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En bref
L'institution doit vérifier la fin effective des paiements de l'Autorité palestinienne aux terroristes condamnés et former une position européenne sur la conditionnalité des fonds européens.
Qui est concerné ?
À retenir
156 millions de dollars de versements en 2025 à des terroristes condamnés et familles de « martyrs » selon le département d'État américain
Le mécanisme « pay-for-slay » se poursuit malgré un engagement de fin signé en juin 2025 et une reconnaissance de l'État palestinien par la France en
Le système a simplement été renommé en « Fondation nationale palestinienne pour l'autonomisation économique »
L'Union européenne est le premier bailleur de fonds via le mécanisme PEGASE financé par NDICI
Des bénéficiaires identifiés étaient parmi les prisonniers libérés en février 2025 lors d'échanges avec le Hamas
Résumé
L'Autorité palestinienne a maintenu en 2025 des versements d'environ 156 millions de dollars à des terroristes condamnés et à leurs familles, malgré ses engagements officiels de mettre fin à ce système. Ces enveloppes, désormais transférées sous une autre structure administrative, contredisent les promesses faites pour obtenir la reconnaissance de l'État de Palestine. La Commission européenne a elle-même constaté un versement récent via l'ancien dispositif, confirmant l'absence de suppression réelle. Dans ce contexte, la France interroge sur les actions européennes pour conditionner les financements à l'arrêt effectif de ces pratiques.
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Question
Mme Constance Le Grip alerte M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la poursuite des versements effectués par l'Autorité Palestinienne au bénéfice de terroristes condamnés et de familles de Palestiniens décédés lors de la commission d'attentats terroristes, malgré les engagements pris par l'Autorité palestinienne auprès de la France à l'occasion de la reconnaissance de l'État de Palestine. Le 22 septembre 2025, le Président de la République avait annoncé, à la tribune des Nations unies, la reconnaissance par la France de l'État de Palestine. Cette décision avait notamment été présentée comme reposant sur des engagements écrits pris par le Président Mahmoud Abbas dans un courrier daté du 9 juin 2025, parmi lesquels figuraient la condamnation des attaques terroristes islamistes du 7 octobre 2023, la démilitarisation du Hamas, son exclusion de la future gouvernance de Gaza, ainsi que la fin du système de paiements (le pay-for-slay) aux prisonniers condamnés pour actes terroristes et aux familles dites de « martyrs ». Or le Département d'État américain a publié, à la fin du mois d'avril 2026, son rapport annuel au Congrès au titre du Taylor Force Act, législation américaine conditionnant l'aide à l'Autorité palestinienne à la cessation effective de ces versements. Ce rapport établit qu'en 2025 l'Autorité palestinienne a versé environ 156 millions de dollars à des terroristes condamnés et aux familles de Palestiniens tués lors de la commission d'attentats terroristes. Il précise également que plusieurs bénéficiaires identifiés figurent parmi les prisonniers libérés lors des échanges intervenus en février 2025 avec le Hamas. Selon ce même rapport, les modifications administratives et le transfert de ces paiements vers une structure dénommée « Fondation nationale palestinienne pour l'autonomisation économique » ne se seraient pas traduits par une suppression effective du dispositif, mais par un simple changement de dénomination. Le ministre des finances de l'Autorité palestinienne, M. Estephan Salameh, l'a lui-même reconnu publiquement en février 2026, déclarant qu'aucun « prisonnier », qu'aucune famille de « martyrs » n'avait été abandonné. Par ailleurs, la Commission européenne a elle-même indiqué, en novembre 2025, regretter qu'un versement ait été effectué au bénéfice de familles de prisonniers sur la base du mécanisme antérieur et ce, alors même que l'Union européenne demeure le principal bailleur de fonds de l'Autorité palestinienne, notamment dans le cadre du mécanisme PEGASE financé au titre du règlement NDICI. Dans ce contexte, elle souhaite connaître les démarches que le Gouvernement entend engager afin d'obtenir la vérification effective de la cessation de ces versements, savoir si la France envisage de conditionner ou de suspendre son aide bilatérale à l'Autorité palestinienne dans l'attente d'un audit indépendant des flux financiers concernés et quelle position la France entend défendre auprès de ses partenaires européens afin de garantir l'application effective de la conditionnalité prévue par le règlement NDICI au décaissement des financements européens versés à l'Autorité palestinienne.
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