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En bref
Le gouvernement est interrogé sur les mesures urgentes pour débloquer le financement et le conventionnement du lycée français en Haïti d'ici fin juin.
Qui est concerné ?
Les familles françaises et franco-haïtiennes scolarisant leurs enfants au lycée, ainsi que les acteurs de la coopération éducative.
À retenir
Le lycée Alexandre Dumas est un pilier éducatif et culturel français en Haïti depuis plus de 50 ans.
Il est le seul centre d'examen pour le baccalauréat et le brevet français en Haïti.
Son passage en distanciel en 2021 et la suspension du conventionnement en 2023 ont fragilisé son équilibre financier.
L'établissement assure une mixité sociale et un rayonnement de la langue française dans un pays en crise.
Un reconventionnement et un soutien financier sont demandés pour garantir sa pérennité.
Les parents d'élèves réclament depuis des années le rétablissement d'un soutien adapté.
Résumé
Le lycée Alexandre Dumas de Port-au-Prince, établissement français en Haïti, traverse une crise administrative et financière. Malgré son rôle clé dans l'éducation et la francophonie, il subit des blocages liés à des décisions passées, comme son passage en distanciel puis la suspension de son conventionnement. Ces mesures ont affaibli sa situation financière, alors qu'il reste un acteur essentiel pour les familles françaises et haïtiennes. Un soutien financier et un reconventionnement sont jugés nécessaires pour assurer son avenir.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
Mme Olivia Richard appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger sur la situation du lycée Alexandre Dumas (LAD) de Port-au-Prince, pilier essentiel, depuis plus de 50 ans, de la présence éducative, culturelle et francophone de la France en Haïti. Elle connait son attachement personnel à ce dossier qu'elle maîtrise particulièrement bien pour avoir été députée lorsque la décision de passage en distanciel de l'établissement a été prise. Elle a également déployé des efforts importants depuis son arrivée au Gouvernement pour permettre au lycée Alexandre Dumas de retrouver sa trajectoire historique. Dans un contexte haïtien marqué par une crise sécuritaire, institutionnelle et sociale profonde, le LAD représente bien davantage qu'un établissement scolaire. Il est l'un des derniers relais structurés de l'influence française en Haïti, un point d'ancrage indispensable pour les familles françaises, franco-haïtiennes et haïtiennes francophones, ainsi qu'un instrument majeur de rayonnement pour notre langue, nos valeurs et notre modèle éducatif. Il joue également un rôle unique en matière de mixité sociale dans un pays profondément fragmenté, où l'accès à une éducation de qualité demeure un enjeu majeur. Unique centre d'examen du baccalauréat et du diplôme nationale du brevet, il constitue le point focal pour l'organisation et le passage des examens français en Haïti. Pourtant, cet établissement reste fragilisé par une succession d'injustices administratives et budgétaires. La décision du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères d'imposer un passage en distanciel en 2021, puis la mise en pause du conventionnement en 2023 afin de permettre le retour en présentiel après deux années de distanciel, sont à l'origine même de la crise actuelle. Le reconventionnement avait été promis, et cela fait désormais plusieurs années que l'association des parents d'élèves se bat courageusement auprès de toutes les instances publiques concernées, jusqu'ici sans succès, pour obtenir le rétablissement d'un soutien adapté. Cette situation a entraîné une dégradation artificielle de la situation financière d'un établissement qui disposait pourtant, avant cette crise, de réserves importantes et d'une gestion particulièrement saine. Aujourd'hui, les conditions d'un redressement existent : depuis trois ans, les élèves ont été scolarisés sans discontinuité en présentiel, la communauté éducative demeure pleinement mobilisée, et un soutien financier adapté permettrait de garantir la pérennité de l'établissement et, à terme, son reconventionnement. Elle l'interroge donc sur les mesures le Gouvernement entend prendre, d'ici la fin juin, pour lever les derniers blocages administratifs et budgétaires pesant sur le lycée Alexandre Dumas, rétablir le soutien financier promis, prévoir son reconventionnement et préserver cet outil irremplaçable de francophonie, de mixité sociale, d'examens français et de rayonnement de la France en Haïti.
