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En bref
Proposition de rétablir un stage obligatoire de 21h avant l'installation des artisans pour réduire les défaillances des entreprises artisanales.
Qui est concerné ?
Les futurs artisans immatriculés et les micro-entreprises artisanales sont directement concernés.
À retenir
Suppression du SPI comme obligatoire en 2019 via la loi PACTE
Plus de 68 000 défaillances d'entreprises artisanales recensées en 2025
Stage de 21 heures obligatoire avant immatriculation au répertoire des métiers
Contenu : gestion, fiscalité, droit social, environnement et digitalisation
Dispenses possibles : expérience de 3 ans ou formation équivalente
Ouverture du stage au conjoint et aux auxiliaires familiaux
Objectif
Rétablir un outil clé de prévention pour réduire les défaillances des entreprises artisanales en renforçant les compétences de gestion des créateurs.
Résumé
Cette proposition de loi vise à réintroduire un stage obligatoire de préparation à l'installation destiné aux futurs artisans avant leur immatriculation. Ce stage de 21 heures permettrait d'acquérir des bases solides en gestion d'entreprise, fiscalité, droit et enjeux économiques. Des modalités de dispense sont prévues pour certains profils. Son financement serait assuré via une taxe additionnelle sur les tabacs.
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Exposé des motifs
M esdames , M essieurs , L’artisanat est un pilier essentiel de l’économie française. Boulangers, pâtissiers, menuisiers, charpentiers, tailleurs de pierre, cordonniers, bijoutiers, maçons, soudeurs, etc. Ils font vivre l’activité économique et social des territoires. Ces artisans passionnés sont des centaines de milliers, structurés dans des entreprises souvent de très petite taille. Ils répondent à des besoins essentiels pour les citoyens et préservent des savoir ‑ faire précieux. Cette vitalité entrepreneuriale peut aussi cacher des fragilités. Les derniers chiffres de la Banque de France déplorent près de 68 000 défaillances d’entreprises recensées en 2025. En 2024, plus de 65 000 entreprises avaient déjà fait l’objet d’une procédure collective. Parallèlement, la France connaît un essor des créations d’entreprises. Cette croissance repose en grande partie sur les entreprises individuelles, en particulier les micro ‑ entreprises, qui représentent désormais la majorité des créations, tant les démarches peuvent être aisées à réaliser pour lancer son business. Cela met néanmoins en lumière un paradoxe : jamais il n’a été aussi facile de créer une entreprise, mais jamais le nombre de défaillances n’a été aussi élevé sur une longue période. Ces toutes petites structures sont particulièrement vulnérables aux difficultés. Ces échecs, malheureux d’ailleurs, surviennent fréquemment dans les premières années d’activité, lorsque les dirigeants doivent jongler avec des exigences techniques, commerciales et administratives. Ces difficultés ne viennent pas d’un manque de compétences dans le métier exercé, mais d’une probable préparation insuffisante à la gestion d’une entreprise. De nombreux artisans, très qualifiés dans leur domaine, se retrouvent confrontés à une complexité administrative qu’ils n’ont pas appris à gérer. Dans ce contexte, la suppression du caractère obligatoire du stage de préparation à l’installation (SPI) par la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi PACTE, a marqué un tournant important. Si cette réforme visait initialement à simplifier et fluidifier l’accès à l’entrepreneuriat, elle a aussi supprimé un outil clé de prévention. Avant ce changement, le stage de préparation à l’installation offrait aux futurs chefs d’entreprise artisanale des bases solides en gestion, fiscalité, droit social et pilotage économique. Même si critiqué, il constituait, pour beaucoup, leur premier contact avec les réalités et exigence de la gestion d’une activité indépendante. Sa suppression a, en toute vraisemblance, contribué à creuser un fossé entre la facilité de création d’entreprise et les compétences administratives nécessaires pour la pérenniser. Or, la complexité qui pèse sur les entreprises est toujours très élevée. Les artisans doivent tous les jours naviguer dans un environnement juridique, fiscal et social exigeant. Gérer une entreprise, ça s’apprend ! Dans ces conditions, la liberté d’entreprendre ne peut se concevoir sans une préparation minimale. Elle suppose au contraire que les futurs créateurs d’entreprise disposent des outils et compétences nécessaires pour anticiper leurs obligations, sécuriser leur activité et assurer leur croissance. Aussi, rétablir le caractère obligatoire du stage de préparation à l’installation répond donc à un objectif de prévention. Il convient de ne pas voir ce stage comme une contrainte excessive mais comme un investissement initial pour réduire les risques de défaillance, améliorer la gestion des entreprises et renforcer la durabilité du tissu artisanal. La présente proposition de loi vise donc à réintroduire cette obligation, tout en maintenant des dispenses pour ceux qui justifient déjà de compétences équivalentes. Elle cherche ainsi un équilibre entre la liberté d’entreprendre et les exigences auxquelles les entrepreneurs de demain seront confrontées. Bien entendu, il conviendra de moderniser le contenu du SPI pour qu’il intègre les bases de la gestion d’entreprise (comptabilité, trésorerie, analyse financière), les obligations fiscales, sociales et environnementales (taxe sur la valeur ajoutée, déclarations, cotisations, politique de responsabilité sociétale des entreprises), les aspects juridiques (droit du travail, contrats, protection des données) et les enjeux économiques (stratégie commerciale, concurrence, digitalisation). Tel est l’objet de la présente proposition de loi.
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