Aucun intitulé officiel n’a été collecté pour cet objet. Référence officielle : CRCANR5L17S2025PO59047N076
Le dossier législatif dont cet objet fait partie, lorsque la source officielle l’établit elle-même. PoliTrust ne rattache jamais une activité à un texte sur un titre, une date ou une ressemblance.
La relation est établie par les interventions du compte rendu et leurs identifiants officiels de séance/dossier.
Reformulation citoyenne produite par PoliTrust à partir du seul texte officiel ci-dessous. Elle n’a aucune valeur officielle : le texte de la source fait foi, et il est reproduit sans modification.
Rien de publié à ce jourDigest non disponible — cet objet n’a pas encore été analysé par PoliTrust. Son texte officiel reste intégralement consultable ci-dessous.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Bruno Fuchs
Vous avez, peut-être sans le vouloir, mis en cause notre collègue Michel Herbillon. Dans cette enceinte, je tiens à ce que nos échanges demeurent respectueux. Je ne souhaite pas, que ce soit intentionnel ou non, que nos discussions puissent affecter individuellement l’un ou l’autre de nos membres.
Aurélien Taché
Je partage entièrement vos propos, ma chère collègue. Les coopérations scientifiques francophones produisent déjà des résultats remarquables. Prenons l’exemple des premières classes préparatoires aux grandes écoles implantées à Thiès au Sénégal. Cette coopération tripartite entre la France, la Tunisie – très engagée dans ce projet – et le Sénégal permet à des élèves de passer leurs épreuves pour l’École polytechnique ou l’École des mines directement depuis ces classes préparatoires sénégalaises. Ces initiatives exceptionnelles demeurent malheureusement méconnues. Nous devons effectivement investir massivement dans la francophonie scientifique. Notre rapport contient de nombreuses propositions en ce sens, identifiant des domaines stratégiques comme la mer ou l’espace, où nous pourrions développer de grandes universités francophones. Cela nécessite des moyens conséquents plutôt que de consacrer l’intégralité des ressources aux universitaires américains.
Bruno Fuchs
Je souhaite rappeler à l’ensemble de notre commission l’importance de maintenir des relations cordiales et respectueuses, même lorsque nous nous confrontons sur le fond comme c’est le cas actuellement. Préservons la qualité de nos échanges humains. Je n’adresse mon propos à personne en particulier, il s’agit d’une remarque générale à ce stade de notre réunion.
Aurélien Taché
. Concernant le débat sur la langue française et la colonisation, je crois m’être déjà suffisamment exprimé et je doute que nous parvenions à un accord sur ce point. En revanche, sur la question des mobilités, je tiens à souligner, à l’attention de votre groupe Rassemblement national, que cet aspect nous a été rappelé de façon insistante dans nos discussions sur la francophonie. Nous ne pouvons ignorer que la circulation au sein de l’espace francophone exerce une influence directe sur la motivation des populations à poursuivre l’apprentissage du français. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui l’étudient aujourd’hui, notamment au Maroc, dans l’optique de s’établir au Canada. À l’inverse, le Maroc offre des bourses aux étudiants d’Afrique subsaharienne pour favoriser la diffusion de la langue française. Cette question des mobilités est fondamentale. De nombreux interlocuteurs nous ont signalé que les refus de visa et les obstacles à la mobilité constituaient des irritants majeurs, au point que certains s’interrogent sur la pertinence d’apprendre d’autres langues si la crispation sur les sujets de mobilité et de migration persiste en France. Le débat public français, que suivent attentivement nos amis francophones du continent africain, leur laisse malheureusement penser que la situation n’est pas près de s’améliorer.
Bruno Fuchs
Permettez-moi de désamorcer une potentielle crise diplomatique avec nos amis canadiens : le Québec ne constitue pas encore un pays à part entière, même si mon collègue l’a qualifié ainsi un peu rapidement. Parmi les dix provinces canadiennes, le Québec jouit certes de la plus grande autonomie, mais ne possède pas le statut d’État indépendant. Évitons d’ajouter une nouvelle controverse avec nos amis canadiens, nous avons suffisamment de sujets polémiques ce matin.
Amélia Lakrafi
Je me suis précédemment exprimée en précisant que qualifier le français de langue créole constitue une confusion historique et linguistique. J’ai souligné que le français est une langue romane héritée du latin, à l’instar de l’italien ou de l’espagnol. Je ne partage absolument pas l’affirmation selon laquelle elle serait née d’une langue véhiculaire composée d’anglais et de langues d’Extrême-Orient. Notre langue appartient, comme le portugais également, à une famille linguistique issue d’une évolution progressive sur plus de mille ans, et non d’une transformation brutale. Je ne peux donc scientifiquement qualifier le français de langue créole, même si je ne prétends pas être une experte. J’ai naturellement approfondi ces questions après avoir pris connaissance, comme vous, des comptes rendus du colloque organisé par mon collègue.
