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En bref
Le gouvernement doit expliquer comment concilier les 23 milliards d'euros d'investissements annoncés en Afrique avec les réductions de 803 millions d'euros de l'aide publique au développement en 2026.
Qui est concerné ?
Les investisseurs et bénéficiaires des fonds de développement sont directement concernés par les nouveaux dispositifs financiers et leurs garanties.
À retenir
23 milliards d'euros d'investissements annoncés au sommet Africa Forward (Kenya)
Baisse de 40 % de l'aide publique au développement depuis 2021
10,5 milliards d'euros souscrits à la Banque africaine de développement
2 milliards d'euros engagés au Kenya par l'AFD en 15 ans sans hausse des échanges commerciaux
Mécanisme ATIDI de la BAD pour garantir certains investissements
7 millions de Français d'origine africaine mentionnés dans les partenariats
Résumé
Un sénateur interroge la ministre sur les contradictions entre les annonces de 23 milliards d'euros d'investissements au sommet Africa Forward à Nairobi et les réductions budgétaires récentes de 803 millions dans l'aide publique au développement pour 2026. La question soulève un déséquilibre entre les engagements financiers et leurs retombées économiques effectives, notamment exemplaires africains et la faible dynamique commerciale bilatérale malgré des investissements publics majeurs.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. le président. La parole est à M. Jean-Luc Ruelle, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) M. Jean-Luc Ruelle. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, la semaine dernière, à Nairobi, j'ai accompagné le ministre du commerce extérieur, Nicolas Forissier, au sommet Africa Forward. Organisé par Bpifrance et Business France, ce forum fut, je tiens à le souligner, une vraie réussite côté business, une sorte de déclinaison africaine du BIG, le grand rassemblement entrepreneurial de Bpifrance. Les attentes étaient grandes ; les annonces ont été spectaculaires : 23 milliards d'euros d'investissements, 250 000 emplois directs, mais on ne sait pas où. Belle musique, mais à y regarder de plus près, la partition ne tient pas. J'apporte trois bémols à ce bilan enchanteur. Premier bémol, il y a peu de garanties sur les 14 milliards d'euros d'investissements français, en partie publics - Agence française de développement, Trésor. Comment tenir ces engagements quand le Gouvernement coupe 803 millions d'euros dans l'aide publique au développement en 2026, portant la baisse à 40 % depuis 2021 ? Peu de garanties également sur les 9 milliards d'euros africains : ce sont non pas des engagements fermes, mais de simples intentions. Deuxième bémol, j'observe un déséquilibre entre notre engagement et le retour réel : des milliards engagés, des miettes en retour... Je pense à la Banque africaine de développement (BAD), qui doit être l'artisan de la réforme financière africaine, selon le président Macron. La France y a souscrit 10,5 milliards d'euros de capital et verse chaque année plusieurs centaines de millions d'euros au Fonds africain de développement (FAD), sans véritable retour pour notre économie. Je pense aussi à l'AFD. Au Kenya, par exemple, près de 2 milliards d'euros ont été engagés en quinze ans depuis l'ouverture de son bureau sur place. À combien s'élèvent nos échanges commerciaux avec ce pays ? Un montant moyen de 275 millions d'euros par an, qui est stable depuis 2010. Ce sont donc quinze ans d'investissements publics qui n'ont eu aucun effet d'entraînement sur le commerce bilatéral. Voilà l'équation française ! Enfin, troisième bémol, je déplore un défaut de stratégie sur des sujets clés. Les crédits carbone, par exemple : l'Afrique dispose d'un potentiel considérable, et d'autres puissances attaquent déjà ces marchés. La France valorise encore trop peu ses atouts en matière de finance verte, de certification ou de reforestation. Nous avions tout, à Nairobi, pour bâtir un cadre commun, exigeant et transparent au service de notre influence, de nos entreprises et du développement des économies africaines. L'occasion a peut-être été manquée. Madame la ministre, le sommet de Nairobi n'était-il qu'un exercice de communication ? Comment réconcilier les promesses du Président de la République, ... M. le président. Il faut conclure ! M. Jean-Luc Ruelle. ... avec la réalité d'une politique africaine qui voit ses moyens réduits, qui bénéficie de retours déséquilibrés et qui oublie ses atouts ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Mme Eléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Monsieur le sénateur Ruelle, effectivement, le sommet Africa Forward a été un véritable succès : quarante-neuf délégations africaines, soit bien plus qu'à Bamako ; trente-cinq chefs d'État et de gouvernement. Vous l'avez rappelé, 23 milliards d'euros d'investissements sur le continent africain ont été annoncés, et ce dans des secteurs stratégiques. Il est notamment question de la santé. Au regard, par exemple, de ce qui se passe en ce moment avec le virus Ebola, on réalise combien investir dans la santé au plan international est important. Des investissements ont également été annoncés dans les infrastructures, précisément pour le développement de nos partenaires africains. Est-ce un rendez-vous manqué ? Certainement pas. C'est d'ailleurs ce que nous disent nos partenaires africains. Sur les 23 milliards d'euros annoncés, il y a, j'y insiste, 14 milliards d'euros d'investissements privés français qui doivent être réalisés en Afrique et 9 milliards d'euros d'investissements africains dans d'autres pays africains. La Banque africaine de développement, avec son mécanisme ATIDI, que la France soutient, garantit justement ces investissements. La France est présente en Afrique, plus que jamais, contrairement aux idées reçues et au narratif décliniste que l'on entend çà et là. La France est aussi présente au travers des diasporas : 7 millions de Français ont des origines africaines. Ils étaient présents dans les différents événements qui ont eu lieu autour du sommet des chefs d'État et de gouvernement et ils sont aussi disposés à porter ces engagements.
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