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En bref
Le ministère du Travail est interrogé sur les effets du plafonnement des revenus d'activité pour les retraités avant 67 ans, prévu en 2027, et sur d'éventuelles adaptations.
Qui est concerné ?
Les retraités modestes et les territoires ruraux dépendant d'une main-d'œuvre senior sont directement concernés.
À retenir
600 000 retraités utilisent aujourd'hui le cumul emploi-retraite pour compléter leurs revenus.
À partir de 2027, un plafond annuel de 7 000 € sera appliqué entre 64 et 67 ans, avec réduction de la pension au-delà.
Les retraités modestes dépendent de ce complément pour couvrir leurs dépenses courantes (logement, santé, énergie).
Les territoires ruraux risquent de perdre une main-d'œuvre expérimentée dans des secteurs comme l'artisanat ou l'agriculture.
Le durcissement du dispositif pourrait favoriser le travail non déclaré pour contourner les restrictions.
La réforme contraste avec les objectifs initiaux de la réforme des retraites de 2023, qui encourageait ce cumul.
Résumé
La réforme du cumul emploi-retraite, prévue pour 2027, introduit un plafond de revenus d'activité pour les retraités de moins de 67 ans. Ce changement vise à limiter les effets d'aubaine mais inquiète pour les retraités aux petites pensions, qui comptent sur ce complément pour vivre. Les territoires ruraux, où les retraités actifs soutiennent des secteurs en tension, pourraient aussi être affectés. La question porte sur les mesures envisagées pour atténuer ces impacts.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Eric Liégeon appelle l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les conséquences de la réforme du cumul emploi-retraite, prévue au 1er janvier 2027, pour les retraités modestes et l'économie des territoires ruraux. En effet, à cette date, les règles du cumul emploi-retraite, dispositif qui concerne aujourd'hui près de 600 000 personnes en France et qui permet à un retraité de reprendre ou de poursuivre une activité professionnelle tout en percevant sa pension de retraite, vont être profondément remaniées. Les nouvelles règles applicables aux futurs retraités (710 000 retraités actifs potentiellement concernés), basées uniquement sur l'âge, limiteront fortement le cumul avant 67 ans, avec notamment un plafond annuel de revenus d'activité fixé à 7 000 euros entre 64 et 67 ans, au-delà duquel la pension sera réduite de 50 % des revenus dépassant les 7 000 euros annuels). Si l'objectif affiché est de limiter certains effets d'aubaine, cette réforme suscite de fortes inquiétudes pour les retraités modestes qui utilisent ce dispositif comme complément de revenus indispensable pour faire face au coût de la vie (logement, nourriture, énergie, frais de santé). Le plafonnement envisagé à partir de 64 ans apparaît aujourd'hui particulièrement restrictif et touchera directement les retraités percevant des petites pensions. Cette réforme risque également de fragiliser l'économie des territoires ruraux, comme le Haut-Doubs, où de nombreux secteurs comme l'artisanat, l'agriculture ou les services reposent sur l'engagement de retraités actifs apportant expérience et savoir-faire, dans un contexte de fortes difficultés de recrutement. Avec le durcissement des conditions de cumul, le travail des retraités sera financièrement très peu attractif avant 67 ans, ce qui privera les entreprises d'accès à une main-d'œuvre expérimentée. Ce durcissement apparaît d'autant plus paradoxal qu'il contraste avec les objectifs de la réforme des retraites de 2023 qui avait au contraire encouragé le cumul emploi-retraite pour augmenter le taux d'emploi des seniors. Enfin, ces nouvelles règles pourraient produire des effets contre-productifs et encourager le développement du travail dissimulé, pour contourner les nouvelles règles plus restrictives du cumul emploi-retraite avant 67 ans. Certains seniors pourraient être ainsi poussés à accepter des emplois non déclarés pour compléter leurs revenus, ce qui éroderait les contributions sociales et fiscales. En conséquence, il lui demande s'il envisage d'adapter ce dispositif, notamment en relevant le plafond annuel de revenus d'activité, afin de ne pas pénaliser les retraités modestes et les territoires ruraux confrontés à un manque de main-d'œuvre, et de préserver ainsi l'intérêt du dispositif.
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