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En bref
Le ministère de l'Intérieur est invité à détailler les contrats avec Palantir, la localisation des données sensibles et l'avancement des solutions souveraines pour remplacer ces outils.
Qui est concerné ?
Les services de l'État et les citoyens concernés par la protection des données sensibles et la souveraineté numérique.
À retenir
La DGSI utilise depuis 2015 des logiciels américains Palantir pour le renseignement, initialement présentés comme une solution temporaire.
Le contrat avec Palantir a été prolongé jusqu'en 2028, faute d'alternative souveraine opérationnelle.
Les données traitées concernent des domaines régaliens, exposant l'État à des risques de dépendance technologique étrangère.
Palantir est également utilisé par des acteurs stratégiques comme Airbus, élargissant la dépendance à l'écosystème national.
L'entreprise a tenu des propos controversés en 2026, remettant en cause sa neutralité politique et éthique.
L'État doit préciser les modalités de contrôle des accès aux données et les conditions de leur récupération.
Résumé
Depuis près de dix ans, la France utilise des solutions logicielles de l'entreprise américaine Palantir pour le traitement des données sensibles, notamment au sein de la DGSI. Initialement conçue comme une mesure transitoire après les attentats de 2015, cette dépendance persiste en raison du retard dans le développement d'outils souverains. Le contrat a été prolongé jusqu'en 2028, soulevant des questions sur la maîtrise technologique et la sécurité des données. Par ailleurs, des acteurs stratégiques comme Airbus recourent également à ces solutions, amplifiant les enjeux de souveraineté.
Extraits reproduits sans modification, tels que la source officielle les publie. PoliTrust n’en corrige ni l’orthographe ni la formulation.
Question
M. Thomas Dossus interroge M. le ministre de l'intérieur sur la dépendance persistante de la sphère régalienne et stratégique française à l'entreprise américaine Palantir, en particulier dans le domaine du renseignement intérieur. Depuis près de dix ans, la France a accepté qu'une partie critique de ses capacités de traitement de données du renseignement repose sur un fournisseur américain propriétaire : Palantir. Ce recours, noué avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) après les attentats de 2015 pour répondre à un besoin opérationnel immédiat, avait été présenté comme transitoire, dans l'attente du développement d'une solution souveraine française ou européenne. Or le contrat avec Palantir a de nouveau été prolongé pour trois ans à la fin de l'année 2025, le Gouvernement indiquant que cet outil de remplacement n'était pas encore achevé. Cette situation soulève des interrogations majeures en matière de souveraineté, de sécurité et de maîtrise technologique. Elle expose l'État à un risque de dépendance durable à une architecture logicielle propriétaire étrangère, dans un domaine où le contrôle des accès, l'hébergement des données et l'indépendance opérationnelle devraient constituer des garanties absolues. Au-delà du seul cas de la DGSI, plusieurs éléments publics attestent de l'ancrage de Palantir auprès d'acteurs stratégiques, notamment Airbus. Cette situation pose la question du suivi exercé par l'État sur les dépendances numériques affectant non seulement ses propres services, mais aussi tout l'écosystème stratégique entourant ses intérêts. Cette dépendance est d'autant plus préoccupante que Palantir n'est pas un prestataire numérique neutre. Dans un manifeste publié en avril 2026, l'entreprise affirme notamment que « l'élite des ingénieurs de la Silicon Valley a l'obligation de participer à la défense de la nation américaine », que « la capacité des sociétés libres et démocratiques à triompher exige [...] une force coercitive, et cette force coercitive, au XXIe siècle, reposera sur des outils numériques » ou encore que « certaines cultures, voire certaines sous-cultures, ont produit des merveilles. D'autres se sont révélées médiocres, et pire encore, régressives et néfastes ». Si Palantir était une association dépendant de subventions de l'État, ces propos justifieraient une coupe des subventions au nom du contrat d'engagement républicain tant ils s'opposent désormais aux valeurs républicaines. Il lui demande donc de préciser l'étendue exacte des contrats, marchés, prestations ou partenariats liant aujourd'hui Palantir à l'État, à ses opérateurs, à ses agences, à ses établissements publics, ainsi qu'aux entreprises stratégiques faisant l'objet d'un suivi particulier par la puissance publique. Il lui demande également de préciser où sont stockées les données concernées, qui peut y accéder, comment ces accès sont contrôlés, et comment l'État peut récupérer l'ensemble de ses données afin de se passer de Palantir sans perte d'information ni rupture de service. Enfin, il lui demande de préciser l'état d'avancement des travaux engagés pour remplacer les solutions de Palantir par des outils souverains français ou européens : calendrier, moyens budgétaires mobilisés, acteurs industriels retenus ou consultés, niveau de maturité opérationnelle des solutions en cours de développement, obstacles identifiés, et date prévisionnelle à laquelle les services concernés pourront effectivement se passer de Palantir.
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