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En bref
La question demande à l'État des moyens humains et financiers immédiats pour les structures de santé mentale en Outre-mer, face à l'explosion des besoins et à la pénurie de soignants.
Qui est concerné ?
Les jeunes ultramarins et les professionnels de santé mentale sont directement concernés par les problèmes d'accès aux soins et de conditions de travail.
À retenir
20 % de patients en plus depuis 2019 dans les établissements publics de santé mentale (EPSM) en Guadeloupe
Près de 4 jeunes sur 10 souffrent de dépression en Outre-mer, plus d'1 sur 2 en Guyane
Seulement 30 % des jeunes ultramarins consultent pour des troubles psychiatriques
12 millions d'euros alloués aux territoires ultramarins pour soutenir les EPSM
Pénurie durable de psychiatres, infirmiers et psychologues dans les structures de santé mentale
Résumé
La santé mentale en Outre-mer fait face à une explosion des besoins avec une hausse de 20 % des patients depuis 2019. Les jeunes sont particulièrement touchés, près de 40 % présentant des troubles dépressifs. L'offre de soins reste fragmentée et inaccessible pour beaucoup, avec un recours aux soins inférieur à 30 %. Les établissements publics de santé mentale manquent cruellement de moyens humains et financiers.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. le président. La parole est à Mme Solanges Nadille, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.) Mme Solanges Nadille. Ma question s'adresse à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Il y a quinze jours, la Guadeloupe était frappée d'effroi. Au Gosier, un psychiatre a perdu la vie, poignardé par l'un de ses patients au sein même du centre médico-psychologique (CMP) où il exerçait. Ce drame absolu n'est pas un simple fait divers. Il est le symptôme violent d'un système de santé mentale à bout de souffle. Dimanche dernier encore, c'est une ancienne députée de la Nation et ancienne coordinatrice interministérielle contre les violences faites aux femmes en outre-mer, qui, avec une citoyenne anonyme, a été sauvagement agressée au Moule. Ces actes tragiques révèlent l'impérieuse nécessité de protéger ceux qui soignent comme ceux qui sont soignés. En Guadeloupe, l'établissement public de santé mentale (EPSM) suit aujourd'hui 20 % de patients de plus qu'en 2019. Les besoins explosent, mais les moyens suivent-ils ? La situation de notre jeunesse est encore plus alarmante. Dans une étude récente, la Mutualité française dresse ce constat sans appel : dans nos outre-mer, près de quatre jeunes sur dix souffrent de dépression. En Guyane, c'est plus d'un jeune sur deux. Mais le plus grave, c'est le silence. Alors que la souffrance est plus forte chez nous, le recours aux soins y est plus faible : seulement 30 % des jeunes Ultramarins osent consulter. Pourquoi ? Par peur de la stigmatisation, certes, mais surtout parce que, dans nos territoires, l'offre de soins est illisible, fragmentée et trop souvent inaccessible. Nos jeunes se heurtent à un parcours du combattant, là où ils devraient trouver une main tendue. Madame la ministre, mes questions sont simples. L'agence régionale de santé (ARS), garante de l'offre de soins, ne peut se contenter d'une gestion comptable. Quand doterez-vous nos EPSM et nos structures de proximité de moyens humains et financiers à la hauteur, face à l'explosion des troubles psychiatriques ? Concrètement, quelles mesures d'urgence allez-vous déployer pour que les problèmes de santé mentale de nos jeunes Ultramarins cessent d'être une fatalité et pour que nos soignants puissent enfin exercer sans risquer leur vie ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI et sur des travées du groupe INDEP.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Madame la sénatrice Nadille, avant tout, permettez-moi de m'associer à l'hommage que vous venez de rendre au psychiatre récemment assassiné en Guadeloupe par l'un de ses patients. De même, je tiens à exprimer mon entier soutien à la ministre Justine Benin, qui, comme vous l'avez rappelé, a été victime d'une agression. Ces événements nous rappellent, comme bon nombre de faits divers déplorés au fil des jours, à quel point les enjeux de santé mentale sont prégnants dans notre pays. C'est d'ailleurs pourquoi M. le Premier ministre a souhaité déclarer la santé mentale grande cause nationale pour 2026,... M. François Bonhomme. Ah ! Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée. ... comme l'avait fait Michel Barnier pour 2025. Face à la multiplication des troubles psychiatriques, vous nous demandez les actions concrètes mises en oeuvre par le Gouvernement, particulièrement en direction des jeunes. Tout d'abord, j'insiste sur le fait que les crédits consacrés à la santé mentale augmentent. Dans le cas de la réforme du financement de la psychiatrie, huit régions ont ainsi bénéficié d'un rattrapage financier : la Guadeloupe en fait partie. À ce titre, 12 millions d'euros ont été alloués aux territoires ultramarins. Ces moyens viendront soutenir les établissements publics de santé mentale, qui, vous l'avez rappelé, ont bien besoin de notre aide, notamment en Guadeloupe. Mais, dans ce domaine, nous restons placés face à un véritable défi humain : il faut recruter un certain nombre de professionnels - psychiatres, infirmiers ou encore psychologues. Or, dans ce secteur, la pénurie de soignants est durable, ce qui entraîne un certain nombre de difficultés. Mais l'État se mobilise : en témoignent divers dispositifs destinés à renforcer l'attractivité de ces métiers. En outre, plusieurs dispositions ont été prises en direction des plus jeunes. Nous renforçons notamment les maisons des adolescents, le développement des équipes mobiles de pédopsychiatrie et l'intervention des professionnels de santé mentale en milieu scolaire. Nous déployons, en parallèle, le dispositif de repérage précoce. M. le président. Madame la ministre, il faut conclure. Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée. Madame la sénatrice, voilà quelques exemples de moyens mis à disposition pour répondre aux enjeux de santé mentale, en particulier en Guadeloupe. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - M. Marc Laménie applaudit également.)
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