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Question
Mme la présidente. La parole est à M. Paul Toussaint Parigi, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.) M. Paul Toussaint Parigi. Madame la ministre déléguée, je souhaite porter aujourd'hui la voix de ceux qui ont été trop longtemps ignorés, la voix de femmes et d'hommes pour qui la mer n'est pas seulement un métier, mais constitue également une identité profonde, une mémoire vivante : la voix des petits pêcheurs, gardiens discrets de nos côtes, artisans d'un savoir-faire précieux, la voix de ces âmes, fières et humbles, perdue dans l'écho sourd et lointain des embruns. Les pêcheurs n'attendent ni faveurs ni privilèges, ils n'aspirent qu'à une seule chose : survivre. Quotas inadaptés, interdictions arbitraires, tailles minimales ou encore obligations de matériel : l'avalanche de réglementations conçues pour des réalités industrielles s'abat sur leurs frêles embarcations telle une lame de fond. Ce sont autant d'exigences administratives qui pèsent sur les petites unités, dépourvues de moyens humains et financiers et qui, pour s'y conformer, devraient sacrifier rentabilité et survie. En Corse, comme sur l'ensemble de notre littoral, les pêcheurs dénoncent une capitulation forcée face à des règles pensées pour d'autres réalités. Ces règles, censées protéger la mer, étranglent ceux qui la respectent et asphyxient un modèle artisanal durable et profondément humain. Cette uniformisation aveugle accélère la disparition d'un tissu social et économique irremplaçable, d'un savoir-faire pourtant essentiel à l'équilibre de nos territoires maritimes. Madame la ministre, alors que l'année 2025 est proclamée année de la mer, alors que va se tenir la Conférence des Nations unies sur l'océan (Unoc), les promesses ne suffisent plus, il est temps d'agir, vite et avec courage ! Construisons des solutions au plus près de ceux qui vivent de la mer sans la piller, repensons la réglementation pour qu'elle protège sans exclure. Voilà le véritable enjeu ! Madame la ministre ma question est simple : pouvez-vous prendre ici et maintenant l'engagement d'une réforme ambitieuse, pour sauver la pêche artisanale et assurer la pérennité de nos communautés littorales ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC. - M. Marc Laménie et Mme Marie-Arlette Carlotti applaudissent également.)
Réponse du ministère
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement. Mme Sophie Primas, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le sénateur Parigi, je vous remercie de me donner l'occasion d'exprimer, au nom d'Agnès Pannier-Runacher, le soutien total du Gouvernement à la filière de la pêche, particulièrement à celle du territoire où vous êtes élu, la Corse, que vous défendez avec beaucoup d'émotion et d'attachement - on l'a senti -, à quelques jours de l'ouverture de l'Unoc à Nice. La Méditerranée sera bien sûr au coeur de cet événement, d'abord parce que ce dernier se déroule sur son littoral, mais également, et surtout, parce qu'elle est l'une des mers les plus en danger face au changement climatique et face à diverses menaces, notamment la pollution plastique. C'est pourquoi la ministre réunira, à l'occasion de ce sommet, les ministres de l'environnement de tous les pays méditerranéens, pour aborder les défis auxquels notre mer commune est confrontée. Comme sur l'ensemble des façades, les pêcheurs sont chaque jour les premières victimes de ces pollutions. C'est pourquoi, depuis janvier dernier, nous accomplissons un travail très sérieux à ce sujet au travers d'engagements concrets, afin de protéger nos pêcheurs de la concurrence déloyale, en agissant sur les pêches illégales et en imposant des mesures miroirs dans nos négociations commerciales. En outre, nous concevons avec la filière, c'est-à-dire avec les pêcheurs, un modèle renouvelé de pêche via la modernisation et la décarbonation de notre flotte. Nous avons défini ces objectifs avec la filière dans le cadre du contrat stratégique de filière, qui représentera notre boussole lors des négociations européennes. La Méditerranée sera centrale dans la révision de la politique commune des pêches qu'Agnès Pannier-Runacher défend à Bruxelles, notamment pour ce qui concerne le plan West Med, que vous devez connaître. Il est urgent de réviser ce plan afin de redonner de la cohérence, en particulier à nos pêcheries méditerranéennes. Mme la présidente. Il faut conclure, madame la ministre déléguée. Mme Sophie Primas, ministre déléguée. C'est un discours fort et déterminé que nous portons, aux côtés de nos collègues espagnols et italiens, auprès de la Commission européenne. Vous pouvez compter sur notre engagement !
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