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En bref
Le ministre de la Culture est interrogé sur les mesures urgentes à prendre pour protéger et classer le site archéologique du cimetière des esclaves de Raisins Clairs, menacé par l'érosion.
Qui est concerné ?
À retenir
Un cimetière d'esclaves coloniaux du XIXe siècle est progressivement englouti par la mer à Saint-François (Guadeloupe) à cause de l'érosion côtière
Deux fouilles archéologiques (2013 et 2014) ont révélé des ossements humains et des cercueils en bois
Sur 4 400 sites archéologiques en Guadeloupe, 160 sont menacés par la montée des eaux, dont 15 en disparition immédiate
Des solutions locales (jardin mémoriel, digues, réensablement) n'ont pas empêché la dégradation du site
Demande de classement au titre de site patrimonial remarquable et de fouilles préventives sur les sites menacés
Nécessité de protéger le patrimoine historique face aux crises climatiques et à la destruction des sols
Résumé
Un site archéologique majeur en Guadeloupe, correspondant à un ancien cimetière d'esclaves coloniaux, est en voie de disparition à cause de l'érosion côtière sur la plage de Raisins Clairs. Des fouilles ont révélé des sépultures datées du XIXe siècle, mais ce témoignage historique serait perdu sans intervention rapide. Plus de 160 sites archéologiques de l'archipel sont menacés par la montée des eaux, soulignant l'urgence de protéger le patrimoine face au changement climatique. La ministre de la Culture est sollicitée pour lancer des mesures de sauvegarde immédiates.
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Question
M. Christian Baptiste attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur un site historique aujourd'hui en danger à cause de l'érosion côtière, sur la plage touristique de Raisins Clairs, dans la commune de Saint-François en Guadeloupe. En effet, dès 1992, un crâne a été retrouvé par des passants sur la plage donnant lieu à de premières investigations. Ainsi, deux fouilles archéologiques ont été menées, une première en 2013 par la commission Hadès d'archéologie et une seconde en 2014, par l'Institut national de recherches archéologiques préventives. Ces fouilles ont permis de révéler la présence d'ossements humains et de restes de cercueils en bois cloués constitutifs d'un cimetière d'époque coloniale en partie occupé par des esclaves, dont une partie est déjà ensevelie par la mer. Plusieurs solutions ont déjà été étudiées par les acteurs locaux tels que le département de la Guadeloupe ou la mairie de Saint-François, notamment l'établissement d'un jardin mémoriel, le réensablement du site, la construction de digues ou le placement de panneaux commémoratifs sur ce lieu marqué par les traces physiques de l'esclavage. Néanmoins, aucune initiative n'est parvenue à empêcher l'altération du site et il est urgent de favoriser la recherche sur cette période historique et de préserver les ossements aujourd'hui dégradés ou emportés par la mer. Plus largement, en Guadeloupe, d'après le conservateur régional de l'archéologie, Jean-François Modat, parmi les 4 400 sites archéologiques recensés, 800 sont situés à moins de 100 mètres du bord de mer tandis que 160 sont menacés par la montée des eaux avec une quinzaine en train de partir à la mer. Cette situation critique révèle ainsi le manque de protection des sites historiques face à la crise environnementale et à l'intensification des catastrophes naturelles, en l'occurrence l'érosion et le recul du trait de côte touchant les territoires insulaires et littoraux. Il lui demande donc si elle entend lancer la procédure de classement au titre d'un site patrimonial remarquable du cimetière de la plage de Raisins Clairs afin de le protéger, de permettre la poursuite des recherches historiques tout en respectant les sépultures, aujourd'hui particulièrement abimées, de ces personnes esclavisées ; si elle est disposée à faire inscrire par l'État un diagnostic archéologique et des fouilles préventives sur les autres sites menacés de l'archipel guadeloupéen et quelles sont les solutions qu'elle entend apporter pour généraliser cette protection des sites patrimoniaux face aux conséquences du changement climatique et de la dégradation de la biodiversité.
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