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme Olivia Richard, auteure de la question n° 1186, adressée à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Mme Olivia Richard. Monsieur le ministre, tout en vous remerciant d'être présent ce matin au banc du Gouvernement pour me répondre, je ne peux m'empêcher de regretter l'absence de votre collègue Eléonore Caroit, dont je connais le profond attachement au lycée Alexandre-Dumas et la parfaite maîtrise des rouages de cet important dossier. M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, s'est engagé à le faire aboutir, mais il n'en importe pas moins de l'évoquer aujourd'hui en séance, dans l'espoir que vous pourrez nous faire part d'éléments utiles. Dans le contexte haïtien que nous connaissons, le lycée Alexandre-Dumas représente, depuis plus de cinquante ans, bien davantage qu'un simple établissement scolaire. C'est l'un des derniers relais structurés de l'influence française en Haïti, un point d'ancrage indispensable pour les familles françaises, franco-haïtiennes et haïtiennes francophones, ainsi qu'un instrument majeur du rayonnement de notre langue, de nos valeurs et de notre modèle éducatif. Il est également l'unique centre d'examen du baccalauréat et du diplôme national du brevet (DNB) dans ce pays. Pourtant, cet établissement a été fragilisé par une série de décisions administratives et budgétaires. Tout d'abord, en 2021, la décision du Quai d'Orsay d'imposer le passage en distanciel en réponse à des enjeux de sécurité, alors que les autres établissements de Port-au-Prince étaient restés ouverts, a provoqué une baisse de 60 % des effectifs. Ensuite, pour permettre le retour à un enseignement en présentiel, le conventionnement du lycée a été suspendu en 2023, ce qui a signifié la fin de la subvention versée par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Ces décisions ont entraîné une dégradation de la situation financière d'un établissement qui disposait pourtant, avant cette crise, de réserves importantes grâce à une gestion particulièrement saine. L'association des parents d'élèves, gestionnaire du lycée, se bat courageusement auprès de toutes les institutions pour faire avancer ce dossier, jusqu'à présent sans succès. Elle demande le rétablissement du soutien financier de l'État ; à plusieurs reprises, il lui a été répondu que ce serait chose faite, mais on ne voit rien venir. M. le président. Merci de conclure, ma chère collègue ! Mme Olivia Richard. Alors que les effectifs augmentent chaque année et que la communauté éducative est pleinement mobilisée, ce dossier va-t-il aboutir prochainement ? M. le président. La parole est à M. le ministre délégué. M. Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Madame la sénatrice, je sais combien vous êtes attachée à cet établissement, qui reçoit également toute l'attention d'Eléonore Caroit et, bien sûr, de Jean-Noël Barrot. C'est dans le même esprit que je me fais aujourd'hui, devant vous, l'interprète des positions du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, en vous faisant part de l'état d'avancement de l'instruction de ce dossier. Vous avez souligné à juste titre la place que tient le lycée Alexandre-Dumas à Port-au-Prince et son rôle crucial pour l'influence française et pour la défense de nos valeurs. Tout en contribuant à nos efforts pour l'apaisement et le développement d'Haïti, cet établissement revêt une importance toute pratique : il est le seul où l'on peut passer le baccalauréat dans ce pays. Ce lycée a donc fait l'objet d'un suivi particulier ; il mobilise la pleine attention des équipes du ministère de l'Europe et des affaires étrangères comme de celles de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger. En 2023, il a fallu la suspension de la convention entre le lycée et l'AEFE pour permettre la reprise des cours en présentiel et redonner une liberté d'action financière à l'établissement, qui a ainsi été à même de prendre des mesures fortes pour réduire ses coûts. Il convient de préciser que la suspension de la convention n'a remis en cause ni l'homologation du lycée, ni sa qualité de centre d'examen, ni encore l'accès à distance aux formations dispensées par ses enseignants. En revanche, comme vous l'avez rappelé, cette suspension a privé l'établissement du bénéfice de possibles subventions d'équilibre. Une subvention d'accompagnement, d'un montant de 1,2 million d'euros, a néanmoins pu être accordée au lycée par l'AEFE. Dès que nous avons pris connaissance de l'alerte relative à la dégradation de la situation du lycée, à l'été 2025, un dialogue très nourri - je tiens à le souligner - a été engagé entre le ministère, l'AEFE, le chef d'établissement et l'association des parents d'élèves, dont vous avez rappelé qu'elle est gestionnaire du lycée. Ce dialogue, mené en lien avec le poste diplomatique, a permis de dresser, au cours des derniers mois, un état des lieux aussi précis que possible de la situation financière du lycée et des moyens nécessaires à son rétablissement. Si, au regard du contexte sécuritaire actuel, un retour au conventionnement et à l'envoi de titulaires détachés à Port-au-Prince n'est pas envisagé, le ministère a néanmoins demandé à l'AEFE de mettre en place un plan de sortie de crise. M. le président. Merci de conclure, monsieur le ministre délégué. M. Nicolas Forissier, ministre délégué. L'agence va donc proposer à l'établissement un projet de convention de partenariat ad hoc afin de reformaliser leur relation. Le besoin d'un soutien financier, éventuellement sur plusieurs années, a également été pris en compte et sera dûment budgété. M. le président. Il faut vraiment conclure ! M. Nicolas Forissier, ministre délégué. Je conclus, monsieur le président, en indiquant que nous continuerons de porter la plus grande attention à ce sujet. M. le président. J'invite chacun à bien respecter son temps de parole ; à défaut, nous ne pourrons achever ces questions orales dans les délais impartis.
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