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En bref
Ce qui est demandé à la ministre : quelles mesures urgentes pour protéger les maîtres-nageurs et usagers des risques sanitaires liés à la trichloramine dans les piscines municipales ?
Qui est concerné ?
Les piscines municipales, gérées par les collectivités territoriales, et leur personnel sont directement exposés aux risques liés à la trichloramine.
À retenir
Seuil maximal de chlore dans les piscines : 0,6 mg/L
75 % des maîtres-nageurs déclarent des maux de gorge, 80 % une inflammation oculaire, 85 % une fatigue chronique
L'Anses publie une alerte en mars 2025 sur les risques liés à la chloramine
Délai moyen de 3 à 5 ans pour reconnaître une maladie professionnelle
Absence de contrôle systématique de l'air et d'aération adéquate dans les piscines
Arrêt de l'obligation de vidange annuelle depuis le 29 novembre 2025
Résumé
Les piscines municipales utilisent du chlore pour désinfecter l'eau, mais cette pratique génère de la trichloramine, un gaz toxique issu de la combinaison avec la sueur ou l'urine. Les maîtres-nageurs exposés souffrent de symptômes respiratoires sévères et de maladies professionnelles reconnues par l'Anses. Cependant, la médecine du travail peine à établir rapidement le lien avec l'exposition. À cela s'ajoute l'absence de contrôles de l'air et la suppression récente des vidanges annuelles, qui aggravent la situation et exposent davantage travailleurs et usagers.
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Question
M. Pierre-Yves Cadalen appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation alarmante d'intoxication à la chloramine dans les piscines municipales. En France, les piscines municipales sont des équipements particulièrement importants dans le paysage des collectivités territoriales. Leur usage est strictement conditionné à une garantie de qualité de l'eau. Pour cela, les piscines utilisent des produits à base de chlore dont le seuil maximal est de 0,6 mg/L. La présence de chlore dans l'eau ne présente pas de danger immédiat dans de faibles proportions. Or lorsqu'il se combine avec des matières organiques comme la sueur ou l'urine, il se transforme en un gaz toxique appelé trichloramine. Au contact de ce gaz, de nombreux symptômes respiratoires et maladies professionnelles sont possibles. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a lancé l'alerte en mars 2025. Elle constate un mal-être généralisé au travail. Sur un total de 474 maîtres-nageurs, 75 % font état de maux de gorge, 80 % ont des inflammations régulières aux yeux et près de 85 % constatent une fatigue chronique due à la gestion sanitaire de la piscine. Plusieurs pathologies apparaissent aussi, comme des rhinites récidivantes, de l'asthme et d'autres insuffisances respiratoires chroniques. Le lien entre ces pathologies et l'exposition aux produits chlorés reste difficile à prouver pour le personnel exposé. La médecine du travail, dans un premier temps, diagnostique majoritairement de simples symptômes viraux. Leur reconnaissance en maladie professionnelle est plus longue et difficile. Pour certains, il faut en moyenne 3 à 5 ans pour établir le lien entre les conditions de travail et les symptômes. Dans ce cas, l'absence de contrôle de l'air dans les piscines, notamment du taux de trichloramine, ne permet pas de garantir la sécurité des usagers et des professionnels. Cette inaction va d'ailleurs à l'encontre des recommandations de l'Anses. Les piscines sont aussi dépourvues d'un système d'aération de qualité qui permettrait une meilleure prévention des risques. Enfin, depuis le 29 novembre 2025, le Gouvernement a cessé d'obliger les collectivités à procéder à une vidange annuelle. Cet assouplissement accroît d'autant plus la concentration de chlore combiné dans l'eau et expose davantage les professionnels et les usagers à des contaminations. Il lui demande quelles mesures urgentes elle compte prendre, face à ce constat, pour répondre à l'urgence sanitaire à laquelle les maîtres-nageurs et les usagers sont exposés.
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