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En bref
Le gouvernement est interrogé sur l'évolution de la gouvernance du Mont-Saint-Michel avant l'échéance de la convention en vigueur.
Qui est concerné ?
Les collectivités territoriales supportant les charges d'accueil et d'entretien, tout comme les associations œuvrant pour la préservation du site, sont
À retenir
3 millions de visiteurs par an pour le Mont-Saint-Michel
Gestion assurée depuis 2020 par une gouvernance duale : Centre des monuments nationaux et établissement public territorial
Convention actuelle arrivant à échéance le 30 juin
Recettes importantes générées par l'abbaye pour le CMN
Charges supportées par les collectivités territoriales et l'établissement public (accueil, mobilité, sécurité, entretien, rayonnement)
Sentiment partagé d'une décision trop centralisée au détriment des besoins locaux
Résumé
Le site du Mont-Saint-Michel, avec ses 3 millions de visiteurs annuels, est géré depuis 2020 par une gouvernance partagée entre le Centre des monuments nationaux et un établissement public territorial. Cependant, la convention qui encadre cette collaboration arrive à échéance le 30 juin et les acteurs locaux font part de difficultés concernant la répartition des recettes et des charges, ainsi que d’un manque de prise en compte des réalités territoriales dans les décisions.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. le président. La parole est à Mme Béatrice Gosselin, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) Mme Béatrice Gosselin. Madame la ministre de la culture, avec 3 millions de visiteurs par an, le Mont-Saint-Michel est l'un des monuments les plus visités de France. C'est aussi l'un des symboles de notre pays connu dans le monde entier. Son insularité fait sa singularité, sa beauté, mais également sa fragilité. Depuis 2020, sa gestion repose sur une gouvernance duale associant le Centre des monuments nationaux (CMN) et l'établissement public du Mont-Saint-Michel. La convention qui relie ces deux instances arrive à échéance le 30 juin prochain. Or l'organisation actuelle montre aujourd'hui ses limites. L'abbaye du Mont-Saint-Michel recueille des recettes considérables et figure parmi les principaux contributeurs du Centre des monuments nationaux. Dans le même temps, les collectivités territoriales et l'établissement public supportent des charges liées à l'accueil des visiteurs, à la mobilité, à la sécurité, à l'entretien des infrastructures et au rayonnement du site. La présidente du Centre des monuments nationaux nous le disait elle-même : pour qu'un monument historique puisse être conservé, il faut qu'il vive. Pourtant, beaucoup d'élus de notre territoire ont aujourd'hui le sentiment que les décisions demeurent excessivement centralisées et que les recettes sont en grande partie destinées au CMN, alors que les besoins spécifiques du Mont ne sont pas suffisamment pris en compte. Madame la ministre, comment le Gouvernement entend-il faire évoluer la gouvernance du Mont-Saint-Michel afin qu'elle soit davantage en phase avec les réalités et les ambitions de ce site exceptionnel ? (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la culture. Mme Catherine Pégard, ministre de la culture. Madame la sénatrice, le Mont-Saint-Michel, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est un site patrimonial singulier à tous les points de vue, dans un environnement naturel qu'il faut aussi préserver. Nous en saluons tous la notoriété universelle et savons l'attachement des Français à ce monument unique de notre patrimoine. Le site a connu un certain nombre d'aménagements nécessaires ces dernières années, qui ont conduit notamment à la création de l'établissement public industriel et commercial (Épic) du Mont-Saint-Michel en 2019, lequel, comme vous l'avez souligné, associe l'État et les collectivités locales. La Cour des comptes a publié en juillet 2025 un rapport dressant un ensemble de recommandations liées à ces changements. À la suite de ce rapport, aux côtés d'autres élus de la région, vous avez fait part au Gouvernement de votre volonté d'engager une nouvelle réflexion quant à la gouvernance du site. Nous travaillons sur cette base avec méthode, dans le dialogue avec les différentes parties prenantes. Le Premier ministre souhaite - c'est ma mission - que le Mont-Saint-Michel puisse se développer comme l'un de nos monuments nationaux emblématiques, qui font rayonner la France dans le monde. Comme vous l'avez souhaité, le Premier ministre vous recevra tout à l'heure avec d'autres élus de la région. Nous aurons donc l'occasion d'en discuter de nouveau. M. le président. La parole est à Mme Béatrice Gosselin, pour la réplique. Mme Béatrice Gosselin. Je vous remercie de votre attention, madame la ministre. Je tiens à préciser que, contrairement à ce qui a pu être dit, il n'a jamais été question de remettre en cause la péréquation financière en faveur des autres monuments historiques que permet l'exploitation du Mont. Toutefois, les difficultés réelles de ce monument posent une question plus large : le modèle très centralisé du Centre des monuments nationaux est-il encore adapté à la gestion et au développement des grands sites patrimoniaux du XXIe siècle ? En tout cas, pour le Mont, une gestion dynamique, adaptée au modèle touristique actuel, serait sans doute plus pertinente, et une reconnaissance plus équitable de ses retombées économiques serait la bienvenue. Je suis convaincue que tout le monde y gagnerait : le Mont, son territoire et même le CMN. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe UC.)
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