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En bref
Les maladies cardio-neuro-vasculaires, 2ème cause de mortalité évitable en France, tuent 140 000 personnes par an et nécessitent une stratégie nationale de prévention renforcée.
Qui est concerné ?
Les patients, travailleurs exposés aux risques cardiovasculaires et associations de patients et sociétés savantes concernées par ces maladies.
À retenir
2ème cause de mortalité évitable en France avec 140 000 décès et plus d'1 million d'hospitalisations par an
186 euros par habitant consacrés à la prévention en France contre 457 euros en Allemagne
Dépistage systématique d'hypercholestérolémie familiale chez les enfants dès 6 ans prévu
Intégration des risques cardio-neuro-vasculaires dans les rendez-vous de prévention et Mon bilan prévention
Autorisation pour pharmaciens et kinésithérapeutes de mesurer la pression artérielle en prévention
Sensibilisation annuelle en milieu scolaire dès l'école élémentaire et dépistage en entreprise lors de la visite de mi-carrière
Le débat : qui défend quoi
Pour une stratégie nationale ambitieuse avec dépistage systématique et
Tendance : portée par les groupes de droite et du centre ainsi que le rapporteur et le gouvernement
Pour une approche globale incluant alimentation et déterminants environnementaux
Tendance : défendue principalement par les groupes écologistes et socialistes
Consensus — Tous les intervenants s'accordent sur l'urgence à agir et la nécessité de créer une stratégie nationale pluriannuelle, même si certains regrettent un manque d'ambition sur certains aspects.
Résumé
Un compromis transpartisan a abouti à une proposition de loi créant une stratégie nationale pluriannuelle contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, 2ème cause de mortalité évitable en France. Le texte issu de la commission mixte paritaire renforce les actions de prévention aux âges clés de la vie, systématise le dépistage de facteurs de risque et élargit le rôle de nouveaux professionnels de santé dans la détection précoce. Il s'inscrit dans la continuité du plan Cœur européen adopté en décembre 2025 et vise à réduire les inégalités territoriales et sociales face à ces pathologies.
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Viviane Malet
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, nous nous félicitons de l’accord trouvé en commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires. L’adoption de ce texte marque une grande avancée pour notre politique de santé publique. Elle traduit une prise de conscience attendue depuis longtemps : il s’agit, bien sûr, de l’ampleur du défi que représentent ces pathologies, lesquelles demeurent la deuxième cause de mortalité en France, et même la première chez les femmes. Ces maladies – je le rappelle à mon tour – sont à l’origine de plus de 1 million d’hospitalisations et de 140 000 décès chaque année. Face à cette réalité, nous ne pouvions plus rester sans stratégie nationale dédiée. Il était grand temps de donner à la santé cardio-neuro-vasculaire la visibilité et la priorité qu’elle mérite, en s’inspirant de ce qui a été accompli, avec succès, dans la lutte contre le cancer. Je tiens tout d’abord à saluer l’engagement déterminé de l’auteur de cette proposition de loi, Yannick Neuder. Son initiative permet de répondre à une attente forte des professionnels de santé et des sociétés savantes de cardiologie, qui plaident depuis des années pour la mise en œuvre d’un plan Cœur. Ces acteurs alertent face à la progression silencieuse de ces maladies, en insistant sur leurs conséquences humaines, sociales et économiques. Je souhaite également saluer le travail approfondi mené au Sénat par notre rapporteur, Khalifé Khalifé, qui, avec rigueur, pragmatisme et esprit d’équilibre, a su enrichir le présent texte. Sous son impulsion, notre commission des affaires sociales a renforcé la portée de cette proposition de loi, en y inscrivant clairement le principe d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires. Elle a consolidé les dispositifs de prévention, précisé les modalités de dépistage et recherché un juste équilibre entre ambition sanitaire et impératifs d’ordre opérationnel. Le Sénat a ainsi pleinement joué son rôle : celui d’une chambre qui améliore les textes, en renforçant leur sécurité juridique et en leur donnant une véritable portée. Grâce à ce travail, nous disposons désormais d’un cadre pour agir sur les facteurs de risque, promouvoir une culture de la prévention, renforcer