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En bref
L'État doit-il protéger les 15 % de capital public et les engagements industriels non tenus de la Fonderie de Bretagne ?
Qui est concerné ?
Les salariés et collectivités locales de la région de Caudan sont directement impactés
À retenir
Fonderie de Bretagne à Caudan, ancien site Renault, reprise par Europlasma en 2025
4,5 millions d'euros d'investissement promis sur trois ans non versés
Engagement de 11 000 tonnes de production annuelle non respecté
Incendie en janvier 2026 entraînant l'arrêt définitif du site
État détient toujours 15 % du capital de l'entreprise
Résumé
La Fonderie de Bretagne, ancienne filiale Renault située à Caudan, a été reprise en 2025 par le groupe Europlasma malgré ses pratiques industrielles contestables. Les investissements et volumes de production promis n'ont pas été tenus, et un incendie en janvier 2026 a conduit à l'arrêt définitif du site. L'État conserve 15 % du capital et doit désormais protéger cet outil industriel stratégique. La question interroge sur les mesures à déployer pour préserver les emplois et le savoir-faire.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Fabien Gay interroge M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie sur la stratégie du Gouvernement pour garantir la pérennité des activités et des emplois de la Fonderie de Bretagne. La fonderie de Bretagne, située à Caudan, est une filiale historique du groupe Renault. Après avoir fait l'objet de multiples cessions consécutives, le site a finalement été repris par le groupe Europlasma, spécialisé dans le rachat de site sidérurgique au bord de la faillite (Luxfer, Satma...). Ce groupe, qui s'illustre particulièrement par son refus d'honorer les engagements formulés lors des opérations de reprise (notamment pour les Forges de Tarbes et de Valdunes), est financé depuis 2016 à hauteur d'environ 100 millions d'euros par le fonds d'investissement Alpha Blue Ocean (ABO), domicilié dans des paradis fiscaux, à Dubaï et aux Bahamas. Il a déjà été condamné en 2024 par les autorités de régulation et dont les dirigeants font l'objet de plaintes pénales. ABO est notamment spécialisé dans les obligations convertibles en actions avec bons de souscription d'actions, des outils financiers qui provoquent une chute mécanique des cours de bourse. Malgré ces informations publiques, la revente de la Fonderie de Bretagne a été validée en 2025 par le tribunal de commerce de Rennes. Lors de la reprise du site de Caudan, Europlasma s'était engagé à apporter 11 000 tonnes par an de nouvelles productions à la Fonderie de Bretagne, permettant au site de se diversifier et de défaire rapidement sa dépendance à l'égard du secteur automobile, en berne ces dernières années. Après une période de chômage partiel à la fin de l'année 2025, un incendie a eu lieu en janvier 2026 dans un des fours de la fonderie, conduisant à la mise à l'arrêt du site. Contrairement aux différentes annonces faites par la direction d'Europlasma, l'activité n'a jamais repris. Plus encore, un an après ce rachat, force est de constater que les promesses industrielles et financières prises par le racheteur n'ont pas été honorées : les 4,5 millions d'euros d'investissement promis sur trois ans pour moderniser le site n'ont pas été décaissés, et les engagements sur les volumes de production n'ont pas été tenus. En mars, un communiqué du groupe Europlasma annonçait une entrée en « négociation exclusive avec un investisseur français » en vue de la cession de « ses activités liées à la défense », sans plus d'informations. Réagissant à ces nouvelles, le ministre de l'industrie a indiqué par voie de presse que « Les apports annoncés et les investissements promis sont restés très inférieurs à ce qui avait été présenté devant le tribunal. L'État et les collectivités, eux, ont tenu leurs engagements et accompagné l'entreprise, notamment après l'incendie survenu en début d'année. À quelques jours du paiement des salaires, les dirigeants et les actionnaires d'Europlasma, responsables de cette situation, doivent rendre des comptes ». Le 30 juin, les représentants du personnel ont été convoqués à un comité social et économique (CSE) extraordinaire pour leur communiquer la volonté du groupe de placer l'entreprise en procédure de redressement judiciaire. Aussi, une telle décision d'Europlasma, aux pratiques plus que contestables alors que le groupe opère dans des secteurs industriels stratégiques, appelle une intervention forte de l'État, qui détient toujours 15 % du capital de Fonderie de Bretagne. Il souhaiterait donc savoir quelle stratégie le Gouvernement entend déployer pour conserver les emplois, les savoir-faire et l'outil industriel de l'entreprise Fonderie de Bretagne sur le sol français.
Réponse du ministère
La Fonderie de Bretagne, aujourd'hui dénommée FDB INDUSTRIES, située à Caudan (Morbihan), fait l'objet d'une attention très soutenue de la part des pouvoirs publics. L'entreprise connaît de longue date des difficultés. Dernièrement, elle fut reprise à la barre du tribunal dans le cadre d'un redressement judiciaire par la société EUROPLASMA le 25 avril 2025 qui était alors le seul candidat à la reprise de l'activité. Fonderie de Bretagne est depuis lors intégralement détenue par EUROPLASMA. L'offre de reprise, validée par le tribunal de commerce, s'appuyait sur la perspective d'une diversification de l'activité vers le secteur de la défense (fabrication de corps creux). Depuis lors, ce retournement a été confronté à des vicissitudes nombreuses. Le projet de reprise s'appuyait notamment sur l'apport par Europlasma de fonds propres à hauteur de 15 Meuros sur 3 ans, dont 7,5 Meuros en 2025, et d'un ambitieux plan d'investissements de plus de 60 Meuros, dont 35 Meuros sur les années 2025-2026. Ces engagements qui avaient conditionné le soutien de l'État et des collectivités n'ont pas été tenus : les apports financiers d'EUROPLASMA sont inférieurs aux engagements annoncés (4.5Meuros contre 7.5) ; les investissements réalisés sont nettement plus faibles que ceux annoncés. L'entreprise a été victime d'un incendie le 20 janvier 2026. La remise en état des installations a été plus longue qu'initialement anticipé, mais le redémarrage de deux des fours est effectif depuis les premiers jours de juillet après plusieurs tentatives infructueuses. L'État reste très attentif aux difficultés techniques que peut rencontrer l'entreprise. Cette situation a amené à un état de cessation des paiements constaté par le tribunal de commerce de Lorient le 3 juillet dernier. Le paiement des rémunérations du mois de juin a pu être assuré au prix de diligences importantes des services de l'État et de l'AGS. L'État a été particulièrement mobilisé pour bâtir une solution permettant à l'entreprise de disposer des fonds attendus par le tribunal pour financer la période d'observation du redressement judiciaire. A défaut d'autres solutions, une telle période pourrait permettre une recherche de repreneurs. Le comité de suivi du site a été réuni dès le 7 juillet 2026 par la sous-préfète de Lorient pour assurer toute la transparence entre l'État, les élus et les représentants du personnel.
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