lits détruits depuis 2003, dont 35 800 depuis 2017
Risque accru de 70% d'insuffisance rénale aiguë avec canicules de plus de 7 jours
Objectif
Demander l'adoption d'un plan d'urgence canicule pour l'ensemble des établissements de santé incluant rénovation thermique, climatisation et renforcement des effectifs.
Résumé
Cette proposition dénonce l'absence d'adaptation climatique des établissements hospitaliers malgré des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses. Elle pointe l'aggravation des risques sanitaires, notamment pour les patients fragiles et les soignants épuisés. Le texte propose un ensemble de mesures obligatoires : travaux de rénovation, installation de dispositifs de rafraîchissement, embauches et équipements durables.
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Exposé des motifs
M esdames , M essieurs , « Sur certains sites, nous avons des chambres à 40 degrés, les conditions sont très difficiles, les soignants sont épuisés » À Limoges, Villepinte, Lyon, la canicule met de nouveau en exergue les failles de notre système de santé. Depuis la canicule de 2003, en passant par la pandémie de Covid‑19 jusqu’à ce nouvel épisode de canicule, l’impréparation des gouvernements successifs est criante. Les conséquences désastreuses de leur politique d’abandon du service public hospitalier le sont tout autant. D’une part, les bâtiments des établissements de santé ne sont pas préparés aux fortes chaleurs engendrées par le réchauffement climatique. D’autre part le système de santé n’est pas en mesure de supporter l’afflux de patients lié à la canicule. Des établissements qui ne peuvent pas faire face aux chaleurs « Ici, c’est 35° C, on met des couvertures de survie sur les fenêtres, mais ça ne suffit pas… » Chaque été, les épisodes caniculaires sont plus fréquents, plus intenses et plus longs. Ce qui relevait hier de l’exception est devenu une réalité régulière pour nos concitoyens comme pour les professionnels de santé. Pourtant, nos hôpitaux, Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD), et tous les autres établissements de santé n’y sont pas préparés. 45° C à Villepinte, 40° C à Rennes, 35° C à Limoges : dans de nombreux établissements, les températures mesurées sont incompatibles avec des conditions de prise en charge dignes et sécurisées. Les premiers touchés sont les patients les plus fragiles : personnes âgées, nourrissons, personnes avec des troubles psychiatriques, personnes atteintes de maladies chroniques ou hospitalisées pour des pathologies lourdes. Car la chaleur augmente les risques de déshydratation, de complications cardiovasculaires ou respiratoires et peut compromettre le bon rétablissement des patients. D’après Santé Publique France, en seulement 3 jours, mille morts supplémentaires ont été comptabilisés du fait de la canicule. Et ce chiffre est vraisemblablement et malheureusement loin d’être définitif. Les soignants s’inquiètent également quant à la conservation des médicaments. Une infirmière confie à Médiapart « Les médicaments doivent être conservés entre 15 et 25° C. Dès qu’ils quittent la pharmacie climatisée pour être stockés dans une salle à 33 ou 34° C, on ne peut plus garantir leur efficacité ». « Quand je douche un patient qui est totalement dépendant, qu’il fait presque 40° C, les selles sur vous, etc., c’est très vite insupportable. » Les soignants sont eux aussi exposés. Les conditions de travail sont dégradées sinon inacceptables, avec des problèmes qui s’accumulent : le manque d’accès à une eau fraîche partout, des tenues qui ne sont pas du tout adaptées, l’absence de climatisation, des patients extrêmement tendus entre l’attente dans les services et la chaleur extrême. Et les investissements nécessaires pour rénover les établissements de santé demeurent très insuffisants, malgré des conséquences du réchauffement climatique largement documentées. Selon la Fédération hospitalière de France, le taux de vétusté des hôpitaux était de 60 % en 2023, c’est 9 points de plus qu’en 2015. Il coûterait environ 27 milliards d’euros de rénover les hôpitaux. Ainsi, il n’est plus possible d’attendre. Dès aujourd’hui, il est nécessaire d’engager un grand plan d’adaptation de nos établissements de santé en réalisant des travaux de rénovation thermique et de climatisation, comme cela est préconisé dans le plan d’urgence d’adaptation à la canicule du Groupe La France insoumise. Un système de santé qui n’est plus en mesure d’absorber la moindre crise Depuis le début de la canicule, les soignants observent une hausse de 30 à 40 % du nombre d’appels, tandis que les passages aux urgences ont augmenté de 10 % à 20 %. Cette sollicitation accrue du système de santé a pour cause la chaleur et ses effets sur la santé. Selon Oxfam, les canicules de plus de sept jours augmentent de 70 % le risque d’insuffisance rénale aiguë et la chaleur augmente de 7 % le risque de décès par infarctus. Face à cette nouvelle crise sanitaire, le Gouvernement a déclenché le plan Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles (ORSAN) de niveau 3 et de nombreux établissements ont déclenché des plans blancs. Concrètement, cela signifie que des soignants – déjà à bout – vont être rappelés sur leurs repos et que des opérations vont être déprogrammées. La dette sanitaire, soit la somme des soins et séjours hospitaliers n’ayant pu être réalisés et qui restent à rattraper, est déjà très importante et continue de s’accroître. L’actualité immédiate ne doit pas cacher une réalité longue de nombreuses années : l’hôpital n’est plus en mesure d’absorber la moindre crise. Qu’il s’agisse de la grippe, la bronchiolite ou maintenant la canicule, le système de soins est constamment sous tension. Un seul pic d’activité peut faire dérailler les services et obliger à l’activation de plans ORSAN ou blancs, qui ne font que dégrader la santé des patients et des soignants à plus long terme. La situation que nous vivons aujourd’hui est le résultat d’années de casse de l’hôpital public. Depuis la canicule de 2003, plus de 50 000 lits d’hospitalisation complète ont été détruits, dont 35 800 depuis 2017 ! Depuis le Covid, aucune mesure forte n’a été prise pour permettre un meilleur recrutement de paramédicaux (dont 70 % jugent le Ségur de la santé insuffisant), ni pour former davantage de médecins, puisque nous en formons aujourd’hui autant que dans les années 1970. Ainsi, les capacités d’absorption de l’hôpital sont de moins en moins importantes, et le système se retrouve toujours plus vite en tension. Dans un système hospitalier en crise depuis déjà plusieurs années, avec des professionnels épuisés par le manque chronique d’effectifs, chaque nouvelle vague de chaleur dans les hôpitaux accroît un peu plus la détresse du personnel soignant. L’hôpital doit retrouver sa capacité à accueillir et soigner dans de bonnes conditions, y compris lors des épisodes climatiques extrêmes. Cela suppose un plan national d’adaptation ambitieux : rénovation thermique des bâtiments, installation de systèmes de rafraîchissement adaptés, amélioration des conditions de travail des soignants, renforcement des effectifs et des capacités d’accueil durant les périodes de forte chaleur. L’hôpital public ne peut devenir le parent pauvre de l’adaptation climatique. Garantir des conditions de soin dignes et sûres pour les patients comme pour les professionnels de santé constitue une exigence de santé publique.
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