les dépistages aux âges clefs de la vie et mieux organiser les parcours de soins. Ce texte est aussi porteur d’un message d’espoir ; car, si les maladies cardio-neuro-vasculaires représentent un défi considérable, elles sont, pour une large part, accessibles à la prévention. Nous savons aujourd’hui que nombre de leurs facteurs de risque peuvent être identifiés précocement, corrigés et accompagnés. Nous le savons également : agir plus tôt, c’est éviter des drames humains, préserver l’autonomie de nos concitoyens et garantir, à long terme, la soutenabilité de notre système de santé. L’adoption de cette proposition de loi ne constitue pas une fin en soi. Elle ouvre une nouvelle étape : celle de la mobilisation de tous les acteurs et de la construction d’une véritable politique nationale de prévention, à la fois ambitieuse et cohérente. Nous formons le vœu que l’esprit de consensus qui a présidé à l’examen de cette proposition de loi continue de nous guider, car la prévention dépasse les clivages politiques. Elle répond à une exigence simple et essentielle : permettre à chacun de vivre plus longtemps et en meilleure santé. En matière de santé publique, il est des combats qui rassemblent. Celui de la prévention cardio-neuro-vasculaire est assurément de ceux-là. Pour l’ensemble de ces raisons, les élus du groupe Les Républicains voteront ce texte. (Applaudissements au banc des commissions. – M. Marc Laménie et Mme Solanges Nadille applaudissent également.)
Anne Chain-Larché
Sur les articles du texte élaboré par la commission mixte paritaire, je ne suis saisie d'aucun amendement. Le vote est réservé.
Marie-Claude Lermytte
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, vous le savez, en matière de santé, mieux vaut prévenir que guérir. Ce principe de bon sens guide depuis plusieurs années le renforcement de notre politique de prévention. La France a ainsi développé des campagnes nationales de sensibilisation et de dépistage, mais nous devons encore redoubler d’effort. C’est d’ailleurs ce que souligne l’OCDE dans son rapport du 30 juin dernier, estimant que les dépenses consacrées à la prévention demeurent insuffisantes, notamment en matière de lutte contre le tabac et l’alcool. Consciente du véritable fléau que représentent les maladies cardiovasculaires, la Commission européenne a présenté, en décembre dernier, son « plan pour un cœur en bonne santé » afin d’améliorer la prévention, le dépistage et la prise en charge de ces pathologies. Mais la France est à la traîne. À preuve, aucune feuille de route n’a encore été formalisée pour lutter contre ces maladies. Tel est précisément l’objectif de cette proposition de loi : doter la France d’un véritable plan Cœur national. Chaque année, les maladies cardiovasculaires font environ 140 000 victimes, si bien qu’elles constituent la deuxième cause de mortalité dans notre pays. Elles sont également la première cause de décès chez les femmes, loin devant le cancer du sein. Enfin, elles sont l’une des principales causes de handicap durable, notamment à la suite d’un AVC. Au-delà de leur dimension humaine, ces pathologies pèsent considérablement sur les finances de notre système de santé, lequel est déjà exsangue. Je ne vous apprends rien : les hospitalisations, les traitements de longue durée et les arrêts de travail représentent des milliards d’euros de dépenses chaque année. À cet égard, une prévention plus ambitieuse et un dépistage plus précoce jouent indiscutablement un rôle décisif. L’OMS estime ainsi que 80 % des AVC et des crises cardiaques pourraient être évités. Réjouissons-nous que cette CMP ait été conclusive : le texte adopté est enrichi de diverses dispositions, comme le dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires infantiles à l’occasion de la visite médicale obligatoire des enfants à 6 ans. Il élargit, de plus, l’effort de prévention aux milieux tant professionnels que scolaires et facilite l’intervention de certains acteurs de santé, en autorisant les partenariats entre l’éducation nationale, les associations de prévention en santé et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Je me félicite que les dispositions de l’amendement de notre collègue Daniel Chasseing aient été retenues par la CMP. La prévention sera ainsi assurée chaque année, auprès des élèves, dès l’école élémentaire. De même, la détection d’une pression artérielle trop forte, laquelle constitue l’un des principaux facteurs de risque d’AVC, pourra désormais être réalisée par les