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Question
M. le président. La parole est donc à Mme Gisèle Jourda, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. Mme Gisèle Jourda. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, c'est très émue que je m'adresse à vous pour la dernière fois dans cet hémicycle. Monsieur le Premier ministre, voici venue l'heure des premiers bilans de la canicule, ou des « retex », les retours d'expérience, pour reprendre un terme que vous avez pu employer. Voici venu surtout le moment de se rendre compte de l'état d'impréparation de notre pays face au dérèglement climatique, véritable sujet transversal qui ne se résume pas à la question de savoir si nous sommes pour ou contre la climatisation. À vrai dire, depuis 2003, nous n'avons pas pris les mesures d'ampleur nécessaires pour adapter nos modes de vie au réchauffement climatique : adapter nos logements, adapter nos écoles, adapter nos transports. Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, vous avez appelé nos concitoyens à garder leurs enfants à la maison, les écoles ne pouvant plus les accueillir. Or, bien souvent, leur logement est lui aussi transformé en fournaise. Quel terrible aveu d'échec ! En parallèle, les personnels soignants et les services de secours sont à bout de souffle et des millions de travailleurs restent insuffisamment protégés des fortes chaleurs. Pour parachever le tableau, MaPrimeRénov' est devenue d'une grande complexité et vous avez amputé le fonds vert de 1,35 milliard d'euros, soit -54 % : c'est dramatique ! Ma question est simple : comment prétendre préparer nos territoires au dérèglement climatique quand vous retirez les moyens destinés à leur adaptation ? Quand votre gouvernement fera-t-il enfin de l'adaptation au changement climatique une véritable priorité nationale en y affectant des moyens à la hauteur des enjeux pour protéger nos concitoyens, en particulier les plus vulnérables d'entre eux ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K. - M. Ronan Dantec applaudit également.)
Réponse du ministère
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Madame la sénatrice Jourda, je tiens d'abord, puisque c'est votre dernière question d'actualité au Gouvernement, à saluer votre engagement parlementaire. Vous demandez que nous dressions un bilan de la situation après cette semaine de forte chaleur. Je le répète, pour ce qui concerne les soignants, la période de tension n'est pas tout à fait terminée ; nous craignons tous de nouveaux épisodes climatiques. Aussi, je le dis avec précaution, les bilans - du moins en ce qui concerne le système hospitalier - devront être établis ultérieurement de façon plus raisonnable. Toujours est-il que le Gouvernement et l'État se sont mobilisés, dès le mois de mai, dès l'apparition des premières vagues de chaleur, avec le déclenchement du plan Orsan (organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) de niveau 1, qui permet d'assurer une vigilance, notamment météorologique, et de prendre des mesures d'adaptation. Dès l'alerte météorologique, nous sommes passés du niveau 1 au niveau 2, avant de passer au niveau 3, afin d'anticiper la très forte tension. Cela a permis aux hôpitaux et aux soignants, que je tiens une nouvelle fois à remercier, mais aussi à tous les professionnels de sécurité de notre pays, de se mobiliser, notamment pour préparer l'hôpital à accueillir la vague de patients que nous avons vue arriver dans les établissements les jours suivants. J'étais moi-même quotidiennement sur le terrain pour adapter notre réponse au jour le jour, comme nous le faisons lors d'une crise, et pour prendre les mesures urgentes nécessaires. Nous devrons également ajuster notre dispositif si des chaleurs extrêmes reviennent à court terme. Nous avons débloqué des enveloppes financières pour permettre aux établissements hospitaliers d'acheter des climatiseurs d'appoint, qui devraient être livrés dans les jours qui viennent. Le Premier ministre a réuni à plusieurs reprises des cellules interministérielles de crise, pour agir à court terme, mais aussi à plus long terme. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.) M. le président. La parole est à Mme Gisèle Jourda, pour la réplique. Mme Gisèle Jourda. Aujourd'hui, plus que jamais, la situation est d'une extrême gravité. Nous attendons une seconde vague de chaleur dans les jours qui viennent. Nous devons être prêts. Pour cela, il faut agir de manière transversale et non en silo, comme c'est le cas actuellement. Je souhaite qu'un débat soit organisé sur ce sujet gravissime, en application de l'article 50-1 de la Constitution. (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K. - M. Jacques Fernique applaudit également.) M. Rachid Temal. Bravo !
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