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En bref
Que l’institution évalue les effets des réformes AME de 2026 sur l’accès aux soins des femmes migrantes victimes de violences et présente un plan pour éviter le non-recours.
Qui est concerné ?
À retenir
Deux décrets en février 2026 (n° 2026-66 et 67) modifient l'accès à l'AME, avec renforcement des pièces justificatives et élargissement du partage des données
Les mesures visent environ 180 millions d'euros d'économies budgétaires
La fragilisation de l'accès aux soins menace un premier point d'entrée vers protection et signalement pour les femmes vulnérables
Les femmes migrantes, notamment victimes de violences ou en situation de dépendance, disposent rarement des documents requis
Absence d'analyse d'impact genré des réformes signalée dans la question
Résumé
La question parlementaire interroge sur les conséquences des décrets de février 2026 renforçant les conditions d'accès à l'Aide médicale de l'État (AME). Ces réformes, justifiées par la lutte contre la fraude et la recherche d'économies, pourraient pénaliser plus sévèrement les femmes migrantes, notamment victimes de violences conjugales, en complexifiant leur accès aux soins. L'absence de débat parlementaire approfondi sur ces mesures, pourtant à fort impact structurel, est également pointée.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Guillaume Gouffier Valente interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les évolutions récentes de l'aide médicale de l'État (AME) et leurs conséquences concrètes sur l'accès aux soins des personnes en situation administrative précaire, en particulier des femmes. Deux décrets publiés en février 2026 (décret n° 2026-66 et 67) ont substantiellement modifié les conditions d'accès à ce dispositif. Le premier renforce les exigences en matière de pièces justificatives, notamment d'identité, dans un objectif affiché de lutte contre la fraude, tandis que le second élargit l'accès aux données des bénéficiaires à un plus grand nombre d'administrations. Ces mesures s'inscrivent dans une logique d'économies budgétaires estimées à environ 180 millions d'euros. Par ailleurs, plusieurs pistes de réforme, telles que la prise en compte des ressources du conjoint ou encore la restriction du panier de soins, demeurent régulièrement évoquées dans le débat public et parlementaire. Ces évolutions appellent une vigilance particulière au regard de leurs effets différenciés sur les femmes, notamment sur les femmes migrantes. Le renforcement des exigences administratives constitue en effet un facteur supplémentaire d'exclusion pour des publics déjà fortement exposés au non-recours. De nombreuses femmes, en particulier celles confrontées à des situations de violences, d'exploitation ou de dépendance, ne disposent pas toujours des documents requis, ou peuvent en être privées dans le cadre d'une rétention administrative. Dans ces conditions, l'accès aux soins, qui représente souvent un premier point d'entrée vers la protection, l'accompagnement et le signalement, se trouve fragilisé. Dans ce contexte, il lui demande quelles sont les premières évaluations des conséquences de ces décrets sur l'accès effectif à l'AME, en particulier pour les femmes en situation de vulnérabilité. Il souhaite également savoir quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de prévenir une aggravation du non-recours aux soins et ses effets en matière de santé publique. Il l'interroge, par ailleurs, sur l'existence ou la mise en place d'une analyse d'impact genrée de ces réformes. Enfin, il lui demande de préciser les intentions du Gouvernement concernant d'éventuelles évolutions du panier de soins ou l'introduction de nouvelles restrictions d'accès à l'AME, ainsi que les raisons de l'absence de débat parlementaire approfondi sur des mesures aux effets structurels pour l'accès aux soins.
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