kinésithérapeutes et les pharmaciens. Mes chers collègues, ces différentes mesures ne pourront produire pleinement leurs effets sans une vision globale. C’est tout le sens de la stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires et leurs facteurs de risque, à laquelle le présent texte ouvre la voie. Une telle stratégie permettra de fixer des objectifs clairs, de coordonner les acteurs de la prévention, du dépistage et de la prise en charge, tout en assurant un suivi régulier des résultats obtenus. C’est en inscrivant cette action dans la durée que nous serons en mesure de relever ce défi majeur de santé publique. Les élus du groupe Les Indépendants – République et Territoires voteront naturellement les conclusions de cette CMP. Puisqu’il me reste un peu de temps de parole, permettez-moi d’avoir quelques mots pour Daniel Chasseing, sénateur de la Corrèze, vice-président de la commission des affaires sociales et membre de notre groupe. M. Chasseing a fait le choix de ne pas se représenter lors du prochain renouvellement sénatorial, en septembre prochain. Je tiens à saluer sa loyauté, sa constance et sa rigueur ; autant de qualités que, jointes à sa grande expérience et à sa fine connaissance des dossiers, il a mises au service de nos travaux. Nous n’oublierons pas la manière dont il a bien voulu nous accompagner tout au long de ces années : qu’il soit assuré de notre gratitude et de notre amitié. (Vifs applaudissements sur les travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains, ainsi qu ’ au banc des commissions.)
Philippe Mouiller
C'est vrai !
Anne Chain-Larché
La parole est à Mme Marion Canalès, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain.
Anne Chain-Larché
La parole est à Mme Anne Souyris, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. (Mme Marion Canalès applaudit.)
Anne Chain-Larché
La parole est à M. Raphaël Daubet, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Mmes Marion Canalès et Nadia Sollogoub applaudissent.)
Anne Chain-Larché
Nous passons à la discussion du texte élaboré par la commission mixte paritaire. Je rappelle que, en application de l’article 42, alinéa 12, le Sénat étant appelé à se prononcer avant l’Assemblée nationale, il statue sur les éventuels amendements présentés ou acceptés par le Gouvernement, puis, par un seul vote, sur l’ensemble du texte. Je donne lecture du texte élaboré par la commission mixte paritaire : I. – Le code de la santé publique est ainsi modifié : 1° ( Supprimé) 2° L’article L. 1411-6-2 est ainsi modifié : a) Le premier alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée : « Lors de ces rendez-vous de prévention, le professionnel de santé peut, en fonction de l’évaluation des facteurs de risques, mettre à la disposition du patient des outils de repérage précoce validés scientifiquement, notamment dans l’espace numérique de santé. » ; b) Le deuxième alinéa est ainsi modifié : – après la première phrase, sont insérées deux phrases ainsi rédigées : « Ils permettent de sensibiliser aux facteurs de risques cardio-neuro-vasculaires, notamment le tabagisme, l’excès de consommation d’alcool, la sédentarité, l’obésité, le cholestérol, le diabète, la maladie rénale chronique et l’hypertension artérielle. Un dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires et des maladies cardiaques structurelles est proposé à l’assuré lors des rendez-vous de prévention, qui comprend une évaluation clinique et biologique et prend en compte les déterminants propres au risque cardio-neuro-vasculaire des femmes. » ; – au début de la deuxième phrase, le mot : « Ils » est remplacé par les mots : « Les rendez-vous de prévention » ; 2° bis Après l’article L. 1411-6-5, il est inséré un article L. 1411-6-6 ainsi rédigé : « Art. L. 1411 -6 -6 . – L’État conduit une politique de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires et leurs facteurs de risques. Il arrête une stratégie nationale pluriannuelle, en coordination avec les organismes de recherche, les professionnels de santé, les usagers du système de santé et tout autre acteur concerné, qui définit les orientations prioritaires en matière de prévention, de dépistage et d’organisation des parcours de soins. Cette stratégie nationale vise à réduire les inégalités de prévention, de diagnostic, de prise en charge et de recherche relatives aux maladies cardio-neuro-vasculaires, notamment les inégalités sociales et territoriales. » ; 3° Après l’article L. 2132-2-2, il est inséré un article L. 2132-2-3 ainsi