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En bref
La France est interrogée sur les solutions pour éviter des ralentissements aux frontières transmanche risquant de bloquer jusqu’à 12 000 véhicules par jour en haute saison.
Qui est concerné ?
Les policiers aux frontières, les acteurs touristiques et économiques des Hauts-de-France sont directement impactés.
À retenir
Entry-Exit System adopté par l’Europe en 2017, entré en vigueur le 10 avril 2026
Remplace les tampons par enregistrement numérique et biométrie (photo, empreintes)
Kiosques et tablettes livrés non opérationnels, contrôle manuel obligatoire
Temps de contrôle passé de 40 à 90 secondes par véhicule
84 kiosques à Douvres pour 40 millions de livres, 6,7 millions d’euros à Calais
Trafic estival pouvant atteindre 12 000 véhicules par jour, risque de 10 heures d’attente
Résumé
Le système Entry-Exit, adopté par l’Europe en 2017 et entré en vigueur en avril 2026, remplace les tampons aux frontières par des enregistrements numériques biométriques afin de renforcer la sécurité. En France, les équipements prévus pour automatiser ces contrôles sont non fonctionnels, forçant les policiers à effectuer manuellement les vérifications, avec des conséquences sur le trafic. Les temps d’attente aux points transmanche ont déjà atteint quatre heures et demie en mai, et pourraient dépasser dix heures en haute saison.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Franck Dhersin attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur au sujet de la mise en oeuvre opérationnelle de l'Entry-Exit System. Adopté par l'Europe en 2017 et entré en vigueur le 10 avril 2026, l'Entry-Exit System (système d'entrée-sortie) vise à renforcer la sécurité aux frontières de l'espace Schengen, en améliorant le contrôle des séjours et en permettant de lutter contre la fraude documentaire. Concrètement, le traditionnel tampon du passeport se voit remplacé par un enregistrement numérique et, pour les ressortissants d'un pays hors Union européenne, par l'enregistrement numérique de leur photographie et de leurs empreintes digitales. Un contrôle efficace et a priori fluide. Mais à ce jour, les kiosques et les tablettes numériques livrés par les autorités françaises s'avèrent non opérationnels. De ce fait, les officiers de police aux frontières sont contraints d'enregistrer les données et de procéder à la vérification biométrique de façon manuelle pour chaque véhicule. Ainsi font-ils la navette entre celui-ci et l'aubette dédiée : de 40 secondes par véhicule, le temps de contrôle est passé à 90 secondes. Au total pour les week-ends du mois de mai, le temps d'attente à Douvres a atteint quatre heures et demie, provoquant l'asphyxie de la ville et des axes proches et perturbant le départ de milliers de famille. Pour leur part, les gestionnaires d'infrastructures ont bien réalisé les investissements requis - 84 kiosques à Douvres pour un montant de 40 millions de livres, 6,7 millions d'euros à Calais. À l'approche de la saison estivale, où le trafic transmanche peut culminer à plus de 12 000 véhicules par jour, les modélisations anticipent des congestions supérieures à dix heures. Une telle perspective porterait un préjudice durable à l'attractivité touristique de la France et pénaliserait lourdement les acteurs économiques de la région des Hauts-de-France. Face à cette impasse technique, le Gouvernement entend--t-il faire preuve de pragmatisme réglementaire, afin de sauvegarder la saison touristique ?
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à M. Franck Dhersin, auteur de la question n° 1208, adressée à M. le ministre de l'intérieur. M. Franck Dhersin. Monsieur le ministre, je souhaite attirer votre attention sur la mise en oeuvre de l'entry-exit system, adopté par l'Union européenne en 2017 et entré en vigueur le 10 avril dernier. Ce système vise à renforcer la sécurité aux frontières de l'espace Schengen en améliorant le contrôle des séjours et en luttant contre la fraude documentaire. Concrètement, le traditionnel tampon sur le passeport est remplacé par un enregistrement numérique et, pour les ressortissants d'un pays situé hors de l'Union européenne, par l'enregistrement numérique de leur photographie et de leurs empreintes digitales. Depuis le mois de mai dernier, la mise en oeuvre opérationnelle de l'entry-exit system se révèle peu fluide. En cause : l'informatique, notamment à Boulogne et à Calais, où un dysfonctionnement des tablettes et des kiosques de préenregistrement oblige les officiers de la police aux frontières à effectuer manuellement les contrôles. Les délais d'attente s'en sont trouvés plus que doublés, passant de 40 à 90 secondes par véhicule. À Douvres, principal point d'embarquement vers Boulogne et Calais, le temps d'attente a dépassé les quatre heures au mois de mai, provoquant l'asphyxie de la ville et des axes proches et perturbant le départ de milliers de familles. Cette congestion est telle que les services aéroportuaires ont jugé utile d'interpeller la Commission européenne et de solliciter l'autorisation de faire preuve d'un pragmatisme réglementaire durant la période estivale. Il semblerait qu'ils aient été entendus. En effet, le 10 juillet dernier, la présidente de la Commission européenne a elle-même publiquement admis que beaucoup restait encore à faire pour résorber ces files d'attente. En l'état, alors que le trafic transmanche en cette période de l'année peut atteindre 12 000 véhicules par jour, les modélisations anticipent des congestions dont la durée pourrait être supérieure à dix heures. Je ne doute pas que, à terme, cet effet de congestion se résorbera lorsque le système informatique sera parfaitement fonctionnel. Pour l'heure, je salue l'effort de coopération entre les autorités britanniques et françaises afin de fluidifier la situation. Côté britannique, les autorités ont annoncé qu'elles investiraient 20 millions de livres sterling dans des points de contrôle supplémentaires à Douvres. Côté français, comment le Gouvernement compte-t-il porter au plus près du terrain la récente position de la Commission européenne concernant l'entry-exit system ? Compte-t-il maintenir le nombre d'officiers de police à Douvres ? M. le président. La parole est à M. le ministre délégué. M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur. Vous avez raison, monsieur le sénateur, nous rencontrons une difficulté pratique, opérationnelle de mise en place du nouveau système entrée-sortie. Ce système vise à mieux prévenir l'immigration irrégulière et à renforcer la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Il est donc une nécessité et nous y travaillons. Nous pouvons faire preuve de souplesse dans sa mise en oeuvre jusqu'au 6 septembre. Vous nous demandez si nous allons être pragmatiques : oui, nous le serons. Nous le sommes d'ailleurs déjà, puisque, lorsqu'il y a trop d'attente, nous revenons au système manuel afin de pouvoir concilier la lutte contre l'immigration irrégulière et les fléaux que j'ai mentionnés avec l'attractivité touristique et une vie quotidienne apaisée. L'objectif est bien de collecter l'ensemble des données biométriques concernées. L'industriel titulaire du marché public travaille à des améliorations précises avant la fin de l'été. Dans cette attente, nous renforçons la présence des effectifs à la frontière. Le dialogue continue avec les autorités des ports de Douvres et de Calais, ainsi qu'avec les autorités organisatrices du passage du tunnel sous la Manche, afin que les enregistrements soient les plus fluides possible. Nous renforçons également la présence des gardes-frontières. Je tiens enfin à saluer la mobilisation des forces de sécurité intérieure de la zone du nord, qui sont aussi organisées pour intensifier le contrôle transfrontalier dans cette attente.
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