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En bref
Le ministère de l'Enseignement supérieur est interrogé sur la suppression d'une voie de recrutement pour les étudiants d'Afrique subsaharienne et du Liban à Polytechnique, et ses effets sur l'attractivité française.
Qui est concerné ?
Les étudiants et établissements d'Afrique subsaharienne et du Liban, ainsi que les acteurs de la coopération éducative internationale, sont directement
À retenir
La filière internationale francophone (FUI-FF) sera supprimée en 2027 pour les candidats d'Afrique subsaharienne et du Liban, mais maintenue pour la Chine.
Cette voie permettait de recruter des talents issus de classes préparatoires locales soutenues par la France.
La réforme contraste avec les engagements français en faveur de la formation et de la mobilité en Afrique et au Liban.
Les partenaires locaux expriment une incompréhension face à cette décision.
L'impact sur l'attractivité des grandes écoles françaises et la cohérence avec la diplomatie universitaire est questionné.
La France a investi dans des écosystèmes académiques d'excellence dans ces régions.
Résumé
L'École polytechnique modifie ses modalités de recrutement international en supprimant, à partir de 2027, une voie spécifique pour les étudiants d'Afrique subsaharienne et du Liban. Cette filière, initialement créée pour accompagner des partenariats locaux, permettait d'intégrer des talents formés dans des classes préparatoires soutenues par la France. La décision, qui maintient cette voie pour la Chine, interroge sur la cohérence avec les objectifs français de coopération éducative et d'influence en Afrique et au Liban.
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Question
M. Jean-Luc Ruelle attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur la réforme des modalités de recrutement international de l'École polytechnique. L'École polytechnique, fleuron de l'enseignement supérieur Français et instrument majeur de l'excellence scientifique et technologique de notre pays, recrute ses élèves ingénieurs selon plusieurs voies d'admission adaptées aux différents systèmes de formation. Parmi elles figurait la filière internationale universitaire francophone (FUI-FF), initialement créée dans le cadre du partenariat avec le Shanghai Paris Elite Institute of Technology (SPEIT), puis étendue aux classes préparatoires d'Afrique subsaharienne et du Liban afin d'accompagner le développement de ces filières d'excellence. Parallèlement, l'École recrute également ses élèves par le concours des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), qui constitue la principale voie d'accès à son cycle ingénieur. À compter de 2027, la filière FUI-FF sera supprimée pour les candidats issus des classes préparatoires d'Afrique subsaharienne et du Liban, qui rejoindront désormais la voie de recrutement CPGE, tandis qu'elle sera maintenue pour le partenariat avec le SPEIT. Cette réforme, dont l'entrée en vigueur a été annoncée deux ans à l'avance, ne soulève pas tant de difficultés quant à sa mise en oeuvre que des interrogations sur ses conséquences en matière d'attractivité, d'influence et de cohérence de l'action publique. Depuis plusieurs années, la France, son réseau diplomatique, l'Agence française de développement, les lycées français, les établissements d'enseignement supérieur et l'École polytechnique ont accompagné le développement de classes préparatoires d'excellence en Afrique subsaharienne et au Liban. Ces partenariats ont permis de faire émerger un vivier de talents scientifiques de haut niveau, avec des résultats particulièrement brillants. Cette évolution suscite une incompréhension chez les partenaires concernés. Elle contraste avec les efforts engagés par la France pour construire, avec les établissements locaux, des écosystèmes académiques d'excellence. Depuis le discours de Ouagadougou jusqu'aux engagements réaffirmés à Nairobi, le Gouvernement a fait de la jeunesse, de la formation, de la mobilité et de l'innovation le coeur de son partenariat renouvelé avec l'Afrique. Le maintien d'une voie spécifique pour le partenariat avec la Chine, parallèlement à sa suppression pour l'Afrique subsaharienne et du Liban, interroge. Enfin, dans un contexte de compétition internationale pour attirer les meilleurs talents scientifiques, cette réforme donne le sentiment que les investissements consentis par la France pour faire émerger des pôles d'excellence en Afrique subsaharienne et au Liban ne trouvent pas leur traduction dans les politiques de recrutement de l'un de ses établissements les plus emblématiques. Elle brouille ainsi le message de confiance, de partenariat et d'investissement dans les jeunesses que la France place au coeur de sa stratégie d'influence. Il lui demande comment le Gouvernement apprécie la cohérence de cette réforme avec la politique française de partenariat avec les jeunesses d'Afrique subsaharienne et du Liban et si son impact sur l'attractivité de l'enseignement supérieur français, sur nos coopérations académiques et sur l'image des grandes écoles françaises a été évalué. Il souhaite savoir quelles mesures il entend prendre afin de préserver l'attractivité de l'École polytechnique auprès des meilleurs talents issus de ces filières d'excellence et comment il entend veiller à ce que les politiques de recrutement des établissements français d'excellence demeurent pleinement cohérentes avec les objectifs de la diplomatie française en matière de coopération universitaire, d'influence et de partenariat avec nos jeunesses à travers le monde.
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