L'affaire des détournements de fonds publics et associations para-communales à Istres regroupe plusieurs procédures judiciaires et administratives engagées à partir de 1995 contre François Bernardini, alors adjoint au maire et conseiller général des Bouches-du-Rhône, et Jacques Siffre, maire PS d'Istres. Les investigations sont lancées par la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur à la suite de la dénonciation de transferts de fonds étranges autour du club de football de la ville. Dès février et novembre 1995, plusieurs rapports de la Chambre des comptes mettent en lumière des irrégularités graves : dépenses non justifiées dans l'association des œuvres sociales des agents municipaux (Aosvi), notamment 2 millions de francs de frais de déplacements pour les élus, 119 007 francs de champagne, des factures de vaisselle et d'objets d'art ainsi que des reversements de 20 millions de francs au club de football local. L'association Istres-Promo, soi-disant créée pour dynamiser la ville, est également pointée du doigt pour l'impression de 6 700 cartes de vœux aux couleurs du maire et l'achat de places pour les matchs de l'Olympique de Marseille. Enfin, l'Office de communication et d'information départemental (OCID), financé par le conseil général des Bouches-du-Rhône, est épinglé pour des dépenses d'un montant global de 64,775 millions de francs, dont l'utilité publique est contestée. Ces sommes proviennent de subventions départementales à l'exception de 161 695 francs provenant de fonds européens. En juin 1997, le parquet d'Aix-en-Provence ouvre une information judiciaire et met en examen Bernardini et Siffre pour « ingérence, détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux ». Bernardini est contraint à la démission d'office de son mandat de conseiller municipal en juillet 1997 mais conserve son siège de conseiller général grâce à un refus du conseil général de voter sa mise à l'écart, ce qui lui permet même de devenir président du conseil général. En mai 1998, nouvelle mise en cause via l'OCID. Le procès en première instance aboutit à une condamnation de Bernardini le 25 octobre 2000 à 18 mois de prison avec sursis, une amende de 200 000 francs et deux ans d'inéligibilité. Faisant appel, il se présente et est élu maire d'Istres en mars 2001. Mais en mai 2001, la cour d'appel aggrave la peine à 18 mois de prison avec sursis, 400 000 francs d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Bernardini conteste à nouveau devant la Cour de cassation, qui rejette son pourvoi en septembre 2002 et rend la condamnation exécutoire. Il démissionne immédiatement de la mairie d'Istres en novembre 2002. En 2009, la Cour des comptes confirme les amendes et la Cour administrative d'appel annule les déclarations d'utilité publique obtenues par Bernardini en 2005 et 2007 pour tenter de légitimer les dépenses de l'OCID.