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En bref
L'UE est interrogée sur les mesures d'assouplissement du dispositif français de facturation électronique imposé aux entreprises à partir de 2027.
Qui est concerné ?
Les petites entreprises et artisans, notamment non sédentaires, sont directement exposés aux risques économiques et techniques de la réforme.
À retenir
Obligation de facturation électronique B2B pour toutes les entreprises françaises à partir de septembre 2027
La France a obtenu une dérogation à la directive TVA de l'UE pour généraliser le dispositif
Seuls cinq pays de l'UE ont généralisé le dispositif B2B à ce jour
Le recours à des plateformes privées (PDP) payantes remplace le PPF gratuit initialement promis
Liste des PDP agréées incomplète, arrêtés non tous publiés, tests en cours
Entreprises, notamment petites/micro et non sédentaires, exposées à des coûts et un manque de visibilité
Résumé
Cette question concerne l'accélération imposée par la France pour la facturation électronique B2B à partir de 2027, via une dérogation à la directive TVA UE. Le dispositif, généralisé sans distinction de taille ou de secteur, s'écarte du cadre européen où seuls cinq États membres ont adopté une telle mesure. Les entreprises, en particulier les plus petites, subissent des coûts supplémentaires avec l'obligation d'utiliser des plateformes privées, dans un contexte de flou juridique et technique persistant. Les principes de protection des données et de proportionnalité dans la collecte sont également questionnés.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Pierre-Yves Cadalen attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les arbitrages réalisés par la France dans la mise en œuvre de la réforme de la facturation électronique et du e-reporting, ainsi que leurs conséquences pour le tissu économique local. Au 1er septembre 2027, toutes les entreprises françaises se verront opposées l'obligation d'émettre des factures électroniques, notamment pour l'ensemble des transactions business to business (B2B). Le Gouvernement, en décidant de déroger formellement auprès du Conseil de l'Union européenne concernant la directive TVA plutôt que de maintenir le cadre légal européen, a décidé d'imposer une accélération de la transition numérique. Par conséquent, en choisissant d'élargir le dispositif aux transactions B2B sans opérer aucune distinction de taille ou de secteur d'activité, le Gouvernement a fait un choix de sur-réglementation qui ne découle pas des contraintes de l'Union européenne, comme en témoigne le fait que seuls cinq pays membres ont fait le choix d'une telle généralisation à ce jour. De plus, le Gouvernement est revenu sur son engagement initial de mettre à disposition un portail public de facturation (PPF) entièrement gratuit, destiné à protéger les entreprises de frais supplémentaires. En effet, le recours à des plateformes de dématérialisation partenaire (PDP) privées entraîne nécessairement une logique de lucrativité auprès des entreprises soumises à l'obligation. C'est aussi un échelon supplémentaire qui alourdit la facturation numérique pour l'employeur. Cette situation engendre un flou juridique au regard de la communication active de l'administration, pressant les entreprises de s'équiper. À ce jour, la liste des plateformes agréées n'est pas finalisée, les arrêtés ne sont pas tous publiés, les phases de test ne sont pas complètement terminées. Les entreprises se trouvent ainsi dans l'impossibilité de sécuriser leur transition numérique. Dès lors, les petites et micro entreprises se trouvent dans une situation de forte précarité. En effet, elles ne peuvent pas investir dans un abonnement imposé par les opérateurs privés adéquat sans réelle assurance de pérennité. C'est le cas notamment pour les professionnels non sédentaires présents sur les marchés qui ne sont pas non plus toujours équipés pour avoir une bonne maîtrise numérique. Enfin, ce dispositif soulève de graves inquiétudes quant à la protection des données des entreprises. Le volume de données collectées interroge la conformité de la réforme avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD), notamment le principe de minimisation des données et le principe de limitation des finalités posé par son article 5. Au regard de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) et du Conseil d'État, les principes de proportionnalité et de sauvegarde du secret des affaires apparaissent ici fragilisés. Face à ce manque de visibilité technique et juridique et vis-à-vis des difficultés économiques accrues de certains types de commerces, d'artisans et d'agriculteurs, il lui demande quelles mesures d'assouplissement, de sécurisation juridique et de soutien financier le Gouvernement entend mettre en œuvre pour adapter ce dispositif à la réalité des entreprises en difficulté.
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