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En bref
Le gouvernement est invité à mener une étude objective sur l'assurabilité des territoires ultramarins en distinguant risques sociaux et risques naturels.
Qui est concerné ?
Les entreprises et collectivités ultramarines, économiquement fragilisées, sont directement concernées par l'assurabilité de leurs activités face aux risques
À retenir
Article 171 de la loi finances 2026 : garantie obligatoire émeutes et fonds de mutualisation instaurés
Les territoires ultramarins confrontés aux cyclones, inondations, séismes et sargasses
Risques naturels aggravés par le changement climatique et leur fréquence
Risque de confusion entre risques ponctuels et majeurs dans les dispositifs assurantiels
Demande d'une cartographie des risques basée sur des données objectives
Distorsions possibles dans l'accès à la couverture assurantielle pour les territoires ultramarins
Résumé
Une garantie obligatoire d'assurance pour les émeutes a été instaurée par la loi de finances 2026 avec un fonds de mutualisation. Les territoires ultramarins subissent des risques naturels majeurs (cyclones, inondations, séismes, sargasses) dont la fréquence et l'intensité augmentent avec le changement climatique. La question vise à obtenir une étude distinguant risques ponctuels et risques naturels tel qu'objectivé par des critères scientifiques et assurantiels transparents. L'objectif est d'éviter des distorsions ou des stigmatisations dans l'indemnisation et l'assurabilité.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
Mme Catherine Conconne attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les modalités d'assurabilité des risques dans les territoires ultramarins, à la lumière des récentes évolutions législatives relatives à la garantie obligatoire des émeutes. L'article 171 de la loi de finances pour 2026 instaure une garantie d'assurance obligatoire des émeutes, accompagnée d'un fonds de mutualisation. Si cette avancée vise à mieux couvrir certains préjudices économiques liés à des mouvements collectifs, elle soulève néanmoins des interrogations quant à son articulation avec l'ensemble des risques auxquels sont exposés les territoires, en particulier ultramarins. En effet, ces derniers sont structurellement confrontés à des risques multiples et spécifiques, au premier rang desquels figurent les catastrophes naturelles (cyclones, inondations, séismes, sargasses), dont la fréquence et l'intensité tendent à s'accroître sous l'effet du changement climatique. Dans ce contexte, elle souligne la nécessité de conduire une étude gouvernementale approfondie sur l'assurabilité des territoires, permettant de distinguer de manière objective et transparente les différents types de risques : d'une part, les risques liés à des dégradations ponctuelles, notamment dans le cadre de mouvements sociaux ; d'autre part, les risques majeurs et structurels que constituent les catastrophes naturelles. Une telle étude permettrait d'éviter toute confusion ou amalgame. En effet, la notion d'« émeute», juridiquement floue, ouvre la voie à des mécanismes de tarification et d'indemnisation fondés sur des critères insuffisamment objectivés. Cette imprécision, combinée à l'absence de critères clairement établis pour la qualification des « émeutes » comme pour la définition des zones à risque, fait peser un risque réel de traitement inégal entre les territoires. Une cartographie des risques insuffisamment fondée sur des données objectives pourrait ainsi conduire à écarter certaines réalités de terrain, générer des effets de stigmatisation et créer des distorsions dans l'accès à la couverture assurantielle, au détriment des assurés et particulièrement des économies ultramarines, déjà fragilisées. À l'inverse, une analyse globale et structurée des risques permettrait de mieux adapter les dispositifs assurantiels, en tenant compte des spécificités locales et des niveaux d'exposition propres à chaque territoire. Dès lors, elle souhaite savoir quand le Gouvernement entend engager une telle démarche d'évaluation globale de l'assurabilité des territoires, fondée sur des critères scientifiques, économiques et assurantiels transparents. Elle l'interroge également sur les garanties qui seront apportées afin d'assurer une prise en compte équilibrée des différents risques, dans les mécanismes d'indemnisation, et d'éviter que la seule référence à la notion d'«émeute » ne structure de manière excessive les politiques publiques en la matière. Enfin, elle souhaite savoir comment le Gouvernement entend garantir une indemnisation effective, équitable et adaptée aux réalités des territoires ultramarins, en particulier en Martinique, dans un cadre qui ne repose pas exclusivement sur des qualifications juridiques incertaines, mais sur une appréciation objective des risques encourus.
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