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En bref
Qu'elle garantisse l'égalité de remboursement pour tous les assurés et la continuité de l'accès aux soins malgré le déremboursement des prescriptions des médecins non-conventionnés à partir de 2027.
Qui est concerné ?
Les patients, notamment en zones sous-denses, sont directement impactés par la réforme
À retenir
Déremboursement des prescriptions par la CNAM des médecins non-conventionnés du secteur 3 à partir du 1er janvier 2027
Le remboursement dépend du statut conventionnel du médecin, pas de l'indication médicale ou de la qualité des soins
54 % des médecins secteur 3 consultent les patients en moins de 48h contre 3 semaines en secteur 1 ou 2
56,7 % des 1 126 médecins non-conventionnés exercent dans des zones sous-denses reconnues par les ARS
88 % des médecins secteur 3 en zones sous-denses n'exercent que des soins de ville
Plus d'un million de patients pourraient être privés du remboursement de leurs prescriptions
Résumé
La réforme prévoit le déremboursement des produits de santé prescrits par les médecins non-conventionnés, indépendamment de leur indication médicale ou de leur conformité aux règles déontologiques. Ces médecins jouent un rôle clé dans l'accès aux soins, particulièrement dans les zones sous-denses où les délais en secteur conventionné sont longs. Plus d'un million de patients seraient concernés, avec un risque accru de renunciation aux soins et de saturation des urgences. La question demande comment garantir une prise en charge équitable et maintenir les soins de proximité après 2027.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
Mme Brigitte Devésa appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les conséquences de l'article 76 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui prévoit, à compter du 1er janvier 2027, le déremboursement par la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM) des produits de santé, actes et prestations établies par des médecins exerçant en secteur 3. Cette disposition conditionne la prise en charge non pas à la nature de l'acte prescrit ni à son indication médicale, mais au seul statut conventionnel du prescripteur. Ainsi, deux patients porteurs de la même pathologie et recevant la même ordonnance ne bénéficieront pas du même remboursement selon que leur médecin est ou non signataire d'une convention avec la CNAM. Cette différence de traitement ne repose sur aucun critère objectif lié à la qualité ou à la sécurité des soins : tous les médecins, qu'ils soient ou non conventionnés, sont soumis aux mêmes obligations déontologiques et à la même liberté de prescription garantie par l'article L.162-2 du code de la sécurité sociale et les articles R. 4127-8 et R. 4127-53 du code de la santé publique. Elle méconnaît en cela le principe d'égalité devant la loi et les charges publiques consacré par les articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ainsi que l'exigence de protection de la santé issue du préambule de la Constitution de 1946. La mesure pénalise en outre les patients de l'ensemble du territoire national. Dans les zones normalement dotées, beaucoup de médecins exerçant en secteur 1 et 2 n'acceptent plus de nouveaux patients ou proposent des délais d'attente incompatibles avec les besoins de soins courants. Le médecin de secteur 3 remplit alors une fonction d'accès aux soins que le zonage des agences régionales de santé (ARS) n'enregistre pas : plus de 54 % des médecins non conventionnés reçoivent ainsi leurs patients dans un délai inférieur à 48 heures, là où les délais d'attente en secteur 1 ou 2 atteignent couramment trois semaines. Priver ces patients du remboursement de leurs prescriptions reviendrait à les sanctionner, en les forçant à recourir au seul praticien effectivement disponible, indépendamment du classement administratif de leur territoire. Cette réalité est encore plus aiguë dans les zones officiellement reconnues comme sous-denses par les ARS. Selon les données issues du fichier Ameli et des travaux du syndicat des médecins de secteur 3, 56,7 % des 1 126 médecins non-conventionnés exercent dans des zones qualifiées par les ARS de sous-denses et 88 % d'entre eux y exercent une activité exclusivement orientée vers les soins. Dans ces territoires, le déremboursement constituerait une double peine : absence d'alternative de proximité et prise en charge intégrale à la charge du patient, y compris pour des médicaments ou examens relevant du droit commun du remboursement. Au total, plus d'un million de patients seraient privés du remboursement de leurs prescriptions. Les renoncements aux soins et les reports vers les services d'urgences déjà saturés qui en résulteraient seraient contre- productifs tant sur le plan sanitaire que budgétaire. Elle lui demande comment le Gouvernement entend garantir l'égalité de prise en charge de tous les assurés et la continuité de l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire à partir au 1er janvier 2027, date à laquelle la mesure entrera en vigueur.
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