rédigé : « Art. L. 2132 -2 -3 . – Un rendez-vous de dépistage précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires, notamment de l’hypercholestérolémie familiale, est réalisé dans l’année qui suit le sixième anniversaire de l’enfant par un médecin spécialement formé. Cette obligation est réputée remplie lorsque le médecin atteste sur le carnet de santé mentionné à l’article L. 2132-1 soit de la réalisation de ce dépistage, soit du refus de celui-ci par la personne exerçant l’autorité parentale. » I bis , I ter , II et III. – ( Supprimés) I. – Le code de la santé publique est ainsi modifié : 1° Le dernier alinéa de l’article L. 4161-1 est remplacé par treize alinéas ainsi rédigés : « Le présent article ne s’applique pas : « a) Aux étudiants en médecine ; « b) Aux sages-femmes ; « c) Aux pharmaciens biologistes pour l’exercice des actes de biologie médicale ou pour les prélèvements cervico-vaginaux réalisés dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus ; « d) Aux pharmaciens qui prescrivent ou administrent des vaccins, délivrent sans ordonnance des médicaments, contribuent à l’évaluation et à la prise en charge de situations cliniques ou mesurent la pression artérielle en application du 9° et du 9° bis de l’article L. 5125-1-1 A ; « e) Aux masseurs-kinésithérapeutes qui mesurent la pression artérielle ; « f) Aux infirmiers qui effectuent des consultations infirmières dans des conditions prévues par décret en Conseil d’État, qui prescrivent les produits de santé et les examens ou qui effectuent les actes professionnels et les soins figurant sur la liste prévue à l’article L. 4311-1 ; « g) Aux infirmiers ou gardes-malades qui agissent comme aides d’un médecin ou que celui-ci place auprès de ses malades ; « h) Aux conseillers en génétique qui prescrivent des examens de biologie médicale en application de l’article L. 1132-1 ; « i) Aux physiciens médicaux ; « j) Aux détenteurs d’une qualification professionnelle figurant sur une liste définie par arrêté du ministre chargé de la santé et exerçant, dans la limite de leur formation, l’activité d’assistant médical ; « k) Aux auxiliaires médicaux exerçant en pratique avancée en application de l’article L. 4301-1 ; « l) Aux personnes qui accomplissent, dans les conditions prévues par un décret en Conseil d’État pris après avis de l’Académie nationale de médecine, les actes professionnels dont la liste est définie par ce même décret. » ; 2° Après la première phrase du neuvième alinéa de l’article L. 4321-1, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Il est autorisé à mesurer la pression artérielle de patients dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires. » ; 2° bis Au premier alinéa de l’article L. 4424-1, les mots : « n° 2024-420 du 10 mai 2024 visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires et à améliorer l’accompagnement des victimes » sont remplacés par les mots : « n° … du … visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires » ; 2° ter Au premier alinéa de l’article L. 4431-1, les mots : « n° 2026-373 du 15 mai 2026 facilitant l’exercice en France des médecins diplômés au Royaume-Uni ayant débuté leurs études avant le Brexit » sont remplacés par les mots : « n° … du … visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires » ; 3° Le 9° de l’article L. 5125-1-1 A est complété par un d ainsi rédigé : « d) Mesurer la pression artérielle de patients dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires ; » 4° L’article L. 5521-2 est ainsi modifié : a) Le début du troisième alinéa est ainsi rédigé : « L’article L. 5125-1 est applicable dans les îles Wallis et Futuna dans sa rédaction… ( le reste sans changement) . » ; b) Après le même troisième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « L’article L. 5125-1-1 A est applicable dans les îles Wallis et Futuna dans sa rédaction résultant de la loi n° … du … visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires. » II. – ( Supprimé) Le code du travail est ainsi modifié : 1° ( Supprimé) 2° Le 5° de l’article L. 4622-2 est ainsi modifié : a) Après le mot : « dépistage, », sont insérés les mots : « notamment des campagnes de dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires, » ; b) Après le mot : « sensibilisation », sont insérés les mots : « annuelles aux facteurs de risques mentionnés à l’article L. 1411-6-2 du code de la santé publique, et de sensibilisation » ; c) Sont ajoutés huit alinéas ainsi rédigés : « Les actions d’information et de