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Question
M. le président. La parole est à Mme Marie-Pierre Bessin-Guérin, pour le groupe Les Indépendants - République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP. - Mme Solanges Nadille applaudit également.) Mme Marie-Pierre Bessin-Guérin. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale. La Loire-Atlantique a été frappée, il y a un an, par un drame qui a profondément marqué nos concitoyens, bien au-delà du département : une attaque au couteau dans un lycée nantais a coûté la vie à une élève de 16 ans. Le 10 avril dernier, un autre tragique événement a eu lieu dans un lycée d'Ancenis, où une jeune fille a été gravement blessée par un élève en situation de fragilité psychologique. Cette nouvelle agression interroge une nouvelle fois sur la capacité de notre système éducatif à prévenir les violences et à accompagner les jeunes en grande souffrance psychologique. Selon le procureur de Nantes, le mis en cause du drame du mois dernier présentait des fragilités connues qui l'avaient conduit à une prise en charge aux urgences psychiatriques. Pourtant, ce drame n'a pu être évité. Face à la recrudescence des signalements de couteaux en milieu scolaire, en hausse de 15 % entre février 2024 et février 2025, le Gouvernement a renforcé les contrôles des sacs, permettant la saisie de 525 armes blanches l'année dernière. Ces mesures, nécessaires à court terme, ne doivent pas conduire à exclure une véritable politique de prévention et d'accompagnement de la santé mentale des élèves. Un constat alarmant est dressé dans deux rapports parlementaires de 2025 sur la santé mentale des mineurs : près d'un jeune sur cinq présente des troubles psychiques et l'école, souvent premier lieu de repérage, manque cruellement de moyens. Il y était proposé la formation systématique des enseignants et du personnel éducatif à la détection des signes de détresse psychologique, la création de cellules de soutien psychologique dans chaque établissement et, surtout, le renforcement des liens entre l'éducation nationale et les acteurs de la santé mentale. Monsieur le ministre, lesquelles de ces propositions vous semblent prioritaires et quand envisagez-vous de les mettre en oeuvre ? (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale. M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice, vous avez raison : la santé mentale est un enjeu majeur. J'en ai fait l'une de mes trois priorités le jour de mon arrivée au ministère, car nous voyons que les jeunes sont objectivement vulnérables d'un point de vue psychique : un sur trois connaît des troubles anxiodépressifs au cours de sa scolarité au collège et au lycée. Je décrirai plusieurs mesures relatives à ce phénomène, car ce dernier est en réalité extrêmement complexe. La réponse ne peut donc que résulter d'une stratégie globale. Premièrement, en termes de capacité humaine à repérer et à prendre en charge, nous avons inversé pour la première fois la tendance en créant, dans la loi de finances pour cette année, des postes d'infirmiers, de psychologues et d'assistants sociaux. Cette trajectoire devra, à mon avis, être poursuivie : il nous faut être en mesure de recruter. En outre, nous comptons d'ores et déjà 8 000 de ce que nous appelons des « personnels repères », c'est-à-dire des agents plus experts, formés dans le second degré pour détecter et orienter les jeunes concernés. Deuxièmement, comme je vous l'avais annoncé - nous y sommes enfin, malgré un retard qui nous est imputable, mais qui était nécessaire pour nous assurer que le mécanisme fonctionne -, Stéphanie Rist, ministre de la santé, et moi-même sommes en train de mettre en place un dispositif « coupe-file » afin d'assurer la prise en charge d'un élève quand un médecin ou une infirmière scolaire l'oriente vers la médecine de ville. En effet, autant nous pouvons détecter et orienter, autant nous ne pouvons pas suivre les élèves en tant que patients au sein de la médecine scolaire. Troisièmement, s'agissant des faits symptomatiques - vous en avez parlé également -, Laurent Nunez et moi-même avons massifié les contrôles : 20 500 en un an et 800 armes blanches saisies, pour assurer une prévention à l'entrée des établissements. Vous voyez toutefois que je place cette mesure en bout de chaîne... Quatrièmement - je suis désolé de le répéter, mais le constat est important -, tout ne peut pas se faire à l'école. Les familles ont un rôle à jouer dans la détection des troubles mentaux, tout comme la société dans son ensemble. Les autres ministres de ce gouvernement et moi-même partageons un objectif singulier : la protection de l'enfance. Je rappelle que, sur les cinq adultes poignardés l'année dernière dans le milieu scolaire, quatre l'ont été par des jeunes qui étaient sous mesure sociojudiciaire. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
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