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En bref
Le Gouvernement est interrogé sur l'ouverture d'un chantier pour reconnaître la pénibilité des métiers des urgentistes, notamment en matière de retraite et d'usure professionnelle.
Qui est concerné ?
Les professionnels de santé travaillant dans les services d'urgence et les patients dépendant de ces services sont directement concernés.
À retenir
Plus de 6 300 hospitalisations et 2 000 décès supplémentaires enregistrés lors d'un épisode de canicule en juin.
Les urgentistes travaillent dans des conditions extrêmes : chaleur étouffante, locaux inadaptés, afflux de patients et manque de lits.
La pénibilité inclut gardes de nuit répétées, horaires décalés, charge mentale intense et exposition à la souffrance et à la mort.
L'usure professionnelle s'accumule sur le long terme, avec un impact sur l'espérance de vie.
Demande de reconnaissance dans la carrière : travail de nuit, prévention de l'usure et conditions de départ à la retraite.
Résumé
Les métiers de l'urgence médicale sont soumis à une pénibilité physique et psychologique accrue, notamment lors d'épisodes climatiques extrêmes comme les canicules. Les urgentistes font face à des conditions de travail difficiles, avec des horaires décalés, une charge mentale intense et une exposition répétée à des situations critiques. Cette pénibilité, souvent invisible une fois la crise passée, impacte leur santé et leur parcours professionnel. La question porte sur la reconnaissance de cette pénibilité, notamment pour l'aménagement des fins de carrière et les conditions de retraite.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
Mme Brigitte Micouleau attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la reconnaissance des métiers de l'urgence. Alors que notre pays connaît un nouvel épisode de canicule d'une intensité exceptionnelle, les conséquences sanitaires sont déjà dramatiques. Entre le 18 et le 29 juin, plus de 6 300 hospitalisations ont été enregistrées, dont près des deux tiers concernent des personnes âgées de plus de 75 ans. Santé publique France fait également état de plus de 2 000 décès supplémentaires en une semaine. Face à cette situation, le Gouvernement a déclenché la phase 3 du plan ORSAN afin de mobiliser l'ensemble des moyens disponibles. Mais derrière ces dispositifs, il y a une réalité que les chiffres ne disent pas : celle des soignants, et en particulier des urgentistes. Dans des services où la chaleur reste étouffante, dans des locaux parfois insuffisamment adaptés, ils continuent d'assurer la prise en charge des patients. Ils font face à des afflux de malades plus nombreux, à des situations cliniques plus complexes, à des hospitalisations difficiles faute de lits disponibles, tout en réorganisant sans cesse leurs équipes pour maintenir la continuité des soins. Car une canicule ne s'arrête pas lorsque les températures redescendent. Les décompensations, les déshydratations ou les aggravations de pathologies chroniques continuent d'affluer plusieurs jours après le pic de chaleur. Les services d'urgence restent mobilisés bien au-delà de l'événement météorologique. Les urgentistes sont formés à gérer les crises. Ils l'ont démontré pendant la pandémie de covid-19. Ils étaient présents lors des attentats. Ils le sont aujourd'hui face aux conséquences du dérèglement climatique. À chaque crise, ils répondent présents. Pourtant, à chaque crise, leur engagement exceptionnel semble redevenir invisible une fois l'urgence passée. Cette succession d'événements exceptionnels, qui deviennent une nouvelle normalité, rappelle avec force la pénibilité physique, psychologique et organisationnelle de leur métier. Une pénibilité qui ne se résume pas à la fatigue d'un épisode de crise, mais qui s'accumule au fil des années : gardes de nuit à répétition, horaires décalés, exposition à l'urgence vitale, charge mentale intense, confrontations quotidiennes à la souffrance et à la mort, usure physique et psychologique et espérance de vie raccourcie. Cette réalité doit enfin être reconnue dans leur carrière, notamment en matière de travail de nuit, de prévention de l'usure professionnelle, d'aménagement de la fin de carrière et des conditions de départ à la retraite. Elle lui demande donc quand le Gouvernement ouvrira le chantier de la reconnaissance de la pénibilité du métier d'urgentiste, afin que leur engagement au service des Français soit enfin pris en compte dans leur parcours professionnel.
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