sensibilisation peuvent notamment être réalisées en partenariat avec : « a) Une association de prévention en santé agréée dans les conditions prévues à l’article L. 1114-1 du code de la santé publique ; « b) Une communauté professionnelle territoriale de santé mentionnée à l’article L. 1434-12 du même code ; « c) Les étudiants en santé, dans le cadre des activités de prévention auxquelles ceux-ci participent au titre du service sanitaire ; « d) Une mutuelle mentionnée à l’article L. 111-1 du code de la mutualité ; « e) Une institution de prévoyance mentionnée à l’article L. 931-1 du code de la sécurité sociale ; « f) Une entreprise mentionnée à l’article L. 310-1 du code des assurances ; « g) Tout organisme, y compris une personne morale de droit privé, dont l’objet comprend la promotion de la santé et la prévention. » ; 3° Après le 3° du I de l’article L. 4624-2-2, il est inséré un 4° ainsi rédigé : « 4° Sensibiliser le travailleur à certains enjeux de santé publique susceptibles d’affecter sa santé au travail, notamment aux facteurs de risques cardio-neuro-vasculaires mentionnés à l’article L. 1411-6-2 du code de la santé publique. Un dépistage précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires et des maladies cardiaques structurelles est proposé au travailleur lors de cet examen. » Le code de l’éducation est ainsi modifié : 1° La première phrase du dernier alinéa du II de l’article L. 121-4-1 est ainsi rédigée : « Les actions de promotion de la santé à l’école peuvent être réalisées en partenariat avec une association de prévention en santé agréée dans des conditions définies par voie réglementaire, avec une communauté professionnelle territoriale de santé mentionnée à l’article L. 1434-12 du code de la santé publique et avec des acteurs de proximité non professionnels de santé. » ; 2° Le premier alinéa de l’article L. 541-1 est ainsi modifié : a) ( Supprimé) b) À la troisième phrase, après le mot : « information, », sont insérés les mots : « notamment sur les facteurs de risques cardio-neuro-vasculaires, » ; c) ( Supprimé) d) Est ajoutée une phrase ainsi rédigée : « Elles sont réalisées une fois par an dès l’école élémentaire dans des conditions fixées par décret. » (Supprimé) Dans un délai de trois ans à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant sa mise en œuvre et présentant une analyse médico-économique des mesures engagées. Ce rapport indique le nombre de personnes ayant bénéficié des actions de dépistage et des actions de sensibilisation au titre de la prévention des maladies cardio-neuro-vasculaires. Il retrace le coût de ces actions et les économies générées grâce à la moindre exposition de la population aux facteurs de risques et à la prise en charge précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires. À ce titre, il évalue notamment l’économie permise par la réduction des dépenses de soins liées aux hospitalisations, aux consultations, aux traitements médicamenteux et aux transports sanitaires ainsi que par les moindres dépenses engagées au titre des indemnités journalières et évalue la hausse du produit intérieur brut imputable à l’amélioration de la productivité de la population cible. (Supprimé)
Khalifé Khalifé
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, il y a tout juste un mois, le Sénat adoptait à l’unanimité la proposition de loi visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires. Ce texte ayant été adopté en des termes différents à l’Assemblée nationale et au Sénat, une commission mixte paritaire (CMP) s’est réunie la semaine dernière. Les échanges constructifs qui s’y sont tenus me permettent de vous présenter aujourd’hui un texte que je crois ambitieux et équilibré. Ce texte, en effet, préserve les apports essentiels des deux chambres. Ainsi, à l’article 1 er , la définition et la conduite d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, fruit des travaux de notre commission, proviennent de la certitude que seule une stratégie globale, portée au plus haut niveau politique, permettrait de freiner la progression de ces maladies que l’on sait responsables de la deuxième cause de mortalité évitable en France. C’est à cette condition que nous pourrons espérer des avancées concrètes dans le champ de la prévention, du diagnostic, du soin, mais aussi de la recherche et de l’innovation. Le texte prévoit par ailleurs que des dépistages des maladies cardio-neuro-vasculaires puissent être réalisés lors des rendez-vous de prévention. La revue de la littérature