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En bref
Une proposition de loi crée un dispositif de titularisation pour les agents contractuels de la fonction publique territoriale à La Réunion, pendant six ans.
Qui est concerné ?
Les agents contractuels de la fonction publique territoriale à La Réunion, les collectivités locales et l'État sont directement concernés.
À retenir
41,1 % des agents territoriaux à La Réunion sont titulaires (contre 84 % en Guadeloupe)
36 499 agents dans la fonction publique territoriale réunionnaise au 1er janvier 2023
44,2 % des agents sont contractuels et 12,8 % bénéficient d’un emploi aidé
54,8 % des agents de catégorie C sont contractuels
Dispositif de titularisation par recrutements réservés valorisant l’expérience professionnelle sur six ans
Création de comités de suivi dans chaque collectivité avec représentants de l’État, des collectivités et du personnel
Objectif
Permettre la titularisation des agents contractuels de la fonction publique territoriale à La Réunion pour réduire la précarité et améliorer la continuité des services publics.
Résumé
La fonction publique territoriale à La Réunion compte une proportion faible de titulaires (41,1 %), inférieure à d’autres départements d’outre-mer. Cette précarité concerne particulièrement les agents de catégorie C. La proposition de loi s’inspire de dispositifs antérieurs pour instaurer un mécanisme de titularisation par l’expérience professionnelle sur six ans. Un suivi annuel au Parlement est prévu, ainsi qu’une compensation financière pour les collectivités et l’État.
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Exposé des motifs
M esdames , M essieurs , Le rapport intitulé « Vers l’emploi titulaire dans la fonction publique territoriale de La Réunion : une ambition à partager », présenté par M. Bruno Collignon à l’issue des travaux de la formation spécialisée n° 5 du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et adopté à l’unanimité le 15 novembre 2017, a mis en évidence la situation particulièrement préoccupante de l’emploi territorial à La Réunion. Ce rapport soulignait le recours historique à des agents non titulaires et à des contrats aidés pour répondre aux besoins durables des collectivités territoriales réunionnaises. Il rappelait également le rôle essentiel de l’emploi public local dans un territoire confronté à un niveau élevé de chômage et de pauvreté, ainsi qu’à des contraintes budgétaires importantes pesant sur les collectivités. Les données disponibles imposent aujourd’hui d’actualiser ce diagnostic sans en atténuer la portée. Selon les données de la Direction générale des collectivités locales issues du système d’information sur les agents des services publics de l’Insee, les fonctionnaires représentent, au 31 décembre 2023, 41,1 % de l’ensemble des agents de la fonction publique territoriale à La Réunion. Cette proportion atteint 63,6 % en Martinique, 84,0 % en Guadeloupe par exemple. Une étude publiée par le Centre national de la fonction publique territoriale en octobre 2025 confirme la persistance de cette situation. Au 1er janvier 2023, la fonction publique territoriale réunionnaise compte 36 499 agents. Selon le périmètre retenu par cette étude, 43,0 % d’entre eux sont fonctionnaires, 44,2 % sont contractuels et 12,8 % bénéficient d’un emploi aidé. Malgré une progression de la part des fonctionnaires depuis 2017, la précarité demeure. Elle affecte particulièrement les agents de catégorie C, dont 54,8 % sont contractuels. Cette situation ne résulte pas seulement d’un écart statistique. Elle fragilise la continuité des services publics locaux, prive de nombreux agents de perspectives professionnelles stables et conduit à maintenir durablement dans la précarité des femmes et des hommes qui répondent pourtant à des besoins permanents des collectivités. L’objectif de la présente proposition de loi est donc de remédier à cette situation, qui grève la capacité des collectivités à mener des politiques publiques pérennes, à la hauteur des défis particuliers auxquels La Réunion est confrontée, tout en garantissant le respect du principe d’égal accès aux emplois publics. Notons que la Formation Spéciale n° 5 du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale s’est également penchée dès l’année 2014 sur la situation spécifique à Mayotte au travers du rapport « Mayotte, les oubliés de la République » et que les préconisations de ce rapport ont été transposées dans le cadre réglementaire, prouvant ainsi que les valeurs de la République en matière de justice sociale peuvent parfaitement s’incarner dans les Outre‑Mer L’ article 1 er s’inspire du dispositif de titularisation instauré par la loi n° 2012‑347 du 12 mars 2012, dite "loi Sauvadet", en l’adaptant à la situation actuelle de La Réunion. Il ouvre, pendant une durée de six ans, la possibilité de mettre en œuvre des recrutements réservés valorisant les acquis de l’expérience professionnelle au bénéfice des agents contractuels de droit public employés par les collectivités territoriales et leurs établissements publics administratifs à La Réunion. L’article prévoit la création d’un comité de suivi réunissant des représentants des collectivités territoriales, des représentants de l’État et des représentants des personnels. Sous réserve des conditions fixées par la loi, ce dispositif permet également de prendre en compte la situation d’agents dont le recrutement initial n’a pas respecté l’ensemble des règles applicables, sans instaurer une régularisation automatique. L’ article 2 vise à permettre au Parlement de suivre les conditions d’application de la présente loi, notamment compte tenu du caractère évolutif de l’application prévues sur six ans dans les dispositions de l’article premier. L’ article 3 compense à due concurrence les potentielles conséquences financières qui pèseraient sur les collectivités par une augmentation de la dotation globale de fonctionnement qui leur est accordée et celles qui pèseraient sur l’État par une augmentation de la taxe sur les transactions financières.
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