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Arnaud le Gall
Vous êtes les plus grands faiseurs de dette !
Olivia Grégoire
Vos leçons, vous les ferez à d’autres, monsieur Guiraud !
Prisca Thevenot
C’est vous qui parlez d’antidémocratie ?
Antoine Armand
…puisque, je le rappelle, pas un budget n’a été équilibré depuis l’exercice 1974. C’est plus précisément le résultat d’une dépense publique qui a augmenté quasiment chaque année, depuis plusieurs décennies, ce qui fait que la France a maintenant le taux de dépenses publiques le plus élevé de l’Union européenne. C’est aussi la résultante des crises récentes durant lesquelles nous avons, je crois de manière transpartisane, fait le choix de protéger les ménages et les entreprises, à la fois bien sûr pendant la crise sanitaire que nous avons traversée ensemble mais aussi lors de la récente crise énergétique et de la crise inflationniste qui s’en est suivie, avec des taux d’inflation qui ont dépassé les 4 %. Toutefois, l’inflation se réduit mois après mois puisqu’elle est passée sous les 2 % au mois d’août de cette année et qu’elle devrait être de moins de 2 % pour l’année 2025. Mais je vous le confirme, même si je sais que vous êtes nombreux à en avoir pleinement conscience : nous allons devoir consentir collectivement un effort important et nécessaire parce que cette dette a des conséquences, et tout d’abord sur nos marges de manœuvre.
Emmanuel Maurel
En 2024, les Français ont rejeté votre politique à deux reprises !
Aurélien le Coq
Comptez sur nous !
Intervenant non identifié par la source
La parole est à Mme Félicie Gérard.
René Pilato
Des 3 200 milliards de dette, 1 200 sont imputables à la Macronie. Vous entendre prôner la même politique, monsieur le ministre, laisse pour le moins perplexe. Où est passé l’argent ? Libéralisation du secteur de l’énergie et fin des tarifs réglementés ont laminé les forces vives du pays. Un tiers des Français doit vivre avec de moins de 100 euros dès le 10 du mois. Des restrictions se font donc sur les loisirs, les biens de consommation, la nourriture et la santé. Ils doivent arbitrer, par exemple, entre la facture d’électricité et la facture de cantine. En France, septième puissance mondiale, 2 millions de retraités vivent sous le seuil de pauvreté, des étudiants font la queue à l’aide alimentaire, le taux de pauvreté atteint 15 % de la population, soit 9 millions de personnes – une honte ! Il s’agit donc d’une consommation de survie pour ces « gens qui ne sont rien » dixit Macron. Par rapport à l’inflation, les salaires baissent ; la consommation se réduit ; les carnets de commandes se vident ; les investissements sont reportés. Des aides au logement changeantes et des taux d’emprunt élevés grippent le secteur de la construction et, par contagion, c’est toute l’économie qui tousse : les défaillances d’entreprises se multiplient, le nombre de précaires augmente, cela se traduit par une baisse des recettes de l’État. C’est en effet un manque de rentrées fiscales – de l’impôt sur les sociétés, d’impôt sur le revenu et maintenant de TVA – qui fait exploser la dette. Avec plus de 40 milliards de coupes budgétaires touchant la santé, l’éducation comme les retraites, et l’augmentation du prix de l’énergie, le reste à vivre pour les foyers diminuera encore. Monsieur le ministre, les mêmes causes produisant les mêmes effets, que pensez-vous qu’il se passera si vous persistez ? Une spirale récessive. Pire, une maman déjà à l’euro prêt va se restreindre pour nourrir son enfant, tomber malade et fuir le médecin – car le reste à charge d’une visite à 30 euros, c’est une semaine de cantine. En bout de course, elle finira aux urgences, qui, déjà saturées, risquent d’avoir une morte de plus sur un brancard. (Mme la rapporteure proteste.) Monsieur le ministre, par vos choix budgétaires, vous ajoutez de la souffrance à la détresse. Vos ballons d’essai mettent déjà le feu aux poudres : vous êtes obligé de faire machine arrière alors que le budget n’est même pas encore en discussion. Voici le bilan de la brutalisation de la vie politique par Macron et ses serviteurs : des burn-out, des suicides, une société éco-anxieuse, 1 200 morts aux urgences en 2023 – et les caisses sont vides ! Monsieur le ministre, en versant aux entreprises 200 milliards d’euros d’aides sans contrepartie, l’État finance la sphère privée, qui délocalise, et non les services publics, qui sont à l’os. La réduction des prélèvements obligatoires sur les plus riches et sur les bénéfices des entreprises a été drastique ; selon la Cour des comptes, il manque ainsi 62 milliards par an au budget depuis sept ans. Il paraît que vous cherchez 60 milliards : supprimez les niches et les dispositifs inefficaces, faites contribuer les ultrariches et les grands groupes, faites peser l’effort de transition sur les plus gros pollueurs et redonnez des moyens aux collectivités, par exemple en rétablissant la CVAE – cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises – de façon progressive ! Cela rapporterait 50 milliards, sans hausse d’impôt pour les classes moyennes et populaires. Pour ce qui est des 10 milliards restants, une taxe au kilomètre sur les marchandises pourrait être envisagée. Enfin, pour donner des marges à tout le monde, nous pourrions obtenir un opt-out pour la France en matière d’énergie et revenir aux tarifs réglementés qui existaient auparavant. (M. Philippe Brun applaudit.) La politique de l’offre est une catastrophe pour les finances publiques et le mythe du ruissellement, une calamité pour les ménages dont le reste à vivre baisse. Notre pays compte 147 milliardaires en 2024,…
Emmanuel Maurel
Cela ne signifie pas pour autant qu’ils rejettent les institutions et la démocratie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)
Intervenant non identifié par la source
La parole est à M. Jérôme Legavre.
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