scientifique nous a aussi permis de proposer un dépistage systématique de l’hypercholestérolémie chez les enfants à partir de l’âge de 6 ans. Ces deux mesures fortes et structurantes constitueront des jalons essentiels de la stratégie de prévention. La rédaction retenue à l’article 2, relatif à la prévention en entreprise, n’a pas fait l’objet d’un accord en première lecture entre les deux assemblées. Convaincus qu’il est nécessaire d’impliquer davantage les services de prévention et de santé au travail, nous avons tenu à préserver un lien direct entre les nouvelles missions ajoutées à celles qu’exercent déjà ces services et l’évaluation de la santé au travail, sachant par ailleurs que le rôle de la médecine du travail n’est pas de se substituer aux professionnels de santé de ville. En définitive, dans la continuité des missions qui leur sont déjà confiées, nous nous sommes accordés en commission mixte paritaire sur la participation des services de santé au travail à des campagnes de dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires et sur un dépistage qui sera proposé au travailleur lors de sa visite de mi-carrière. Ce dernier aura la possibilité de le réaliser au sein de son entreprise ou en ville, auprès d’un autre professionnel de santé. Enfin, le texte préserve les apports du Sénat aux articles 1 er bis et 2 bis , portant respectivement sur la participation des pharmaciens et des masseurs-kinésithérapeutes aux actions de dépistage, notamment de l’hypertension artérielle, et sur la sensibilisation des élèves aux facteurs de risques cardio-neuro-vasculaires dès l’école élémentaire. En conclusion, ce texte constitue une étape essentielle pour concrétiser le plan Cœur qui nous fait tant défaut, et dont l’Union européenne s’est dotée au mois de décembre 2025. Madame la ministre, les sociétés savantes de cardiologie se mobilisent sans relâche depuis des années pour défendre ce plan Cœur en France. Fort de la dynamique actuelle, ce collectif a rédigé un livre blanc qu’il prévoit, si vous en êtes d’accord, de vous remettre très prochainement. Je veux saluer ici l’énergie et la persévérance dont ces professionnels ont fait preuve et me réjouir de la synergie qui s’est établie avec l’auteur de la proposition de loi, le député Yannick Neuder. Je tiens également à souligner l’excellent accueil que vous avez-vous-même réservé à ce texte, madame la ministre. Permettez-moi enfin de remercier l’ensemble des collègues des deux assemblées de leur contribution à l’adoption de ce texte. Le recours à la procédure accélérée aura permis l’adoption définitive de ce texte capital en un temps record. Je forme désormais le vœu que, grâce à votre soutien, madame la ministre, et celui du Gouvernement dans son ensemble, la réflexion autour de ce texte se prolonge au-delà de la promulgation de la loi, au travers d’actes concrets, et ce dans l’intérêt de la santé de nos concitoyens. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC et INDEP, ainsi qu ’ au banc des commissions.)
Marion Canalès
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, toutes les quatre minutes, quelque part en France, une personne est victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Toutes les quatre minutes, une vie bascule, et avec elle, celle d'une famille. Derrière ce texte, il y a une réalité qui ne peut plus être ignorée, mais que notre pays continue trop souvent de regarder de loin, sans que les moyens consacrés soient à la hauteur des enjeux : 1,2 million d'hospitalisations et 140 000 décès chaque année ; des vies qui basculent à cause d'un AVC, d'une insuffisance cardiaque, d'une maladie coronarienne. Je le rappelle, mes chers collègues, les maladies cardio-neuro-vasculaires sont responsables d'un décès sur cinq dans notre pays. C'est un mal silencieux, d'une brutalité sociale et humaine absolue. Et pourtant, ce silence n'est pas une fatalité. C'est précisément ce que nous montrent, depuis des années, l'ensemble des travaux scientifiques, ce que nous rappelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et ce que souligne aussi le rapport d'information sur la prévention en santé que mes collègues Nadia Sollogoub, Marie-Do Aeschlimann et moi-même avons récemment remis. Nous le savons, les moyens consacrés à la prévention existent, mais leur mise en œuvre pâtit d'une gouvernance éclatée, d'un modèle de financement parfois illisible et d'une absence de cap politique clair. Il nous faut donc acter le virage préventif et remédier au défaut