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En bref
La question demande le niveau actuel des stocks stratégiques français d'antimoine (tonnes et jours de consommation), les mesures pour sécuriser l'approvisionnement et les raisons du manque d'anticipation depuis 2011.
Qui est concerné ?
Les acteurs industriels stratégiques et les ministères concernés (Défense, Économie) sont directement concernés par cette question.
À retenir
Antimoine classé matière première critique par la Commission européenne depuis 2011.
La Chine contrôle 80 % du raffinage mondial et 50 % de la production minière d'antimoine.
La France ne dispose ni de production minière nationale ni de stocks stratégiques déclarés d’antimoine.
Le prix de l’antimoine a augmenté de plus de 200 % en 2024, dépassant 32 500 $ la tonne
Aucun programme national de stockage ou de diversification n’a été mis en œuvre depuis 2011.
La question demande le niveau des stocks stratégiques français et les mesures engagées ou prévues.
Résumé
L’antimoine est classé matière première critique par l’UE depuis 2011 et joue un rôle clé dans la défense, l’armement et la transition énergétique. Malgré les alertes répétées, la France n’a constitué aucun stock stratégique ni production minière souveraine au cours des quatorze dernières années. Les restrictions à l’exportation chinoises de 2024 ont amplifié la dépendance critique, avec une envolée des prix. La question interroge sur les stocks existants, les actions prévues et les raisons de l’inaction passée.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Antoine Valentin attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie, sur l'absence de stratégie opérationnelle de la France en matière d'approvisionnement en antimoine. Ce métalloïde, indispensable à la fabrication de munitions, de missiles, de chars, de retardateurs de flamme et de panneaux solaires, est classé matière première critique par la Commission européenne depuis 2011. Dès mars 2011, un rapport du Sénat appelait « impérativement » à un effort comparable à celui consenti pour les énergies fossiles au profit des métaux stratégiques, en vain. Quinze ans plus tard, la France ne dispose d'aucune production minière nationale d'antimoine, d'aucun stock stratégique constitué et déclaré et d'aucune capacité de raffinage souveraine. Les deux unités françaises existantes, dans l'Aisne et en Pays de la Loire, ne transforment que du minerai importé. Le 15 septembre 2024, la Chine contrôlant 50 % de la production minière mondiale et 80 % du raffinage, a instauré un régime de licences d'exportation restreint sur l'ensemble des produits d'antimoine, invoquant des considérations de double usage militaire et civil. Le prix de la tonne d'antimoine, déjà en hausse depuis 2020, a progressé de plus de 200 % sur l'année 2024, dépassant 32 500 dollars la tonne en octobre. Cette restriction n'est pas une surprise géopolitique : la Chine avait déjà provoqué une première flambée en 2011 par réduction de ses quotas miniers. Le Center for Strategic and International Studies relevait au moment des restrictions que les États-Unis d'Amérique disposaient de stocks pour vingt jours de consommation et l'Allemagne de stocks de munitions à l'antimoine pour deux jours. La France n'a publié aucun chiffre équivalent. Le Japon, en revanche, constitue depuis plus d'une décennie des stocks stratégiques d'antimoine via son agence nationale des ressources minérales, la JOGMEC. M. le député demande à M. le ministre de préciser le niveau actuel des stocks stratégiques français d'antimoine, qu'ils soient civils ou militaires, en tonnage et en nombre de jours de consommation couverts et d'indiquer si ces données font l'objet d'un suivi consolidé entre le ministère de l'industrie et le ministère des armées. Il lui demande également quelles mesures concrètes le Gouvernement a engagées ou entend engager pour sécuriser l'approvisionnement national en antimoine, notamment au titre du Critical Raw Materials Act européen, et dans quel délai la France entend constituer des stocks stratégiques comparables à ceux de ses partenaires. Il lui demande enfin de préciser pourquoi, alors que l'antimoine figure sur la liste des matières critiques de la Commission européenne depuis 2011 et que le Sénat alertait dès cette même année sur la nécessité d'agir, aucun programme national de stockage ou de diversification de l'approvisionnement en antimoine n'a été mis en œuvre au cours des quatorze années écoulées et si le Gouvernement reconnaît le manque d'anticipation que constitue cette carence au regard des impératifs de souveraineté industrielle et de défense nationale.
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