Aurélien Taché
Cher Michel Herbillon, j’ai dit que notre débat de ce matin était sans rapport avec le colloque, que nous avons organisé. Nous aurions d’ailleurs été ravis que vous veniez y exprimer votre position. Votre intervention a nourri nos échanges. Je ne suis nullement mal à l’aise avec l’expression employée par Jean-Luc Mélenchon. Je considère effectivement que la langue française est encore perçue comme un instrument de domination ou une langue coloniale. Des écrivains, au Sénégal et ailleurs, cessent d’écrire en français pour s’exprimer en wolof ou dans d’autres langues locales, précisément pour cette raison. La proposition d’une Académie francophone de la langue commune vise justement à co-construire cette langue et pourrait constituer un espace de réflexion sur son avenir, sa dénomination et ses hybridations. Cette démarche permettrait de démontrer à ces écrivains qu’ils n’ont pas à rompre avec le français pour affirmer leur fierté nationale et culturelle, car cette langue leur appartient autant qu’à nous. Concernant l’AUF, nous faisons face à une amputation budgétaire de 75 %, tandis que 100 millions d’euros sont alloués à des universitaires américains. Nous avons d’ailleurs proposé dans notre rapport qu’une part substantielle de ces 100 millions d’euros soit réaffectée au renforcement de l’AUF, ce qui constitue une priorité absolue. Nous disposons d’un réseau d’enseignement supérieur remarquable qu’il est impératif de soigner.
Amélia Lakrafi
Tout d’abord, je note que 98 Instituts français et environ 830 Alliances françaises sont présents dans 135 ou 136 pays. Notre réseau culturel demeure donc très étendu et particulièrement actif. J’ai néanmoins exprimé, tant dans le rapport que dans mon avant-propos, ma profonde inquiétude face aux réductions budgétaires et la nécessité d’une mobilisation collective pour inverser cette tendance. J’estime que notre commission des affaires étrangères devrait renforcer sa collaboration avec d’autres commissions, notamment celle des affaires culturelles et de l’éducation, ainsi qu’avec les députés représentant les Français de l’étranger qui visitent régulièrement ces Alliances et ces Instituts. Nous pourrions ainsi essayer de peser collectivement et, à mesure que nous progressons sur ces changements institutionnels, d’explorer de nouvelles sources de financement, notamment auprès de la Banque mondiale, pour accompagner nos centres culturels.
Michel Herbillon
Je tiens simplement à souligner que vous n’étiez pas obligé de me qualifier d’esprit étroit. On peut parfaitement exprimer des désaccords sans recourir à des insultes ou injures envers ses collègues.
Frédéric Petit
Je vous remercie pour ce rapport particulièrement intéressant. Monsieur le président, je vous remercie également, car ce rapport présente la particularité d’être dual, composé de deux avis distincts. Cette approche intéressante montre que notre Parlement bénéficie d’une expression parlementaire plurielle lorsque des désaccords existent, ce qu’il importe de pouvoir exprimer. Ce rapport, particulièrement dans l’analyse du rapporteur Taché, maintient une ambiguïté qui me gêne. L’utilisation du pronom « nous » manque de clarté : désignez-vous la francophonie ou désignez-vous les Français ? Cette imprécision me gêne, car, en voulant aller au bout des polémiques, on reconstruit un nouveau néocolonialisme. Décider que nous, Français, savons mieux comment nommer la langue et vouloir l’imposer aux autres perpétue une tradition dépassée. Nous ne sommes plus un empire et nous ne décidons plus unilatéralement. Nous devons dépasser cette posture, et, paradoxalement, ce sont parfois ceux qui appellent à en sortir qui n’en sortent pas. Vous avez parlé de TV5 Monde, mais vous auriez également pu citer la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF), avec ses 80 000 adhérents malgré un financement très limité, ou encore le Bureau international de l’édition française (BIEF) qui contribue à 40 milliards de chiffre d’affaires, lié entièrement à la francophonie. L’ambiguïté que nous maintenons nous dessert parfois. En tant que rapporteur de la diplomatie d’influence, j’observe que, lorsque nous accélérons certains processus, nous perdons parfois en profondeur. C’est précisément ce que nous devons expliquer. Les contradictions au sein même de notre administration compliquent le financement. À mon arrivée dans cette maison, parler de plurilinguisme au sein de l’Agence française de l’enseignement à l’étranger (AEFE) relevait presque de la haute trahison. On m’opposait systématiquement : « Nous sommes là pour enseigner le français, monsieur le député ». Lorsque nous sollicitons des financements auprès de Bercy en affirmant représenter une nouvelle démarche internationale, tout en maintenant de telles pratiques administratives, Bercy refuse. Le combat pour le financement impose que nous travaillions sur notre cohérence. Enfin, plusieurs pays francophones sont en guerre, notamment dans votre circonscription, madame Lakrafi. Comment, en tant que francophone et particulièrement dans votre nouvelle mission depuis cette mandature, parvenez-vous à créer des espaces de dialogue entre adversaires ? Comment s’articule cette fonction essentielle de médiation que la francophonie peut offrir, aspect crucial que nous oublions lorsque nous ne sortons pas de nos ambiguïtés ?
Donnée non collectéeNi un débat ni un scrutin n’a d’auteur : il n’y a donc pas d’autre activité « du même auteur » à lister ici.
PoliTrust ne rapproche jamais deux activités par leur titre, leur date ou leur ressemblance. Les relations publiées ici sont celles que la source officielle établit elle-même : l’auteur porté sur le texte, et le dossier de rattachement.
La liste des autres textes rattachés au même dossier n’est pas affichée ici : la relation existe dans nos données mais n’y est pas encore indexée, et la calculer à chaque affichage ralentirait la page de plusieurs secondes. Le lien ci-dessus mène à la page du dossier, qui les liste toutes.
Aucune URL officielle n’a été collectée pour cet objet : PoliTrust n’en reconstruit jamais au jugé.
Cette page provient des données parlementaires publiques importées par PoliTrust (Assemblée nationale). Son identité publique est la référence officielle, jamais un identifiant interne.