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En bref
La question demande à la ministre de préciser les mesures pour soutenir les agriculteurs victimes et lutter contre les distorsions de concurrence créées par la prolifération de géomyzes.
Qui est concerné ?
Les éleveurs dont les animaux sont nourris au maïs sont directement concernés par les pertes de production et la hausse des coûts alimentaires
À retenir
80 % des parcelles de maïs en Mayenne touchées par la prolifération
30 000 hectares ont déjà dû être ressemés
7 millions d'euros de pertes estimées pour la ferme Mayenne
Le traitement efficace Lumiposa interdit depuis 2017
Aucune solution curative traditionnelle disponible
Interdiction européenne sans solution de substitution technique
Résumé
La question parlementaire alerte sur la prolifération massive de mouches géomyzes dans les cultures de maïs, particulièrement en Mayenne. Les agriculteurs subissent des pertes de production importantes et des coûts supplémentaires liés aux ressemis. Aucun traitement efficace n'est disponible depuis l'interdiction du produit Lumiposa en 2017. La question interroge également sur les distorsions de concurrence subies par la filière agricole française.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. le président. La parole est à M. Guillaume Chevrollier, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) M. Guillaume Chevrollier. Madame la ministre de l'agriculture, lundi dernier, ma collègue Élisabeth Doineau et moi-même nous sommes rendus sur le terrain à la rencontre d'agriculteurs de la Mayenne, confrontés à une prolifération de mouches géomyzes, qui frappe les semis de maïs. Nous avons vu des parcelles ravagées. À ce jour, 80 % d'entre elles sont touchées et 30 % ont déjà été ressemées, soit 30 000 hectares, ce qui entraîne des charges supplémentaires - je pense notamment à l'acquisition de gazole non routier (GNR), dont le prix est élevé. L'agriculture a besoin de maïs pour sa production de lait et de viande, à la fois bovine et porcine. Moins de fourrage et moins de production, ce sont des revenus en baisse pour les agriculteurs et des prix en hausse pour les consommateurs. Face à ce nuisible, les agriculteurs sont démunis - comme avec les corbeaux -, car ils n'ont aucune assurance ni solution curative. Depuis 2017, le Lumiposa, seul traitement réellement efficace, est interdit en France, sans solution de substitution sur le plan technique, alors qu'il reste autorisé à l'échelon européen. Si une dérogation d'utilisation est accordée, les contraintes qui l'accompagnent en réduisent considérablement la portée, notamment dans les parcelles drainées. Les agriculteurs doivent donc multiplier les semis pour sécuriser les fourrages, dans une logique de prévention coûteuse, alors qu'ils subissent déjà les effets d'aléas climatiques. Je refuse d'opposer agriculture et biodiversité, mais je refuse aussi une écologie sans solution, qui laisse les agriculteurs dans l'impasse. Cette invasion met une nouvelle fois en péril la compétitivité de la ferme France et notre souveraineté alimentaire en déclin, qui devrait pourtant être une priorité stratégique, surtout dans le contexte géopolitique actuel. La ferme Mayenne a déjà évalué les pertes liées à la mouche géomyze à 7 millions d'euros. Derrière ce chiffre, il y a des femmes et des hommes attachés à leur terre. Devant cette situation d'urgence, madame la ministre, allez-vous soutenir les agriculteurs concernés, notamment via le fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) ? Quelles mesures comptez-vous prendre pour sécuriser les solutions de protection des cultures et, plus globalement, pour lutter contre les distorsions de concurrence ? (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur Guillaume Chevrollier, vous évoquez une situation singulière, mais assez emblématique des difficultés qui se posent aujourd'hui avec le réchauffement climatique et les attaques grandissantes de ravageurs sur un certain nombre de productions végétales. Les producteurs de maïs sont confrontés à la prolifération recrudescente de la mouche géomyze, qui fait partie des nombreux ravageurs qui agressent nos productions végétales. Vous avez raison de le rappeler, elle peut entraîner des pertes considérables qui obligent parfois à ressemer, comme c'est le cas dans votre département, la Mayenne. Cela occasionne pour les agriculteurs des coûts très importants. Pour contrôler ce ravageur, il convient tout d'abord d'utiliser des leviers agronomiques : rotation des cultures, dates de semis adaptées et travail du sol. Cependant, dans certaines situations, ces leviers ne suffisent pas. Il faut donc pouvoir utiliser des insecticides. Ces derniers sont efficaces durant le semis, mais ce n'est plus le cas dès que la plante commence à pousser. C'est la raison pour laquelle mon ministère a délivré une dérogation pour autoriser un traitement de semences à base de cyantraniliprole. Le maïs est ainsi protégé durant la période la plus sensible de sa croissance. Je tenais à vous dire que le plan d'action stratégique pour l'anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (Parsada) vise, sous l'égide de mon ministère, à chercher des solutions de substitution. Il peut s'agir de certains insectes pour attirer ou repousser ceux dont on souhaite se débarrasser. Cela étant, je reste très attentive à votre demande, monsieur le sénateur. Du reste, il faut voir avec le président du FMSE, Christophe Chambon, si les dégâts subis par les agriculteurs sont éligibles ou non à une indemnisation au titre de ce fonds.
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