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En bref
La publication du décret et de l'arrêté sur la liste positive des espèces autorisées à détenir est demandée, ainsi que des informations sur les interventions des secours lors d'évasions d'animaux non domestiques.
Qui est concerné ?
Les particuliers, éleveurs d'agrément et associations de protection animale sont directement touchés par l'absence de cadre réglementaire.
À retenir
Article L. 413-1 A du Code de l'environnement issu de la loi du 30 novembre 2021
Décret et arrêté sur la liste positive non publiés quatre ans après leur mise en place légale
Une dizaine d'évasions de serpents signalées en France en 2026
Demande du calendrier précis de publication et de l'avancement des consultations réglementaires
Demande du nombre d'interventions des services de secours liées aux évasions d'animaux non domestiques
Résumé
La loi du 30 novembre 2021 avait prévu la création d’une liste officielle des espèces non domestiques pouvant être détenues comme animaux de compagnie ou en élevage d’agrément. Quatre ans après cette promulgation, ni le décret ni l’arrêté nécessaires à sa publication n’ont été adoptés. Ce retard maintient un vide juridique qui expose la biodiversité, la santé publique et la sécurité à des risques. Plusieurs cas d’évasions de serpents en 2026 illustrent ces dangers persistants.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Yannick Jadot attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur l'absence persistante de publication du décret et de l'arrêté relatifs à la « liste positive » des espèces non domestiques pouvant être détenues comme animaux de compagnie ou dans le cadre d'élevages d'agrément. L'article 14 de la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes a créé, au sein du Code de l'environnement, un article L. 413-1 A prévoyant qu'un arrêté du ministre chargé de l'écologie fixe la liste des espèces non domestiques autorisées à la détention par les particuliers et les élevages d'agrément. Plus de quatre ans après la promulgation de la loi, ce texte réglementaire n'a toujours pas été publié. Cette carence a pourtant été identifiée comme une priorité par la mission de suivi de l'application de la loi : dans son rapport d'information, le Sénat recommandait de « publier au plus vite l'arrêté sur la liste positive d'espèces autorisées à la détention », rappelant que ce texte est nécessaire à la mise en oeuvre d'autres dispositions de la loi, notamment celles relatives au principe « pas d'interdiction sans solution ». Le 16 avril 2026, le ministre délégué chargé de ce dossier, Mathieu Lefèvre, indiquait lui-même, à l'issue d'une réunion avec les acteurs de la protection animale, dont Code animal, faire du plein et strict respect de cette loi sa boussole et avoir fait un point d'étape sur son état d'application, ce qui témoigne d'une attention politique renouvelée au plus haut niveau, sans qu'elle se traduise pour autant par la publication du texte attendu. Ce retard a des conséquences concrètes. Il maintient un vide juridique qui ne permet pas de lutter efficacement contre le trafic d'espèces sauvages, fragilise la protection de la biodiversité et de la santé publique, et empêche les particuliers, les éleveurs d'agrément ainsi que les plateformes de vente en ligne de connaître précisément le cadre réglementaire qui leur est applicable. Ce vide réglementaire trouve une illustration préoccupante dans la multiplication, depuis le début de l'année 2026, des signalements d'évasions de serpents détenus par des particuliers sur l'ensemble du territoire. La presse locale a ainsi rapporté au moins une dizaine d'épisodes distincts en six mois : un cobra recherché pendant plusieurs jours près de Toulouse (Castelginest), des pythons en fuite à Gravigny, à Aytré, à Orléans et à Narbonne, ou encore des serpents capturés en pleine ville à Wattrelos, Bergerac, Bourges et Morlaix. Ces épisodes, qui mobilisent à chaque fois pompiers, polices municipales et parfois la fermeture temporaire d'écoles ou d'espaces publics par précaution, démontrent que la détention d'espèces non domestiques par des particuliers échappe aujourd'hui à tout encadrement scientifique sérieux, faute de liste positive opérationnelle. Il demande donc au Gouvernement de préciser le calendrier précis de publication du décret et de l'arrêté relatifs à la liste positive, l'état d'avancement des consultations réglementaires préalables, ainsi que le nombre d'interventions des services de secours liées à des évasions d'animaux non domestiques recensées au niveau national ces dernières années, et les mesures envisagées à court terme pour mieux encadrer la détention de ces animaux et limiter les risques pour la sécurité et la santé publiques liés à leur évasion.
Réponse du ministère
Le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le Climat et la Nature (MTEBNICN) est pleinement engagé dans l'élaboration de l'ensemble des textes nécessaires à la mise en oeuvre effective des objectifs fixés par la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, qui vise à renforcer la lutte contre la maltraitance animale et à consolider les liens entre les humains et les animaux. Parmi ces textes, l'arrêté ministériel prévu à l'article 14 de la loi n°2021-1539 du 30 novembre 2021 et établissant la liste positive des animaux non domestiques pouvant être détenus à des fins d'animaux de compagnie ou d'agrément n'a pas encore été publié à ce jour. L'Inspection Générale de l'Environnement et du Développement Durable (IGEDD) dans son rapport publié en avril 2025 a précisé que l'élaboration de cette liste en France devrait prendre en compte des critères de bien-être animal, biodiversité, sécurité sanitaire et acceptabilité par les acteurs de terrain. L'IGEDD a également insisté sur l'importance d'une démarche transparente, scientifiquement fondée et concertée, intégrant les parties prenantes, notamment les acteurs de l'élevage, de la protection animale et les autorités sanitaires, et compatible avec les attentes européennes et les spécificités françaises. Afin de respecter ces recommandations, le ministère s'est engagé dans cette tâche particulièrement longue et complexe, en prenant le temps d'examiner les éléments relevés par les associations de l'environnement sur le projet de liste élaboré, qui concerne en premier lieu les mammifères. L'élaboration de cette liste positive devrait permettre de mieux encadrer la détention d'animaux dangereux. Néanmoins, le cobra à lunettes (Naja naja) qui s'est échappé à Castelginest ne peut actuellement être détenu sans autorisation. L'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles de détention des animaux sauvages en captivité interdit sa détention par des particuliers sans certificat de capacité.
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