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En bref
L'État doit expliquer sa stratégie pour éviter l'abandon de Symbio et de la filière hydrogène malgré les investissements et le retrait d'un acteur majeur.
Qui est concerné ?
Les entreprises et travailleurs de la filière hydrogène, particulièrement à Saint-Fons et dans la vallée du Rhône, sont directement concernés.
À retenir
Investissement public de 1,9 milliard d'euros pour la filière hydrogène en 2021
Usine Symbio inaugurée en 2023 à Saint-Fons (Vallée du Rhône) avec 350 millions d'euros d'aides
Stellantis s'est retiré à la fois comme actionnaire et premier client
Menace de licenciements massifs des trois quarts des employés
Manque de stations de recharge en hydrogène en France pour les véhicules
Demande de maintien de l'État dans les conseils d'administration des entreprises soutenues
Résumé
L'État a investi massivement dans la filière hydrogène française, notamment à travers Symbio, une entreprise installée dans la vallée du Rhône. Après l'inauguration médiatisée de son usine en 2023 et des centaines de millions d'euros d'aides publiques, la situation s'est dégradée avec le retrait de Stellantis et l'absence de stations de recharge. Cela met en péril la survie de Symbio et interroge la cohérence de la stratégie publique face à ces désengagements.
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Question
M. François Ruffin interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique : l'État va-t-il abandonner Symbio et la filière de la pile à hydrogène ? C'était la mode, il y a quelques années : l'hydrogène allait servir à tout. Il fallait investir beaucoup, partout, vite. En 2021, Emmanuel Macron a ainsi promis 1,9 milliard d'euros pour construire la filière. Dans la vallée du Rhône, la vallée de la chimie, Symbio fut le symbole de cet engouement : « l'usine du futur » fut inaugurée en grande pompe, en 2023, à Saint-Fons, en présence des ministres de l'industrie et de la transition énergétique. Avec 350 millions d'euros d'aides publiques, avec l'entrée de Stellantis au capital et la commande de piles pour les voitures de la marque, les emplois furent multipliés par quatre, avec des chercheurs venus du monde entier, d'Afrique du Sud, d'Inde, etc. Et ils ont réussi à produire des piles à hydrogène, pour les poids lourds, les utilitaires et les bus. De quoi participer, avec d'autres outils, à sortir les mobilités des énergies fossiles, dans l'intérêt du pays et de la planète. Mais voilà que patatras : la mode est passée. Car le souci, comme l'avaient alerté les salariés, c'est que des maillons de la filière sont manquants, que l'État ne les a pas bâtis et le privé non plus. En particulier, les stations de recharge en hydrogène, quasi inexistantes en France. Du coup, Stellantis s'est retiré, à la fois comme actionnaire et comme premier client de Symbio. De quoi mettre un coup d'arrêt au développement de l'entreprise, avec le licenciement des trois quarts des employés. Aujourd'hui, l'horizon s'assombrit chez Symbio. Les salariés quittent l'entreprise, dégoûtés. D'autres s'accrochent. Pendant qu'en Chine, les dirigeants continuent de développer la filière hydrogène, comme ils l'ont fait sur l'électrique. Il lui demande donc comment le Gouvernement entend prendre ses responsabilités pour que, pour tout euro d'argent public investi, l'État siège dans les conseils d'administration et y maintienne une stratégie dans la durée, et pour que, notamment, la filière hydrogène ne soit pas abandonnée.
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