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Exposé des motifs
M esdames , M essieurs , L’objectif du Programme commun des Nations unies sur le virus de l’immunodéficience humaine / syndrome d’immunodéficience acquise (VIH/Sida) (ONUSIDA) d’une éradication de l’épidémie d’infection par le VIH d’ici 2030 est gravement menacé par le retour de Donald Trump à la présidence des États‑Unis. Alors même que cet engagement fort des pays membres consiste à zéro nouvelle infection à VIH, zéro décès lié au sida, zéro discrimination d’ici 2030, l’inquiétude monte quant à la réalisation de cet objectif de santé publique à l’échelle internationale. Le partenariat du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme constitue un pilier central du financement de la lutte contre ces pandémies. Il a permis de sauver 65 millions de vies depuis sa création en 2002 en finançant l’accès aux traitements et autres produits et services de santé essentiels, ainsi qu’aux campagnes de prévention dans les pays les plus touchés. Malheureusement, depuis le retour de Donald Trump, nous constatons une inflexion majeure de la politique américaine en matière de financement de la lutte contre le VIH/sida alors même que les États‑Unis sont le premier contributeur de la lutte mondiale contre le sida ainsi que du Fonds mondial devant la France, 2ème contributrice. Les États‑Unis ont ainsi pris la décision d’interrompre totalement leur financement du Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA, ONUSIDA. En mars 2025, l’administration Trump a annoncé la suppression de 83 % des contrats de l’Agence des États‑Unis pour le développement international (USAID) destinés à des programmes à l’étranger, représentant une économie de plusieurs milliards de dollars. Cette décision a entraîné l’annulation de près de 5 200 financements, affectant des initiatives essentielles en santé publique. La suppression de la quasi‑totalité des programmes du Plan d’urgence du président des États‑Unis pour la lutte contre le sida (PEPFAR) mis en œuvre par l’USAID aura des conséquences dramatiques, comme l’a souligné Winnie Byanyima, directrice exécutive d’OUNSIDA, pouvant entraîner, d’ici 2029, une multiplication par six du nombre de nouvelles infections (8,7 millions de nouvelles contaminations) et par dix du nombre de décès liés au sida (6,3 millions de morts). Le ralentissement des progrès dans la lutte contre le VIH/sida est immédiat : moins de distributions de traitements antirétroviraux, réduction des campagnes de prévention et augmentation des nouvelles infections. En Somalie ou à Haïti par exemple, des cliniques ont été fermées. C’est aussi une aggravation des inégalités sanitaires mondiales puisque le VIH/Sida touche particulièrement les populations les plus vulnérables, inégalités qui inquiètent le Secrétariat général de l’ONU. Dans ce contexte, la France et l’Union Européenne doivent renforcer leur engagement financier pour compenser le désengagement américain. Cette situation présente aussi une opportunité pour la France et les États membres de l’UE de renforcer leur engagement financier, tout en répondant à l’urgence créée par le désengagement américain et de réaffirmer le leadership européen dans la lutte contre le VIH. Dans la continuité, la France devra aussi maintenir son soutien au financement d’UNITAID. Atteindre l’objectif fixé par l’ONU repose évidemment sur un financement stable et suffisant afin notamment de ne pas ralentir les progrès scientifiques prometteurs et les efforts déployés ces dernières années pour limiter le nombre de nouvelles infections. L’éradication du VIH/sida d’ici 2030 est un objectif atteignable, à condition que la mobilisation internationale soit à la hauteur des enjeux. Un engagement fort et coordonné des États européens est indispensable pour préserver les avancées réalisées et sauver des millions de vies. Pour toutes ces raisons, les auteurs de cette proposition de résolution européenne membres du groupe d’études VIH/Sida de l’Assemblée nationale ou anciens ministres de la Santé invitent la France à prendre toute sa place dans cette lutte.
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