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En bref
L'institution est interrogée sur les raisons de la hausse récente des prix des carburants en Outre-mer et sur les dispositifs de protection appliqués à ces territoires.
Qui est concerné ?
Les habitants des territoires ultramarins sont directement impactés par la hausse des prix des carburants.
À retenir
Plafond mensuel des prix du carburant en Outre-mer mis à jour selon les cotations internationales
Hausse de 18 centimes pour l'essence sans plomb en Guadeloupe au 1er avril
Prix du SP95 à 1,88 €/L en Guadeloupe au 1er avril
Blocage du détroit d'Ormuz pointé comme cause partielle des tensions sur les prix
Demande de transparence sur les marges de raffinage de la SARA
Suggestion d'un bouclier tarifaire décorrélé des cours mondiaux
Résumé
Une hausse des prix des carburants a été constatée en Guadeloupe et dans l’ensemble des territoires ultramarins au 1er avril. Les prix y sont encadrés par un plafond mensuel révisé selon les cotations internationales. La ministre chargée de l’énergie attribue cette hausse aux tensions géopolitiques sur les approvisionnements pétroliers. Une enquête est demandée sur les mécanismes d’indexation et de protection tarifaire pour les consommateurs.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. le président. La parole est à Mme Solanges Nadille, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.) Mme Solanges Nadille. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Le 1er avril dernier, la préfecture de Guadeloupe a annoncé une hausse considérable des prix des produits pétroliers. En Guadeloupe comme dans l'ensemble des territoires d'outre-mer et comme dans l'Hexagone, le prix du carburant n'est pas une simple variable économique : c'est un déterminant majeur de la vie chère et un facteur de précarité sociale. Aussi, comment analysez-vous cette augmentation sur mon territoire, la Guadeloupe ? (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'énergie. Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Madame la sénatrice, vous le savez, en Guadeloupe, le prix du carburant est plafonné. Le plafond est mis à jour tous les mois en fonction des cotations des quinze premiers jours du mois précédent, elles-mêmes directement liées au cours des marchés internationaux. C'est évidemment dans ce cadre-là que cette hausse s'est produite, hausse que nous déplorons tous, mais qui est liée au contexte international et au blocage du détroit d'Ormuz, par lequel 20 % du pétrole transitent normalement et qui est actuellement bloqué. Nous espérons d'ailleurs que le déblocage interviendra très rapidement. Au 1er avril dernier, en Guadeloupe, le prix de l'essence sans plomb s'est élevé à 1,88 euro le litre, ce qui représente une augmentation indéniable de 18 centimes d'euro par rapport au 1er mars. Pour autant, c'est inférieur aux prix constatés ailleurs. Et c'est grâce à la réglementation des tarifs dans les outre-mer que les prix ont pu être contenus. Naïma Moutchou et moi-même restons extrêmement vigilantes sur l'évolution des prix dans les outre-mer, en particulier chez vous, avec une exigence absolue à l'égard des distributeurs sur les prix à venir. Les baisses doivent être répercutées aussi vite que les hausses l'ont été. Je rappelle par ailleurs que l'ensemble des dispositifs d'aide qui ont été mis en place, notamment pour les secteurs les plus touchés et les plus exposés, sont évidemment valables sur tout le territoire national. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.) M. le président. La parole est à Mme Solanges Nadille, pour la réplique. Mme Solanges Nadille. Madame la ministre, vous imputez donc aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient la flambée actuelle du pétrole brut raffiné par la Sara (Société anonyme de la raffinerie des Antilles) pour nos territoires. Pourtant, celui-ci provient des gisements norvégiens d'Oseberg ! Dès lors, comment justifier que nos concitoyens subissent de plein fouet une spéculation liée au détroit d'Ormuz, alors même que notre chaîne d'approvisionnement physique en est totalement déconnectée ? Quelles garanties concrètes comptez-vous apporter aux outre-mer pour que la tarification du carburant ne soit plus une fatalité spéculative ? Madame la ministre, au-delà de la situation critique de nos territoires ultramarins, cette flambée des prix frappe au coeur notre cohésion nationale. Qu'il s'agisse de nos compatriotes de Guadeloupe ou des habitants de nos zones rurales dans l'Hexagone, la voiture n'est pas un luxe : elle est l'outil indispensable pour travailler, se soigner et vivre. Le carburant est devenu, bien malgré nous, un précieux opium pour le peuple, une dépense de survie sur laquelle aucune spéculation ne peut être tolérée. Ce matin, monsieur le Premier ministre, vous avez annoncé des mesures, des convocations à Bercy et des réunions. Dès lors, j'affirme deux nécessités impérieuses. En premier lieu, la transparence et la régulation ne peuvent plus attendre. Le Gouvernement se doit de diligenter une enquête approfondie sur les marges de raffinage de la Sara et sur ces mécanismes d'indexation déconnectés de la réalité de nos flux. Il est impératif d'instaurer un véritable bouclier tarifaire, décorrélé des cours mondiaux spéculatifs, pour protéger nos professionnels de santé et nos ménages les plus précaires. En second lieu, la souveraineté de nos territoires passe par une stratégie régionale de circuits courts. Il est temps de favoriser l'approvisionnement depuis des gisements de proximité, comme le Guyana. M. le président. Veuillez conclure, ma chère collègue ! Mme Solanges Nadille. Ce virage n'est pas seulement une réponse logistique pour réduire les coûts et l'empreinte carbone : c'est le socle d'une intégration régionale concrète. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe RDSE.)
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