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En bref
Cette proposition de loi vise à supprimer les avantages à vie accordés aux anciens présidents de la République, tels que les dotations financières, les frais de personnel et les dépenses logistiques.
Qui est concerné ?
Les contribuables français sont directement concernés par cette proposition de loi.
À retenir
Suppression de la dotation annuelle de 65 000 euros pour les anciens présidents
Fin de la prise en charge des frais de personnel, de logement et de déplacement
Maintien possible d'une protection policière si une menace est avérée
Les dépenses de sécurité seraient rendues publiques
Coût actuel des avantages pour deux anciens présidents : plus de 4 millions d'euros par an
Objectif
Mettre fin aux privilèges jugés excessifs des anciens présidents de la République pour rétablir la confiance des citoyens dans les responsables politiques.
Résumé
Cette proposition de loi propose d'abolir les avantages à vie accordés aux anciens présidents de la République, incluant les dotations financières, les frais de personnel, de logement, de déplacement et de représentation. Seule une protection policière pourrait être maintenue en cas de menace avérée. Les dépenses de sécurité seraient alors rendues publiques. Actuellement, ces avantages coûtent plus de 4 millions d'euros par an pour deux anciens présidents.
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Exposé des motifs
M esdames , M essieurs , « Monsieur Macron se plaint que le social appliqué aux pauvres coûte un pognon de dingue. Il y a une autre chose qui coûte un pognon de dingue : ce sont nos élus et anciens élus. » Cette phrase est extraite des Cahiers de doléances des Gilets jaunes du Morbihan. Comme toutes les revendications de l’hiver 2018‑2019, elle a fini aux oubliettes. Bien qu’on ne compte aujourd’hui plus que deux anciens Présidents de la République vivants, le budget qui leur est alloué n’a jamais été aussi conséquent. À eux deux, M. Nicolas Sarkozy et M. François Hollande coûtent aux Français plus de quatre millions d’euros par an. Cette somme est liée, en premier lieu, aux avantages décrits dans le décret n° 2016‑1302 du 4 octobre 2016 « relatif au soutien matériel et en personnel apporté aux anciens Présidents de la République ». Ce décret stipule que les anciens Présidents de la République ont droit, à la fin de leur mandat, à un cabinet de sept collaborateurs permanents (chef de cabinet, assistants, secrétaires, etc.) et deux agents de service. Cinq ans après la fin de leur mandat (et pour toujours), on passe à trois collaborateurs et un agent de service, toujours payés par l’État. Pour les loger, un ancien président dispose d’un local de fonction meublé et équipé, dont le loyer, les charges et les frais généraux, y compris le téléphone, sont pris en charge par l’État. Ses frais de réception, de représentation et de déplacements sont aussi payés par les impôts. Et les anciens chefs de l’État disposent d’une voiture de fonction avec chauffeurs. L’ensemble de ces dépenses immobilières, de personnel, de logistique, de dépenses informatiques, de frais de réception, de déplacements et de représentation ont coûté à l’État, en 2023, 718 450 euros pour Nicolas Sarkozy, et 598 714 euros pour François Hollande ( [1] ) . À ces dépenses « courantes », il convient d’ajouter les dépenses de sécurité. Dans une réponse à la question écrite n° 9580 de la députée Mme Christine Pirès‑Beaune, on apprend que : « Les dépenses de sécurité (protection humaine assurée par la police ou la gendarmerie et moyens sécurisés de déplacement) prises en charge par le ministère de l’intérieur s’élèvent en 2022 à 1 303 050 € pour le Président M. Nicolas Sarkozy et à 1 210 286 € pour le Président M. François Hollande » ( [2] ) . Enfin, l’article 19 de la loi n° 55‑366 du 3 avril 1955 stipule qu’un ancien Président bénéficie d’une « dotation annuelle d’un montant égal à celui du traitement indiciaire brut d’un conseiller d’État en service ordinaire », soit environ 65 000 euros par an. Qu’il percevra toute sa vie. Et s’il décide de siéger au Conseil constitutionnel, comme il en a le droit, il touchera en plus 172 500 euros bruts par an. Les anciens Présidents de la République ont ainsi coûté à l’État 4 035 999 euros en 2022 – 2 087 459 euros pour M. Nicolas Sarkozy et 1 948 540 euros pour M. François Hollande. Depuis la fin de son mandat, le total avoisine les 27 millions pour M. Nicolas Sarkozy et les 16 millions pour M. François Hollande. Et s’y ajouteraient bientôt, donc, deux millions d’euros par an pour M. Emmanuel Macron… et pour longtemps : il quittera l’Élysée avant ses cinquante ans. Nous devons abolir ces privilèges, mettre fin à ces pratiques d’ancien régime. Pas pour les finances publiques : cela ne résoudra évidemment pas le problème des 3 500 milliards de dette publique, créée par M. Sarkozy, Hollande et Macron. Non, nous devons le faire par décence et par bon sens : les dirigeants sont souvent les premiers à appeler les Français à faire des efforts, voire des sacrifices, sans s’appliquer ce principe à eux‑mêmes. Nous devons le faire pour rétablir la confiance de la population envers nos responsables politiques : une fois le mandat achevé, chaque élu redevient un citoyen ordinaire. À l’exception de la protection policière, si une menace est avérée. D’autres pays l’ont compris. Dans bien des cas, et pas que dans les pays scandinaves, les anciens chefs d’État et de gouvernement ne bénéficient pas d’avantages à vie, ni voiture ni chauffeur, ni bureau ni équipe permanente. L’Égalité au fronton de nos mairies, au cœur du triptyque républicain, impose qu’on en fasse de même en France. L’article unique de cette proposition de loi vise ainsi à supprimer les avantages à vie accordés aux anciens Présidents de la République. [1] Rapport spécial du 19 octobre 2024 de Mme Marie-Christine Dalloz sur la mission Direction de l’action du Gouvernement (annexe n°14 au PLF 2025). [2] Réponse à la question écrite n° 9580 de Mme Christine Pires-Beaune (réponse publiée au Journal officiel le 10 octobre 2023)
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