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En bref
L'égalisation du régime fiscal et social des indemnités de licenciement entre agents publics et salariés du privé est demandée au gouvernement.
Qui est concerné ?
Les agents publics contractuels et fonctionnaires sont directement concernés par cette différence de traitement fiscal et social.
À retenir
Les indemnités de licenciement des agents publics ne sont pas listées comme exonérables dans l'article 80 duodecies du CGI
Elles sont intégralement soumises à l'impôt sur le revenu, aux cotisations sociales, CSG, CRDS et assurance chômage
Les ruptures conventionnelles dans la fonction publique ont été alignées en 2020 sur le régime du privé
Les agents publics subissent une perte d'environ 30% par rapport aux salariés du privé
Une QPC en 2023 a confirmé que cette différence n'est pas inconstitutionnelle
Résumé
La question porte sur le régime fiscal et social des indemnités de licenciement pour les agents publics et contractuels, qui diffère de celui applicable aux salariés du privé. Ces indemnités sont imposées intégralement pour les agents publics, contrairement aux exonérations partielles du secteur privé. Bien que les ruptures conventionnelles aient été alignées en 2020, aucune mesure n'a été prise pour les licenciements classiques depuis cette date.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
Mme Carole Guillerm appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le régime fiscal et social des indemnités de licenciement versées aux contractuels et agents publics, qui diffère des salariés du secteur privé. Les sommes versées lors de la rupture d'un contrat de travail, énumérées par l'article 80 duodecies du code général des impôts (CGI), sont partiellement ou totalement exonérées d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Cet article renvoie dans son dernier alinéa « aux indemnités spécifiques de rupture conventionnelle versées en application du I de l'article 72 de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique et de l'article L. 552-1 du code général de la fonction publique ». Les indemnités de licenciement versées par un employeur public à un fonctionnaire ou à un agent contractuel de droit public ne sont pas explicitement mentionnées dans l'article du CGI. Par conséquent, ces indemnités doivent être intégralement soumises à l'impôt sur le revenu, aux cotisations sociales, à la CSG, à la CRDS et aux contributions d'assurance chômage (Cass. civ. 2e, 25 janvier 2018, n° 17-11.442). Depuis 2020, les lois de finances et de financement de la sécurité sociale ont aligné le régime fiscal et social de l'indemnité de rupture conventionnelle dans la fonction publique sur celui applicable aux salariés du secteur privé. Cependant, à ce jour, aucune disposition n'a été prise pour aligner le régime des indemnités de licenciement versées aux agents publics, ce qui peut s'expliquer par la rareté de cette situation. Cette anomalie semble être le résultat d'un oubli du législateur, car les agents publics ne dépendent pas du code du travail, mais d'un décret de 1986 qui régit leurs conditions de travail. Ainsi, un agent contractuel de droit public verra ses indemnités de licenciement réduites de près de 30 % par rapport à celles d'un salarié du secteur privé, en raison de cette différence de traitement fiscal et social. Le sénateur Jérôme Bascher avait déjà soulevé cette question en 2022, mais elle est restée sans réponse suite à la fin de son mandat. Le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité, a confirmé début 2023 que cette imposition différenciée n'est pas anticonstitutionnelle en l'absence de texte spécifique. Cependant, cette décision ne peut justifier cette anomalie. Elle lui demande donc quelles mesures il entend prendre pour rétablir l'équité fiscale et sociale entre les agents publics et les salariés du secteur privé, en alignant le régime des indemnités de licenciement sur celui applicable aux salariés du secteur privé.
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