d'articulation des différents dispositifs, qui devraient être pensés comme un continuum de prévention et dont les effets ne se feront – hélas ! – pas sentir immédiatement ni même dans les six années à venir, celles de la mandature municipale qui vient de débuter. Cette proposition de loi est-elle à la hauteur de cet enjeu de santé publique majeur ? Disons-le sans détour : non, pas tout à fait, pas complètement. Mais serait-elle inutile pour autant ? Non plus. Elle a le mérite de définir un cadre national, de mieux intégrer le dépistage, de renforcer la prévention en milieu professionnel, d'offrir des possibilités nouvelles aux pharmaciens, aux kinésithérapeutes, aux acteurs de terrain. Et cela, nous y sommes favorables. Mais je veux le dire clairement : ce texte n'est pas, à bien des égards, à la hauteur de l'urgence. D'abord, parce que la prévention reste encore trop souvent une prévention de l'après-coup : on continue de soigner sans jamais prévenir suffisamment. Ensuite, parce que les reculs intervenus au Sénat ont, sur certains points, quelque peu amoindri l'ambition initiale du texte. Nous regrettons notamment que la mention de l'alimentation parmi les facteurs de risque à évoquer systématiquement lors des rendez-vous de prévention, une mesure à laquelle nous tenions et que nous étions parvenus à faire adopter en première lecture au Sénat, ait disparu du texte final. La disposition prévoyant la création d'un dépistage organisé du diabète de type 1 chez l'enfant a également été supprimée. Il s'agit, selon moi, de deux reculs regrettables sur des sujets qui ne devraient pourtant susciter aucun clivage. A aussi parfois été rendu facultatif ce qui devait être structurant. Chacun sait ici ce que cela signifie en matière de prévention : quand c'est facultatif, c'est souvent inégalement appliqué ; et quand c'est inégalement appliqué, ce sont toujours les mêmes populations, les plus vulnérables, qui en pâtissent… La prévention ne peut pas être une variable d'ajustement du système de santé. Elle doit en être le socle ! Pour le reste, ce texte comporte des avancées que nous ne boudons pas : une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, un dépistage précoce de l'hypercholestérolémie familiale chez l'enfant dès l'âge de 6 ans ou encore le renforcement de la prévention à l'école. Mais nous ne pouvons pas sombrer dans la complaisance : la part de la richesse nationale consacrée à la prévention stagne depuis quinze ans ; en France, nous dépensons chaque année en moyenne 186 euros par habitant, quand l'Allemagne en dépense 457 ; et la stratégie nationale de santé 2023-2033 n'a toujours pas été publiée… Il faudra vraiment y consacrer tous vos efforts, madame la ministre. C'était du reste l'une des recommandations de notre rapport d'information. Et pourtant, la stratégie adoptée semble claire : agir plus tôt, plus largement, plus systématiquement sur l'alimentation, la sédentarité, les expositions environnementales, l'accès réel à la prévention dans tous les territoires. Ce sont ces déterminants qui créent un continuum de santé. Cela correspond exactement au changement de paradigme que nous appelons de nos vœux : passer d'un système qui répare à un système qui prévient. Cela revient finalement à adopter une posture One Health , en français « une seule santé ». Cette proposition de loi ne réglera pas tout à elle seule ; elle ne traite notamment pas le défaut chronique de priorisation. Une stratégie nationale de plus, aussi bienvenue soit-elle, ne vaudra que si elle s'inscrit dans une politique globale, financée et évaluée. Comment accepter que des maladies aussi largement évitables continuent de peser à ce point sur notre système de soins, notre économie et nos vies ? Parce qu'il consacre enfin une stratégie nationale pour des pathologies qui tuent chaque jour, parce qu'il donne un peu plus de moyens d'agir aux professionnels de santé, parce qu'il renforce les actions de prévention en milieu scolaire, le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain votera ce texte dont l'initiative revient à Yannick Neuder. Nous le voterons sans naïveté, en responsabilité, et en espérant surtout, mes chers collègues, que ce petit pas ne soit pas le dernier. Car, en matière de prévention, notre pays continue, année après année, de préférer le soin à la santé. Il est temps de revenir sur ce choix ! (Applaudissements sur les travées du groupe UC. – M. Marc Laménie applaudit également.)
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