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Question
M. le président. La parole est à M. Christian Redon-Sarrazy, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.) M. Christian Redon-Sarrazy. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la culture. Madame la ministre, 152 suppressions de postes viennent d'être annoncées au sein du groupe Centre France. Les groupes Ouest-France et Est Bourgogne Rhône-Alpes (Ebra), pour ne citer que ces deux exemples, préparent aussi ce qu'ils appellent pudiquement des plans de transformation. Dans mon seul département de la Haute-Vienne, treize suppressions sont prévues, dont sept à la rédaction, avec pour conséquence la fermeture des deux dernières agences locales. Plus au sud, c'est un maire fraîchement élu qui supprime tout partenariat avec la Dépêche du Midi, ainsi que les accréditations des journalistes pour couvrir les événements culturels de sa propre ville. Nos territoires, déjà gangrenés par le populisme, sont en passe de devenir des déserts médiatiques, où les réseaux sociaux représenteront l'unique source d'information, avec toute la dépendance et le recul des comportements civiques que cela implique. Par nature géographiquement et socialement proches des habitants, les médias locaux facilitent l'accès à l'information et au débat sur des politiques qui concernent directement le quotidien de nos concitoyens. Une démocratie ne peut survivre sans médias de proximité, pluriels et indépendants. Là où ils disparaissent, la participation électorale, la confiance et l'engagement citoyen s'effondrent. Madame la ministre, il y a urgence ! Que comptez-vous faire pour garantir à tous nos concitoyens le droit à une information locale, fiable et indépendante ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la culture. Mme Catherine Pégard, ministre de la culture. Monsieur le sénateur, pour commencer, je veux exprimer ma pensée pour les premiers à être touchés par les difficultés qui, aujourd'hui, frappent la presse quotidienne régionale. Vous l'avez dit : nous devons être conscients de la situation dégradée de la presse régionale et locale. Le Gouvernement y est particulièrement attentif et les annonces du groupe Centre France sont en effet un signal d'alarme. Le sujet ne suscite pas seulement des inquiétudes à l'échelon local. Il soulève en réalité la question de la vitalité de notre démocratie. Répétons-le : rien n'est plus à craindre que ce que l'on appelle les déserts informationnels, qui nourrissent un sentiment d'isolement et privent les Français d'une information de proximité fiable qu'ils ne trouvent nulle part ailleurs. Le fait est que la presse quotidienne régionale est fragilisée dans son modèle économique, notamment par la baisse constante des recettes publicitaires, combinée au désintérêt grandissant de son lectorat, notamment des jeunes, ces derniers s'informant de plus en plus seulement sur les réseaux sociaux. Je souhaite promouvoir des avancées concrètes le plus rapidement possible. Ainsi, les discussions sur un contrat de modernisation de la distribution, engagées depuis deux ans, sont en train d'aboutir. Elles permettront de débloquer une aide financière de l'État à la modernisation de l'outil de production. Le Gouvernement soutient aussi la proposition de loi visant à renforcer l'effectivité des droits voisins des éditeurs et des agences de presse du député Erwan Balanant : son objectif est de permettre une meilleure rémunération des producteurs de contenus par les plateformes. Je souhaite que le Sénat se saisisse rapidement de ce texte. Je reste aussi très vigilante quant à l'évolution des tarifs postaux de la presse. Les travaux ont été engagés pour les années à venir et des concertations seront engagées prochainement. Au-delà de ces éléments, nous devons réfléchir à de nouvelles pistes pour accompagner la transformation structurelle du secteur. Le modèle de la presse régionale est encore très lié au papier, dont les volumes ne cessent de décroître. L'un des chantiers prioritaires est d'accompagner sa transition numérique comme ses relations avec les plateformes. Soyez certains que j'y travaille, en concertation avec toutes les parties prenantes. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.) M. le président. La parole est à M. Christian Redon-Sarrazy, pour la réplique. M. Christian Redon-Sarrazy. Madame la ministre, il est en effet urgent d'agir ! Dans un marché cannibalisé par les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), nous avons besoin d'accords contraignants avec les géants du numérique pour financer l'information de proximité. Nous devons aussi réviser les critères d'aides à la presse pour mieux soutenir les titres ancrés dans les territoires. Voilà deux mesures concrètes : madame la ministre, entendez-vous les mettre en oeuvre pour éviter à nos territoires de basculer vers des déserts informationnels ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST. - M. Fabien Gay applaudit également.)
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